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Regard et réflexions : les défis du poste de direction de l’École Émilie-Tremblay

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Marie-Hélène Comeau

La communauté franco-yukonnaise apprenait récemment le départ de la nouvelle directrice de l’École Émilie-wTremblay, Sylvie Arseneault, en poste depuis moins d’un an. Ce départ suscite un questionnement quant à l’incessant roulement auquel est sujet le poste de direction de la seule école francophone du Yukon.

Les personnes qui se sont succédé au fil des ans au poste de direction de l’École Émilie-Tremblay ont toujours représenté le point de pivot entre les élèves, les professeurs, la commission scolaire, les parents et les membres de la communauté franco-yukonnaise. Il s’agit d’un rôle important qui est devenu, comme c’est le cas pour l’ensemble des écoles au pays, beaucoup plus exigeant ces dernières années. La personne en poste doit être également attentive aux diverses dimensions émotionnelles des élèves, du corps enseignant et des parents. Maintenir cette harmonie est une tâche complexe. De plus, gérer une école est un travail permanent. Même durant les congés scolaires, la personne qui occupe ce poste demeure responsable des bâtiments de l’école, doit s’occuper de la planification scolaire ou parfois de l’embauche du personnel.

L’embauche d’une direction pour le secteur secondaire de l’École Émilie-Tremblay permettrait d’apporter une nouvelle stabilité sur le plan administratif. Photo : Marie-Hélène Comeau


« Les attentes sont élevées », confirme Marc Champagne, directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon. Il faut être un excellent gestionnaire et un bon leader pédagogique dans un contexte de changements dans les programmes. C’est donc un grand défi de réussir à attirer les gens pour ce type de poste », explique-t-il.

À cette complexité s’ajoutent les nombreux changements administratifs qui sont survenus au fil des ans au sein des écoles. Pour illustrer cette réalité, le directeur général de la commission scolaire prend pour exemple le protocole d’évacuation en cas de feu de l’École Émilie-Tremblay. Alors qu’il n’y a pas si longtemps, les élèves et le personnel n’avaient qu’à évacuer les lieux dès le signal sonore activé, désormais, chaque direction d’école doit rédiger un document beaucoup plus volumineux détaillant les procédures complexes à suivre, disponible dans chaque classe. Tout s’est complexifié.

Une seule école, plusieurs défis

Différents éléments ont été identifiés par la commission scolaire afin d’expliquer et de mieux comprendre le taux de roulement du poste de direction de l’École Émilie-Tremblay.

Au Yukon, l’accès à la formation en français nécessaire pour prétendre au poste est limité. Cette réalité peut freiner les aspirations d’un enseignant yukonnais intéressé par exemple à acquérir de l’expérience en tant qu’adjoint à la direction.

Cette carence en formation explique pourquoi il est souvent nécessaire de procéder à une embauche externe. Toutefois, le défi peut être de taille pour une personne étrangère au territoire.

« Pour nous, le défi vient du fait qu’on n’a qu’une seule école francophone au Yukon. Pour les autres écoles qui sont plus nombreuses, il est plus facile de recruter ou de former du personnel à l’interne au Yukon. Dans un plus grand bassin, les enseignants ont davantage de choix leur permettant d’avancer dans leur formation les menant au poste de direction », explique M. Champagne.

Il y a ensuite les défis liés à l’étendue des niveaux d’enseignement offerts à l’École Émilie-Tremblay, c’est-à-dire de la maternelle 4 ans à la 12e année. Dans ce contexte, la personne occupant le poste de direction doit comprendre les défis liés à la fois à l’éducation primaire et secondaire.

Il s’agit pourtant de deux réalités à la fois complexes et très différentes. Malgré tout, l’embauche d’une direction spécifiquement dédiée au secondaire était jusqu’ici impossible puisqu’il ne peut y avoir qu’une seule direction par bâtiment.

Toutefois, avec la construction d’une nouvelle école secondaire, prévue pour 2020, la donne peut changer. Un poste de direction consacré uniquement au secondaire de l’école, l’Académie Parhélie, est envisageable. L’identité de la première personne à occuper ce poste sera connue au cours des prochaines semaines.

À l’École Émilie-Tremblay, c’est Manon Carrière qui a déjà assuré l’intérim de la direction, qui succédera à Mme Arseneault. Mme Carrière a accepté de reprendre le poste de direction de l’école pour le primaire, qu’elle occupera de façon permanente.

« Nous avons une très belle stabilité sur le plan du personnel de l’école. Nous espérons avec ces changements au niveau de la structure pouvoir arriver à cette même stabilité sur le plan administratif », espère Marc Champagne.

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