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Procès de Mark McDiarmid

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Christopher Scott

C’est un homme fringant et articulé, mais miné par la colère qui a témoigné devant la Cour suprême du Yukon, à Dawson, la semaine passée, au cadre d’un procès qui pourrait lui valoir de nombreuses années de prison.

Le procès a eu lieu au Musée de Dawson, dans la salle où se réunissait autrefois le Conseil législatif du Yukon. Photo : Christopher Scott.

Le procès a eu lieu au Musée de Dawson, dans la salle où se réunissait autrefois le Conseil législatif du Yukon. Photo : Christopher Scott.

Le Dawsonien Marc McDiarmid, 36 ans, fait face à sept chefs d’accusation relativement à deux incidents survenus les 19 et 20 octobre 2011 au cours desquels il aurait agressé des agents de la GRC et vandalisé un véhicule de police. Blessé par balles trois fois au moment de son arrestation sur la route Dempster le 20 octobre 2011, il demeure depuis lors en détention préventive. Il a été inculpé notamment de tentative de meurtre pour avoir jeté une bouteille remplie de carburant en direction de deux officiers.

Le procès qui a débuté le 19 janvier se déroule devant quatorze jurés au Musée de Dawson dans la salle où se réunissait autrefois le Conseil législatif du Yukon.

Au moment de présenter ses preuves les mardi 24 et mercredi 25 février, M. McDiarmid, qui assure sa propre défense, s’est pourtant fait débouter deux fois par la juge Elizabeth Hughes qui ne l’a pas laissé exhiber ses cicatrices à la Cour, et qui a statué qu’un témoin que voulait présenter l’accusé n’était pas admissible puisque l’information que fournirait ce témoin ne serait pas pertinente.

En début de procès, les procureurs Me David McWhinnie et Jennifer Grandy avaient établi une ligne de temps des événements. Selon eux, M. McDiarmid était visé en octobre 2011 par un mandat d’arrestation résultant du retrait de sa caution dans une autre affaire. D’après M. McDiarmid, il s’agissait ici d’une dispute avec un autre individu dans la communauté. Or, selon les deux procureurs, c’est au moment où le sergent Dave Wallace a voulu appréhender M. McDiarmid à Dawson le 19 octobre que le bûcheron, âgé alors de 32 ans, s’en serait pris à ce dernier en frappant sur les phares et le pare-brise de son auto-patrouille avec une massette. Intercepté le lendemain sur la route Dempster, l’accusé aurait de nouveau tenté de résister à son arrestation.

M. McDiarmid, au cours de son témoignage, n’a pas cherché à nier l’essentiel de ces détails, mais a insisté sur une explication saisissante de l’altercation en alléguant que des membres de la GRC avaient comploté contre lui parce qu’il aurait été un suspect concernant des attentats à la bombe commis contre des puits de pétrole à Tomslake, en Colombie-Britannique, en 2008. Selon M. McDiarmid, les officiers voulaient le provoquer pour qu’il commette une agression afin de l’incarcérer.

En poursuivant, M. McDiarmid a relaté, avec un franc-parler parfois désarmant, comment les conditions de remise en liberté liées à ses accusations antérieures avaient compliqué sa vie au point où il ne pouvait pas travailler ni se rendre en ville sans escorte. Selon M. McDiarmid, les policiers se seraient aussi gardés de le protéger à la suite des menaces qu’il aurait reçues.

« Toutes les procédures que j’ai entamées pour essayer de faire les choses de la bonne manière n’ont pas abouti, » a-t-il lancé, la voix vibrant d’émotion. Résultat : le prévenu s’était senti « impuissant » et « piégé » au moment de l’altercation.

La juge Hughes qui l’écoutait attentivement lui a toutefois rappelé que son état esprit ne constituerait pas une défense, aux yeux de la loi, devant les faits qui lui étaient reprochés.

Comme on s’y attendrait, ce procès a acquis une certaine notoriété à Dawson, et pendant les procédures, plusieurs personnes, dont des amis et parents de M. McDiarmid notamment, ont effectué des allées et venues dans la salle.

Fait saillant, lors d’un bref entretien qu’il a tenu avec le correspondant de l’Aurore boréale dans son lieu de détention, M. McDiarmid a affirmé qu’il avait été innocenté par la suite de la plupart des accusations qui avaient occasionné ses échanges avec la GRC en premier lieu, et ce, lors d’un procès qui s’est tenu alors que l’accusé se trouvait déjà en détention, en mai 2013.

Remarquons qu’outre l’inculpation de tentative de meurtre, M. McDiarmid fait face également à des accusations de méfait, de voie de fait et de possession d’armes.

Dernière heure

Marc McDiarmid a été acquitté des deux accusations de tentative de meurtres. Par contre, il a été reconnu coupable de méfait, possession d’une arme, et agression d’un agent de la paix.

Le jury a délibéré et rendu sa décision en moins de quatre heures lundi soir dernier.

À la lecture du verdict, Marc McDiarmid a haussé les épaules et a dit qu’il portera sa condamnation en appel.

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