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Poursuivre ses études postsecondaires en français en milieu minoritaire

Marie-Hélène Comeau

Le désir d’entreprendre des études postsecondaires collégiales ou universitaires en français lorsqu’on habite en milieu minoritaire comporte des obstacles de taille.

Anna Tölgyesi et sa mère Marie-Hélène Gagné lors de l’assemblée générale annuelle de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC). Photo fournie


En premier lieu : l’accès à une formation en français dans sa région de résidence. Il s’agit d’un obstacle d’autant plus criant lorsqu’on habite également en milieu éloigné comme c’est le cas pour le Yukon. Pourtant, il existe des options intéressantes.

Ainsi, il arrive que des élèves franco-yukonnais décident de se joindre aux étudiants qui fréquentent les quelque 21 établissements d’enseignement postsecondaire, francophones ou bilingues, en milieu francophone minoritaire au pays. D’ailleurs, ces établissements qui offrent plus de 1 150 programmes d’études en français de niveaux collégial et universitaire dans tous les domaines ont attiré cette année plus de 42 000 étudiants.

« La perspective d’étudier en français va bien au-delà des offres d’employabilité. Il y a aussi des bienfaits sur le plan personnel et des retombées positives pour la collectivité », explique Annie Girard, directrice du développement des Affaires et des relations internationales de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC). L’Association vise à accroître l’accès à l’enseignement postsecondaire en français afin de pouvoir établir un réel continuum de l’éducation en français, de la petite enfance au postsecondaire.

Mme Girard était de passage récemment au Yukon afin de rencontrer les élèves et les parents de l’École Émilie-Tremblay. Ces rencontres qui ont débuté en février dernier sont planifiées conjointement avec Stéphanie Bourret, gestionnaire en formation de l’Association franco-yukonnaise (AFY). Elles ont pour but d’informer les élèves et les parents sur les options qui s’offrent à eux, ainsi que comprendre les intérêts des gens ou leurs objections de poursuivre des études postsecondaires en français.

« On rencontre les élèves dès qu’ils sont en 8e année, car il s’agit bien souvent d’une année cruciale. C’est bien couramment à ce moment-là que l’enfant décide de poursuivre ou non ses études en français. Le choix de poursuivre éventuellement des études postsecondaires en français peut alors donner un sens à leur désir de compléter leur secondaire en français. »

Un appui inattendu de la jeunesse yukonnaise

Parallèlement au travail qui se fait conjointement entre l’ACUFC et l’AFY, Anna Tölgyesi, 16 ans, décidait au printemps dernier de faire circuler une pétition afin de sensibiliser les politiciens à la Chambre des communes à la réalité yukonnaise. Elle soulignait ainsi les options limitées d’études postsecondaires qui sont offertes en français dans l’Ouest et le nord du pays.

L’étudiante, inscrite aujourd’hui en 12e année à l’École Émilie-Tremblay, déplorait que les jeunes du Yukon doivent souvent partir s’établir dans l’est du pays afin de poursuivre leurs études en français dans un programme qui souvent n’est pas offert dans les provinces plus près du Yukon.

Cette initiative lancée par la jeune Franco-Yukonnaise a fait du bruit. Si bien d’ailleurs qu’elle a été invitée au mois de juin dernier à l’Assemblée générale annuelle de l’ACUFC. Elle a pu ainsi participer à un panel de discussion et partager la situation vécue au Yukon. Son intervention a été chaudement applaudie.

« L’initiative d’Anna est venue grandement appuyer le travail de lobbying que nous faisons à la colline du Parlement à Ottawa pour rendre l’éducation postsecondaire en français plus accessible », confirme Annie Girard.

Présentation des options

Les présentations aux élèves et aux parents de l’École Émilie-Tremblay en collaboration avec la conseillère à l’emploi de l’école se poursuivront toute l’année. Le projet pilote issu d’une récente entente entre l’ACUFC et l’AFY se terminera en mars 2019.

« On espère que ce projet s’inscrira dans une durabilité. Nous allons continuer nos rencontres afin d’orienter les élèves et leurs choix d’études », souligne Annie Girard.

Évidemment, le choix de poursuivre ses études peut se faire à tout âge. C’est pour cette raison qu’un kiosque d’information sur les options offertes en français dans les collèges et universités hors Québec sera installé à l’Expo formation carrière et bénévolat. L’événement aura lieu le 6 novembre prochain au Centre culturel des Kwanlin Dün. 

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