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Prix d’un panier d’épicerie : variations atteignant 330 % au Canada. Le Yukon ne se situe pas dans les plus dispendieux.

Charles-Antoine Côté et Andréanne Joly (Francopresse)

Francopresse et des journaux de la francophonie canadienne qui ont répondu à l’appel ont envoyé des journalistes faire l’épicerie pour mesurer la variation du prix d’un panier d’épicerie au pays. Certains sont revenus les poches plus vides que d’autres.

Photo : Pixabay

 

 

Les résultats ont montré que les factures étaient beaucoup plus élevées dans les trois territoires que dans les autres régions ciblées. De plus, le panier d’épicerie coûte plus cher dans les provinces du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard qu’en Ontario. Du plus bas au plus élevé, le panier type coûte 62,32 $ à Sudbury, en Ontario, et 138,00 $ à Inuvik, dans les Territoires du Nord-Ouest. Exception faite, la facture totale à Whitehorse s’élève à seulement 72,26 $ ce qui en fait le deuxième moins cher au classement.

Le coût des fruits et légumes semble suivre la même tendance. Ce résultat peut être associé à plusieurs facteurs qui ont pour effet de faire varier le coût de la marchandise. Comme l’explique le professeur Sylvain Charlebois, spécialisé dans le domaine de la distribution alimentaire et de la traçabilité des aliments, « c’est normal d’observer une différence entre les prix si l’on prend en compte des facteurs comme la densité de la population, la distance à parcourir, la logistique qui est nécessaire pour déplacer ces produits ainsi que la demande de certains produits ».

On remarque toutefois une disparité des prix dans les capitales comme Yellowknife et Whitehorse et les villes très éloignées ou non accessibles par la route, comme Inuvik et Iqaluit, où le coût total des fruits et des légumes est deux fois plus élevé.

D’importantes variations

Les prix pour un même article font aussi état de variations importantes comme le bœuf haché, dont le prix oscille entre 6,59 $ à 17,29 $ le kilo.

Les plus grandes variations de prix en pourcentage vont au-delà de 300 %. C’est le cas du concombre anglais, à 330 %, et du pain de blé entier tranché qui dépasse 320 %. M. Charlebois est surpris de l’aussi grande variation entre provinces. « Encore là, on devrait s’attendre à une différence, mais elle est quand même assez importante. Une variation qui dépasse les 200 %, c’est beaucoup. »

La différence de prix, même si elle est attendue, suscite plus d’inquiétude dans le Nord, d’autant plus que certaines agglomérations souffrent d’insécurité alimentaire. M. Charlebois rappelle que des initiatives ont cherché à dédommager ces citoyens, mais ne sont jamais vraiment allées de l’avant, l’enjeu pesant peu à l’échelle nationale.

Méthodologie

Francopresse a approché les journaux membres de l’APF afin de relever les prix d’un panier type. Le Moniteur acadien, La Voix acadienne, Agricom, Le Voyageur, Le Nord, l’Aurore boréale, L’Aquilon et Le Nunavoix se sont portés volontaires.
Chacun des journalistes assignés devait visiter la chaîne meilleur marché de sa communauté, et relever le prix courant pour chacun des articles cités. Relevons que dans certaines communautés, il n’existe qu’un seul marché d’alimentation.

La collecte de données a été réalisée du 15 mai au 3 juin dans différentes chaînes alimentaires selon l’offre locale, ce qui peut représenter un facteur dans la différence des prix.

NOTE : L’exercice est directement inspiré d’un dossier publié par le journal Le Gaboteur de Terre-Neuve-et-Labrador le 6 mai dernier.

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