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Premier trio féminin à la Cour suprême du Yukon

Laurie Trottier

Un premier trio féminin de juges résidentes siège désormais au plus haut tribunal du territoire. « Un pas de plus vers la diversité », affirme la juge Karen Wenckebach, nommée à la Cour suprême il y quelques semaines.

La juge Karen Wenckebach a été nommée juge de la Cour suprême du Yukon au mois de novembre 2020.
Photo : Guillaume Riocreux

 

« Je suis chanceuse que des gens avant moi aient lutté pour que les femmes puissent avoir les mêmes possibilités et chances que les hommes, et je leur en suis reconnaissante », affirme Karen Wenckebach, au sujet de sa nomination.

Depuis quelques années, la Cour suprême du Yukon attire les nominations historiques. D’abord, une femme a été nommée pour la première fois en 2018, soit la juge Edith Campbell. Celle-ci est aussi la première juge s’exprimant dans les deux langues officielles du pays à siéger de façon permanente à la Cour Suprême.

Puis, en juillet 2020, l’honorable juge Suzanne Duncan prenait les rênes de la Cour suprême, devenant ainsi la première femme juge en chef au Yukon. En remplaçant Suzanne Duncan, Karen Wenckebach ferme la marche et contribue à former le premier trio féminin de l’histoire de la plus haute cour yukonnaise.

« J’espère que nous prendrons plus de mesures et deviendrons plus inclusifs en ce qui concerne les personnes de couleur et les juges des Premières Nations, ce serait formidable. Mais c’est déjà merveilleux », soulignait la nouvelle nommée en conférence de presse. Pour une meilleure inclusivité, « tout le système légal » doit continuer à faire des changements juridiques, selon l’Albertaine.

Le bilinguisme à l’honneur

Bien que son niveau en français ne lui permette pas d’entendre des causes dans cette langue, celle-ci voit d’un bon œil son bilinguisme : « Être bilingue est sûrement un atout […], être capable de communiquer dans plusieurs langues est toujours enrichissant. »

À ce sujet, Edith Campbell salue les efforts de sa nouvelle collègue : « Je pense que c’est excellent, et je sais que la juge Wenckebach veut continuer d’améliorer son français, et peut-être, éventuellement, être en mesure d’entendre des causes. » Pour la Québécoise d’origine, le bilinguisme représente un atout indéniable lui permettant de mieux comprendre la communauté francophone.

L’Association franco-yukonaise (AFY) a d’ailleurs accueilli favorablement la nomination de Mme Wenckebach. « C’est quelque chose de très satisfaisant, surtout lorsqu’on sait que la juge sait parler français. C’est rassurant pour notre communauté », se réjouit Julie Croquison, agente de projets en justice et en veille stratégique à l’AFY. L’organisation développe des initiatives qui visent à augmenter l’accès à la justice en français au Yukon.

Charmées par le territoire

Ce qui a convaincu Karen Wenckebach de s’installer au territoire, c’est son amour pour les grands espaces ainsi que la chance de travailler dans un barreau « professionnel, compétent et éthique ». Celle qui a également un baccalauréat en histoire avec une mineure en études des femmes et un baccalauréat spécial en travail social œuvrait en tant conseillère juridique au gouvernement du Yukon avant que la Cour suprême ne lui ouvre ses portes.

Revenue en 2013, Edith Campbell est du même avis : « C’est ici qu’on voulait vivre, c’est ici qu’on se sentait le mieux. » Les nombreuses opportunités qu’offre le barreau ainsi que « la communauté francophone vibrante » du Yukon l’ont entre autres motivée à défaire ses valises.

Pour l’année 2021, un des objectifs de Julie Croquison et son équipe à l’AFY est d’ailleurs de créer un réseau de juristes francophones « à différents niveaux pour pouvoir les aider dans leur développement professionnel, mais aussi pour aider la communauté ».

Quant à elle, la juge Wenckebach est toujours en formation, mais sera en mesure d’entendre des causes très prochainement.

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