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Pour une seconde école francophone à Whitehorse ?

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Thibaut Rondel

Le ministère de l’Éducation du Yukon et la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) se penchent actuellement sur la possibilité d’intégrer l’ensemble des classes du secondaire de l’école francophone Émilie-Tremblay – l’Académie Parhélie – aux nouvelles infrastructures de la future école secondaire F.-H. Collins.

L’Académie Parhélie à F.-H. Collins

La proposition a été amenée par le Ministère le 27 mars dernier, à l’issue d’une rencontre entre les commissaires de la CSFY, le ministre de l’Éducation, Scott Kent, et la sous-ministre Valerie Royle.

« Bien que rien n’ait encore été décidé et qu’il s’agisse d’une question complexe, nous sommes enthousiastes à l’idée d’explorer la possibilité d’intégrer une école secondaire francophone dans les plans de construction de la nouvelle école F.-H. Collins », a déclaré le ministre Kent. « Les soumissions pour la construction de la nouvelle école F.-H. Collins dépassaient de plus de 10 millions de dollars le budget prévu [NDLR Budget prévu de 56 M$, dont 38,6 M$ pour la construction]. Nous allons donc adopter une nouvelle conception et nous voulions nous assurer qu’il y ait assez de flexibilité pour incorporer une zone pour l’apprentissage du français langue première. »

Le ministre Kent n’a toutefois pas précisé si cette offre avait été réfléchie de longue date, ou si elle avait été décidée après le revirement du gouvernement, le 11 mars dernier, en faveur de la construction d’une nouvelle école F.-H. Collins moins onéreuse et à la conception simplifiée.

La communauté francophone consultée

Du côté de la CSFY, aucune décision, mais un souhait marqué de s’en remettre à l’avis de la communauté francophone.

« Nous demandons à la communauté si elle souhaite que l’idée d’une Académie Parhélie sur le campus de la nouvelle école F.-H. Collins reste sur la liste des discussions », a déclaré le président de la CSFY, Luc Laferté. « Cette proposition avait été amenée une première fois en 1993 […], mais elle n’avait pas été retenue, car les parents ne voulaient pas voir l’école Émilie-Tremblay sur le campus d’une nouvelle école, quelle qu’elle soit. »

Une seconde offre en ce sens avait été formulée quelques années plus tard, mais elle s’était une nouvelle fois heurtée au refus des ayants droit et de la communauté francophone.

« Aujourd’hui, on nous mentionne une 3e fois cette possibilité », explique Luc Laferté « Dans les dernières années, nous avons vérifié que notre communauté a évolué et que notre clientèle d’école a beaucoup changé. Peut-être que ces gens-là ont des idées différentes. »

À l’heure de la négociation

Une consultation publique bilingue a ainsi été organisée dès le mardi 16 avril au gymnase de l’école Émilie-Tremblay, soit dix jours après l’annonce de la nouvelle. La rencontre a précédé la réunion publique régulière de la commission scolaire.

Les commentaires des participants devaient avoir été préparés en fonction de la question suivante : « Voulez-vous que la CSFY entame des négociations avec Éducation Yukon par rapport à la possibilité de construire une école secondaire francophone rattachée à l’école F.-H. Collins? »

« Les discussions entre le Ministère et nous sont au point des négociations, et il n’y a aucun fait accompli pour le moment », a déclaré la directrice de la commission scolaire, Lorraine Taillefer. « La CSFY va prendre la décision finale, mais il est important d’aller chercher l’avis de la communauté et d’aller voir ce qui s’est fait ailleurs et ce qui se fait ailleurs. »

Une annonce sur fond de procès

La proposition du ministère de l’Éducation intervient alors que la commission scolaire et le gouvernement du Yukon sont actuellement engagés dans un bras de fer juridique, portant notamment sur la nécessité de construire une deuxième école secondaire francophone au territoire.

Après avoir remporté son procès en juillet 2011, la CSFY avait vu le gouvernement territorial porter en appel la décision du juge de première instance Vital Ouellette. Plus d’un an après le procès, la décision du juge d’appel Harvey Groberman se fait toujours attendre. En cas de nouvelle défaite, le gouvernement territorial aurait encore la possibilité de saisir la Cour Suprême du Canada.

Bien que toutes les parties assurent que les dossiers progressent de façon spectaculaire, comment, dans ce contexte, envisager une collaboration sereine et fructueuse entre la CSFY et Éducation Yukon?

« La décision d’appel va bien au-delà de la construction d’une école, et bien que la décision n’ait pas encore été rendue, c’est une occasion pour nous d’explorer d’autres options et d’aller de l’avant », assure le ministre Scott Kent, qui s’avoue très satisfait de la relation de travail entretenue avec l’ensemble des acteurs de la CSFY.

« Le dialogue a été super. Nous espérons poursuivre dans cette voie et aborder de façon positive et proactive l’application de l’enseignement du français langue première ici au Yukon », a-t-il affirmé.

Collaboration optimiste

À la présidence de la commission scolaire, le temps semble être également au beau fixe.

« Ce n’est pas parce que nous avons eu un procès que nous avons arrêté de parler à ces gens-là », explique Luc Laferté.

« Le procès, c’était simplement pour clarifier la Loi sur l’Éducation. On ne partait pas vraiment en guerre », dit-il. « Il reste des points sur lesquels nous n’avons toujours pas eu de réponses, mais dans les derniers mois, tous les dossiers ont progressé allègrement. »

Même son de cloche du côté de la direction de la CSFY.

« Nous avons travaillé sur plusieurs dossiers qui sont au cœur du litige, et les choses progressent de façon très positive avec le gouvernement », affirme Lorraine Taillefer. « La construction possible d’une école secondaire francophone fait partie du cas de cour, et nous devons donc voir ensemble comment trouver une solution pour sa construction », dit-elle.

Rien qu’une option

Selon les premières informations, les nouvelles infrastructures de F.-H. Collins s’inspireront de campus déjà existant.

Le concept général verrait la construction d’un bâtiment central entouré de plusieurs modules. Selon la CSFY, l’Académie Parhélie pourrait être greffée au campus par le biais d’un de ces modules. Les élèves partageraient ainsi les installations communes avec l’école anglophone, comme le gymnase et la cafétéria.

Pour Luc Laferté, cette option n’en est qu’une parmi d’autres.

« Une autre solution serait d’agrandir l’école francophone actuelle, pour avoir une nouvelle école secondaire beaucoup plus grande sur les lieux », affirme-t-il. La conception de l’école Émilie-Tremblay permettrait d’ailleurs cette solution, puisque celle-ci est conçue pour accueillir, le cas échéant, de nouveaux locaux au bout de deux de ses ailes.

« Une autre option serait aussi d’avoir une autre école secondaire francophone sur un autre campus, complètement différent », poursuit Luc Laferté. « Ce sont les architectes et les spécialistes en bâtiment qui trouvent les solutions les plus faisables, et il faut aussi tenir compte du budget. »

Voir l’avenir

Selon la directrice de la CSFY, les pourparlers actuels entre le gouvernement et la CSFY ne devraient pas affecter ou retarder la construction de la nouvelle école F.-H. Collins, dont l’ouverture avait été dans un premier temps annoncée pour l’été 2013, puis reportée à l’été 2015, voire 2016.

Son principal souci reste en effet la question de l’espace physique.

Si l’Académie Parhélie déménageait demain,  « l’école Émilie-Tremblay serait déjà pas mal pleine, juste avec les classes de primaire, mais l’espace serait suffisant », selon Lorraine Taillefer.

Mais la directrice de la CSFY anticipe toutefois sur l’évolution démographique de la population francophone au Yukon.

« Notre primaire continue de grandir vite, et il va falloir s’assurer de pouvoir répondre au besoin », affirme- t-elle. « Mais je pense que le gouvernement réalise clairement qu’il y a un manque d’espace criant à l’école Émilie-Tremblay pour les jeunes du secondaire. »

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