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Retour en classe pour les jeunes Yukonnais.e.s

Laurie Trottier

La cloche a sonné pour les élèves du Yukon le lundi 23 août dernier. Un retour sur les bancs de classe presque normal pour les jeunes du territoire, qui doivent cependant garder le masque lors des déplacements à l’intérieur des institutions.

122 élèves de la 7e à la 12e année sont inscrits au CSSC Mercier cette année.
Photo : Laurie Trottier

 

Lundi 23 août, 8 h 15 : Samuel Bradet et Gabriel Racine s’attardent à trouver un endroit disponible pour cadenasser leur vélo devant le Centre scolaire secondaire communautaire Paul-Émile Mercier (CSSC Mercier). Tous deux en neuvième année, ceux-ci se joindront à la toute première cohorte du programme Connexions, basé sur l’apprentissage expérientiel en plein air.

« On va apprendre des choses différentes et on va être plus souvent dehors », se réjouit Samuel. Le port du masque obligatoire à l’intérieur des murs de l’école, à l’exception des salles de classe, ne semble pas être un souci pour les deux jeunes : « Je suis rendu habitué honnêtement. J’oublie plus souvent mon portefeuille que mon masque! », affirme Gabriel Racine, en haussant les épaules.

Comme 120 autres élèves, c’est donc jour de rentrée pour les deux amis, dans ce qui constitue aussi la première rentrée scolaire officielle au CSSC Mercier. Pour Marc Champagne, directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon, le nombre d’élèves est encourageant : « Le rêve a toujours été de pouvoir offrir un programme scolaire dans un édifice qui nous permet de faire la concurrence avec les autres écoles. Et ce qu’on voit cette année avec les effectifs, on voit que les élèves aiment l’école et sont contents d’y être. »

Difficulté de recrutement

Marc Champagne ne s’en cache pas : « Le recrutement cette année a été un défi. » À moins d’une semaine de la rentrée des classes, quelques postes, majoritairement à temps partiel, restaient toujours à pourvoir. « On a comblé la majorité de nos postes au printemps, mais on est toujours en train de compléter la dotation », affirmait le directeur général, rejoint par téléphone le 20 août dernier. Les difficultés de recrutement en enseignement en français ne se ressentent pas seulement au territoire : « À l’échelle du pays, il y a une pénurie d’enseignants pour enseigner en français. C’est assez généralisé », ajoute le directeur.

Concernant l’immersion française et le français langue seconde, l’Association canadienne des professionnels de l’immersion (ACPI) a lancé une enquête pancanadienne en février dernier afin de « chiffrer la pénurie », pour pouvoir ensuite réfléchir à des solutions. Les résultats ne sont toujours pas disponibles au moment d’écrire ces lignes. L’exercice s’avère crucial, selon la directrice générale de l’ACPI, Chantal Bourbonnais, puisque la qualité des programmes d’immersion dépend du recrutement qui est effectué.

Pour Pascal Saint-Laurent, coordonnateur des programmes en français au ministère de l’Éducation du Yukon, il s’agirait plutôt d’une pression lors du recrutement : « On a toujours réussi à combler tous les postes. On sent la pression, mais il y a un ton de célébration parce qu’on n’a pas eu à couper aucun programme », explique-t-il.

Il reconnaît cependant que le bassin de candidatures est parfois restreint lorsque des postes d’enseignant.e.s sont affichés. Il ajoute aussi que cette pression s’intensifie d’année en année. « L’immersion est en croissance, c’est une fierté de voir nos programmes d’immersion grandir et fleurir », souligne Pascal Saint-Laurent.

Rentrée à la Garderie du petit cheval blanc

Un groupe de service de garde supplémentaire s’est ajouté aux quatre existants à la Garderie francophone du petit cheval blanc. Trois nouvelles éducatrices sont également entrées en fonction cette année. En avril dernier, le gouvernement du Yukon avait fait un pas de plus vers l’instauration de programmation de garderie universelle au territoire, en permettant aux parents d’économiser jusqu’à 700 $ par enfant et aux garderies d’augmenter le salaire de leurs éducatrices et éducateurs.

Selon Jocelyne Isabelle, directrice de la garderie, la transition s’est bien passée. Si elle affirme qu’il n’y a pas eu d’augmentation de demandes pour les places dans la garderie, l’équipe n’a pas pu prendre autant d’enfants sur la liste d’attente qu’à l’habitude. En raison des prix abordables, certains enfants qui fréquentaient la garderie à temps partiel sont désormais à temps plein.

La garderie francophone a été épargnée par la vague de cas de COVID-19 qui a frappé certaines garderies pendant l’été. « Les règles changeaient de semaine en semaine, mais les parents de la garderie ont super bien collaboré », soutient Jocelyne Isabelle. Les éducatrices doivent continuer de garder le masque toute la journée avec les enfants, une directive qui a son lot de conséquences.

« Je trouve ça malheureux, parce qu’ils sont à l’âge où ils apprennent le langage », souligne Jocelyne Isabelle, sans cacher sa hâte d’un retour à la normale. Les 40 enfants fréquentant l’établissement n’ont toutefois pas l’obligation de porter le masque.

IJL – Réseau.Presse L’Aurore boréale

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