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Sans abri, sans plan

Sans abri, sans plan
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Sylvie Painchaud

Les chantiers se multiplient ces temps-ci pour apporter des solutions aux problèmes de logement que connaît la ville de Whitehorse depuis nombre d’années. « Les projets étaient annoncés depuis longtemps, mais au moins les premières pelletées de terre ont été levées », se réjouit Katherine Craig de la Coalition anti-pauvreté. Le gouvernement du Yukon a mis en œuvre plusieurs projets dont il a d’ailleurs fait la nomenclature dans un feuillet distribué récemment dans les journaux.

Parmi les projets les plus importants, on note la construction d’une maison d’hébergement pour les femmes et les enfants victimes de violence. Les petites familles pourront avoir un répit allant de 12 à 18 mois pour reprendre des forces et redessiner leur avenir. Un autre projet d’hébergement a été concrétisé le 3 janvier dernier avec l’ouverture du nouveau refuge pour les jeunes à Whitehorse. Il est administré par le Skookum Jim Friendship Centre. Six lits attendent les jeunes de 17 à 24 ans et la direction assure que d’autres pourront s’ajouter, si besoin. Les jeunes doivent cependant quitter le centre le lendemain matin. Ce n’est pas un centre d’accueil, mais bien un hébergement d’urgence. Jusqu’ici, quelques lits étaient disponibles pour les jeunes au centre de désintoxication, dans l’édifice Sarah Steele, mais les intervenants jugeaient l‘endroit peu approprié.

Il y a tout de même longtemps que ces projets étaient attendus. Dans le cas du refuge, un rapport datant de 2007 établissait la nécessité d’une telle ressource.

Malgré les initiatives gouvernementales, la situation demeure toujours aussi difficile pour les sans-abri. Et les conditions qui mènent les gens à la rue ne changent pas. Les problèmes de santé mentale et de toxicomanie sont des phénomènes communs chez beaucoup d’itinérants. Et peu d’initiatives annoncées dans la dernière année semblent y apporter des solutions.

Manque de planification

« Le gouvernement enclenche des initiatives, mais il n’a pas de plan d’action qui prend en compte l’ensemble des problématiques », déplore Mme Craig. Elle explique que la création d’hébergement d’urgence ne peut pas à elle seule régler le problème de l’itinérance. « Il faudrait des chambres, des appartements supervisés, puis des appartements à loyer modique, et de l’aide pour accompagner les gens vers l’accès au logement. Nous devons bâtir un réseau de ressources qui permettra aux gens de quitter la rue et de rester hors de la rue », dit-elle.

Contrairement à d’autres champs d’intervention, le gouvernement n’a pas mené de consultation sur la problématique des sans-abri. « On sait que le gouvernement discute avec l’Armée du Salut pour un nouveau refuge d’urgence, mais les discussions ne sont pas publiques et nous ne pouvons pas communiquer nos idées ou faire des propositions », déplore-t-elle.

Certaines villes ont des plans de match bien établis. Calgary, par exemple, a adopté un plan pour éliminer les sans-abri en dix ans. On espère que chaque étape mènera vers une ville où tout le monde aura un toit sur la tête en 2018. La récente élection du nouveau conseil municipal de Whitehorse suscite à cet égard beaucoup d’espoir. « Nous sommes vraiment enthousiastes, car le nouveau conseil semble vouloir assurer un certain leadership au niveau de l’habitation », explique Mme Craig. L’assouplissement de certains règlements municipaux peut en effet contribuer à diminuer le manque de logements abordables, tel celui adopté récemment qui permet la construction de petites unités locatives sur les terrains privés en ville.

Selon une enquête gouvernementale, 100 personnes seraient dans la rue à Whitehorse. Mais personne ne connaît le nombre de divans empruntés pour une nuit sur lequel se reposent des gens qui n’ont pas de chez-soi.

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