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Se jeter à l’eau pour soutenir un projet humanitaire au Kenya

Kelly Tabuteau

Le 21 février prochain, l’organisme à but non lucratif Run for Life célèbrera le 5e anniversaire de son événement Ice Plunge. Initialement organisé au lac Fish, c’est sur le lac Chadburn que les plus téméraires viendront s’essayer cette année à un plongeon polaire afin de récolter des fonds pour la construction de puits au Kenya.

Le 23 janvier dernier, c’est toute une équipe qui était présente pour préparer la piscine nécessaire aux personnes voulant faire un plongeon en eau froide le 21 février 2021. Photo : Stephen Anderson-Lindsay

 

Voilà 5 ans que le forage de puits dans les régions rurales du Kenya a commencé. Le projet, initié par l’organisme à but non lucratif Run for Life, a pour objectif d’apporter de l’eau potable aux communautés kenyanes qui en ont besoin. À ce jour, un peu moins de 60 puits ont été creusés. Ils alimentent maisons, petites exploitations agricoles, écoles et groupes communautaires.

Selon Florian Boulais, volontaire pour l’organisme, la beauté du projet est que les sommes récoltées servent vraiment sur place. « J’ai passé beaucoup de temps en Afrique quand j’étais engagé dans la marine française, raconte-t-il, j’ai été témoin de la corruption locale et de certaines pratiques d’aide humanitaire. Ici, les montants initialement encaissés ont été investis pour acquérir une foreuse à activation manuelle; les suivantes ont servi et servent toujours à rémunérer les cinq emplois alors créés pour opérer la foreuse. »

Origine du projet kenyan

Créé en 2002, l’organisme Run for Life appuie l’engagement physique en offrant, aux niveaux local, national et mondial, des programmes de conditionnement physique à des publics diversifiés, par la course à pied ou sur vélos stationnaires, entre autres.

En 2004, l’organisme monte une course hommage à Roger Bannister, pour le 50e anniversaire de son record : être le premier athlète à courir un mile en moins de 4 minutes. John Carson, directeur des programmes pour Run for Life, se souvient : « Le premier Canadien a fini en 4 minutes, 11 secondes. En 2005, nous avons repris le concept de cette série de courses d’un mile et le grand vainqueur a été un athlète kenyan, Laban Rotich, qui a terminé son mile en 3 minutes, 58 secondes. Quand je l’ai ramené à l’aéroport après l’événement, il m’a invité à lui rendre visite dans son village. Quelques mois plus tard, j’étais au Kenya avec quelques volontaires et, petit à petit, nous avons mis en place, sous l’effigie de Run for Life, des programmes de course à pied là-bas, puis un projet de forage de puits. »

Collecte de fonds originale

Depuis 2017, l’organisme Run for Life mène une levée de fonds annuelle pour soutenir son projet de forage de puits au Kenya, une collecte de fonds peu commune qui consiste à plonger dans l’eau glaciale d’un lac yukonnais. John Carson explique : « Nous voulions organiser un événement sur le thème de l’eau pour faire le lien avec le projet kenyan. Le but derrière était de sensibiliser la population à la facilité d’accès à l’eau, ici, au Yukon. L’idée un peu folle d’un polar plunge était née. » En 2020, ce ne sont pas moins de 20 personnes qui se sont jetées à l’eau, récoltant 5 000 $, permettant ainsi de financer de quatre à six puits.

Florian Boulais, adepte de l’immersion en eau glaciale, adhère entièrement au projet et s’implique activement dans l’organisation de l’événement. Le 23 janvier dernier, il faisait partie de l’équipe chargée de scier la glace du lac Chadburn pour créer la « piscine ». Le 21 février prochain, il sera sur place dans une tente prospecteur, alimentant un poêle à bois. « J’ai envie d’offrir du confort aux baigneurs après leur grand saut, surtout si c’est leur première fois », explique-t-il.

Si les donations peuvent se faire directement sur place le 21 février, une campagne Gofundme a également été lancée début janvier (gofundme.com/f/chadburn-lake-ice-plunge). En date du 4 février, 1 885 $ avaient été récoltés, sur un objectif total de 10 000 $.

 

Une fois la piscine créée, Florian Boulais n’a pas résisté au besoin de s’y mouiller. Photo : Stephen Anderson-Lindsay

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