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Retrait de Tr’ondëk-Klondike au patrimoine de l’UNESCO

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Genséric Morel

Après 45 années de réflexion, le projet a été soumis en janvier 2017. Malgré la suspension de la candidature, les partenaires du projet continuent de penser que celle-ci demeure un atout primordial au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Sur la route Bonanza, des mineurs montrent leur opposition à la candidature du Tr’ondëk-Klondike. Photo : Genséric Morel


L’ICOMOS, conseil international des monuments et des sites, a émis des réserves sur l’inscription de Tr’ondëk- Klondike au patrimoine mondial de l’UNESCO. Les partenaires ayant travaillé sur le projet ont suivi les conseils de ce bureau en retirant la candidature quelques semaines avant la réunion annuelle du comité du patrimoine mondial. « Le retrait de la proposition d’inscription permettra de mieux identifier les zones préoccupantes et de s’adresser à l’ICOMOS pour voir s’il existe un moyen de parvenir à une compréhension mutuelle de Tr’ondëk-Klondike et de nos valeurs patrimoniales », explique Molly Shore, chef du projet.

Une candidature à retravailler

Tr’ondëk-Klondike est un projet de patrimoine culturel vivant mêlant activité minière et culture autochtone. Il réunit monuments historiques, sites archéologiques et culturels et champs aurifères. Malgré la suspension de la candidature, les partenaires du projet pensent encore que Tr’ondëk-Klondike serait un ajout précieux au patrimoine mondial de l’UNESCO. Certains locaux se réjouissent de ce retrait. « Nous étions inquiets d’une éventuelle modification de nos conditions de travail. Beaucoup de mineurs sont opposés au projet », explique Tania Sporter, conjointe de mineur.

Les préoccupations de l’ICOMOS concernent les limites de présentation du site en tant que patrimoine culturel vivant. « Ils ont du mal à comprendre la nature évolutive de notre patrimoine. Par exemple, la gestion autochtone de la terre qui a été continue malgré les grands changements qui ont eu lieu pendant la Ruée vers l’or jusqu’à aujourd’hui. Nous avons encore du travail pour mieux communiquer nos valeurs et correspondre aux directives de l’UNESCO », ajoute Molly Shore. Le travail de protection, de conservation, de suivi et de gestion du site a été jugé satisfaisant.

« À l’heure actuelle, notre objectif commun est de poursuivre avec succès l’inscription du site sur la Liste du patrimoine mondial », indique Joëlle Montminy, vice-présidente des affaires autochtones et du patrimoine culturel de Parcs Canada. « Nous avons maintenant l’occasion de construire une proposition d’inscription encore plus forte et de déterminer la voie à suivre pour aller de l’avant. Notre région représente des idées uniques qui ont besoin d’être clarifiées », explique pour sa part Paul Robitaille, coprésident du Comité consultatif de Tr’ondëk-Klondike. Les informations seront partagées avec la communauté dès qu’une décision sera prise.

Retombées de la candidature dans le Klondike

Même si le projet n’aboutit pas, le travail effectué et l’argent investi auront des effets sur la communauté. CanNor, l’agence canadienne du développement économique du Nord, a approuvé le financement du projet jusqu’en mars 2019 à hauteur de 850 000 $. Les années précédentes, la candidature a reçu des fonds du Ministère du Développement économique du Yukon. Une grande partie du budget a servi à recruter des chercheurs et des rédacteurs experts. « Nous avons généré de précieuses ressources sur notre histoire, nos pratiques culturelles et nos valeurs communautaires », précise Paul Robitaille. Le projet a également financé un plan communautaire pour le village de Moosehide et des fonds ont été versés au KVA — Association des visiteurs du Klondike pour mettre à jour leur plan de marketing régional. « Nous espérons que la désignation aidera à augmenter notre présence sur la scène touristique avec les visiteurs, les médias et le gouvernement », ajoute M. Robitaille, également responsable marketing du KVA.

« Tr’ondëk-Klondike est un endroit spécial qui ne ressemble à aucun autre », épilogue Roberta Joseph, chef des Tr’ondëk Hwëch’in, « et nous voulons nous assurer que les générations actuelles et futures ainsi que les visiteurs d’ici et d’ailleurs entendent notre histoire. 

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