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Sculpter pour exprimer la vie dans la Peel

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Pierre Chauvin

Michel Gignac manque de mots pour exprimer ce qu’il a vécu comme guide de chasse dans le bassin de la rivière Peel ces deux dernières années.

« Je suis encore en train de déterminer ce qui m’a vraiment touché », explique le jeune Fransaskois.

Le 21 juillet dernier, le gouvernement yukonnais lui a octroyé une bourse de 5 000 $ pour travailler sur des sculptures sur son expérience comme guide de chasse. De mi-juillet à octobre ces deux dernières années, Michel Gignac a passé trois mois à travailler dix jours d’affilée près de la rivière Hart, avec un jour de repos, au service de touristes venus chasser.

« Il y a cet aspect client, c’est quasiment serveur de café, tu mets le sourire pour le client », explique-t-il.

Michel Gignac a reçu une bourse du gouvernement pour travailler sur des sculptures représentant la vie dans le bassin de la rivière Peel. Photo : Pierre Chauvin

Michel Gignac a reçu une bourse du gouvernement pour travailler sur des sculptures représentant la vie dans le bassin de la rivière Peel. Photo : Pierre Chauvin

 

La plupart des touristes sont souvent assez riches et viennent pour les trophées de chasse, pas pour de la viande. Créer des liens entre guides et touristes devient difficile quand ils ont si peu en commun, explique Michel Gignac.

Ses sculptures, qui seront exposées à Arts Underground en octobre, vont aussi refléter l’environnement si particulier dans lequel il a vécu. Dans une région comme la Peel, le rythme de la vie est bien différent. Il y a les aléas, les chevaux ne sont pas attachés et il faut parfois une journée entière pour les retrouver. Il y a les dangers, le camp le plus proche étant à quatre jours à cheval, toute blessure normalement bénigne peut devenir grave.

En aidant un client à dépecer un animal, Michel Gignac raconte comment il a accidentellement rentré son couteau dans son poignet. Heureusement pour lui, il n’a pas touché d’artères vitales.

« Les choses peuvent aller très mal, car on travaille avec des animaux dangereux, des fusils, des couteaux », résume-t-il.

Et il y a bien sûr la beauté du bassin de la rivière Peel. « Quand t’es en haut d’une montagne et que tu regardes autour, il n’y a vraiment personne », dit-il. C’est aussi un style de vie qui n’existe nulle part ailleurs, explique-t-il, voyageant exclusivement à cheval à travers ce territoire de presque mille fois la taille du parc national Yellowstone aux États-Unis.

C’est aussi un lieu marqué par son silence, seulement interrompu par les rares avions qui se posent aux camps de chasse et par les cloches des chevaux.

La bourse va permettre à Michel Gignac de faire de la recherche sur l’histoire de la chasse au Yukon, et sur ce qui motive quelqu’un à aller tuer des animaux pour autre chose que la nourriture, dit-il. Il dit avoir besoin de temps pour réfléchir à son expérience. Après deux ans comme guide de chasse, sa mentalité a évolué et il se trouve de plus en plus opposé à la chasse « trophée ».

« Ça m’a pris deux ans à travailler dans cet environnement pour réaliser ça », dit-il.

Michel Gignac, né et élevé à Saskatoon, est arrivé au Yukon il y a deux ans pour cet emploi de guide de chasse.

Il souhaite retourner dans le bassin de la rivière Peel, mais pas comme guide de chasse. Pour la chasse, chaque animal devenait une proie qu’il voyait comme une cible, ce qui a considérablement changé son expérience. « T’es toujours sur tes gardes, tu cherches tout le temps », explique-t-il.

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