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Rythmes et percussions au service de l’exploration de la langue française

Marie-Hélène Comeau

La danse percussive fera bouger la communauté franco-yukonnaise grâce au talent de l’artiste québécoise Fannie Gagnon, de passage au Yukon dans le cadre des activités de la Caravane des dix mots.

L’artiste québécoise Fannie Gagnon viendra au Yukon initier les Franco-Yukonnais à la danse percussive dans le cadre de la Caravane des dix mots.
Photo fournie

 

Fannie Gagnon a plus d’une corde à son arc. Elle est comédienne, interprète en danse, chorégraphe et metteuse en scène. Sa création s’inspire de l’art clownesque ainsi que des traditions percussives et dansées provenant du Québec et des quatre coins du monde. Elle partage aussi son savoir depuis plusieurs années en offrant des ateliers pédagogiques dans différentes écoles au pays ainsi que des classes de maître en gumboot.

Il y a trois ans, elle adaptait ses premiers ateliers de danse au cadre de la Caravane des dix mots pour l’organisme québécois Ose. Elle crée alors une charte où elle associe un mouvement de danse gumboot pour chaque lettre de l’alphabet. Cette association lui permet alors d’enseigner aux élèves l’épellation des mots de la Caravane des dix mots par le mouvement du corps.

« Les ateliers permettent aux participants de s’exprimer par la danse tout en s’amusant. Je me détache du résultat. Je vise plutôt le plaisir dans l’atelier. Le but est d’essayer, de vivre quelque chose de nouveau tout en s’amusant », explique Fannie Gagnon qui était récemment en Arménie pour offrir une série d’ateliers de danse percussive lors du forum de la Caravane des dix mots.

La Caravane des dix mots du Québec
au Yukon

La venue au Yukon de l’artiste québécoise est permise grâce à l’entente financière du Programme de coopération intergouvernemental entre le Québec et le Yukon qui favorise la mise en place de projets unissant la province au territoire. C’est ainsi que deux caravanes canadiennes peuvent pour la première fois unir leur force.

Fannie Gagnon pourra ainsi offrir plusieurs ateliers de danse gumboot à la communauté franco-yukonnaise. Elle visitera entre autres la Garderie du petit cheval blanc et les participants du programme Mamans, papas et bébés en santé. « J’adapte mes interventions à tous les groupes d’âge et à toutes les situations », précise Fannie Gagnon.

D’ailleurs, l’artiste délaisse de plus en plus le plancher de la scène pour s’orienter davantage vers les gens à travers les ateliers qu’elle anime. « Aujourd’hui, j’ai moins besoin de m’exprimer sur la scène. J’aime dorénavant mettre le focus vers les gens. Utiliser l’art comme un moment de rencontre », confie-t-elle.

Une artiste dans les camps de réfugiés

Cet élan marqué vers les gens a récemment amené Fannie Gagnon en Grèce où elle a pu mettre son art à contribution auprès de réfugiés. Une expérience qu’elle qualifie d’enrichissante. « Les camps de réfugiés sont des environnements très hostiles », confie-t-elle. « J’y suis restée un mois et demi à donner des ateliers artistiques sur le rythme et la danse aux enfants, mais surtout aux femmes », explique Fannie Gagnon.

Les camps de réfugiés sont des milieux à forte concentration de gens en détresse physique et psychique. Les défis liés aux tensions engendrées par le multiculturalisme présent sont énormes et la violence, dont la violence conjugale, est très fréquente. « J’ai proposé des outils artistiques puisés dans la danse et le théâtre aux femmes des camps afin de leur permettre de se connaître, de tisser des liens et ainsi de briser l’isolement qu’elles vivent. Je permettais ainsi de libérer la parole par l’art », explique l’artiste québécoise qui suit une formation en victimologie après avoir complété un certificat en intervention psychologique.

Ateliers de danse pour la communauté franco-yukonnaise

Des ateliers de danse gumboot animés par Mme Gagnon seront offerts à la communauté. Ainsi, le grand public est invité le 12 février au Centre de la francophonie à 19 h à s’initier à la danse, tandis qu’un atelier pour les familles sera offert à l’école Émilie-Tremblay le 14 février à 15 h 30. Il s’agit d’ateliers d’introduction au gumboot qui permettront aux participants, par la même occasion, de s’initier par le mouvement à l’un des mots de la Caravane des dix mots de 2019, c’est-à-dire le mot « signe ».

Une exposition de photos témoignant de cette collaboration Québec-Yukon se déroulera en mars au Centre des arts du Yukon lors de la Journée internationale de la Francophonie.

Marie-Hélène Comeau est la coordonnatrice du volet yukonnais de la Caravane des dix mots.

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