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Pour des prévisions plus précises

Denis Lord — L’Aquilon (Article sur l’Arctique)

Des instruments météorologiques sont expérimentés dans les superstations de Whitehorse et d’Iqaluit.

Gabrielle Gascon supervise depuis
Edmonton les stations météorologiques
autonomes d’Iqaluit et Whitehorse.
Photo : ECC

 

 

Si l’année de la prévision polaire s’est théoriquement terminée en 2019, les superstations météorologiques de Whitehorse et d’Iqaluit continuent à collecter des données pour un projet international qui se poursuivra jusqu’en 2022.

Dans les faits, l’année de la prévision polaire (APP) a duré deux ans et les résultats sont toujours en cours d’analyse. L’APP est un élément du Projet de prévision polaire (PPP), une initiative de l’Organisation météorologique mondiale et de ses partenaires, dont Environnement et Changement climatique (ECC).

« L’idée globale est de concrétiser des améliorations à nos modèles de prévisions météorologiques », explique le chercheur d’ECC, Zen Mariani.

Il s’agit donc d’anticiper avec plus de précision la météo pour les bénéfices du transport, de la planification municipale, de la sécurité, etc.

Dans le cadre de l’APP, ECC a créé un système de données appelé le Canadian Arctic Weather Science, qui couvre non seulement le Canada, mais une grande partie de l’Arctique pour, entre autres, comprendre la température arctique, les systèmes cryosphériques et tester des technologies.

Aujourd’hui, les chercheurs d’ECC évaluent les données recueillies aux stations météorologiques d’Iqaluit et de Whitehorse.

« Nous sommes dans le processus d’analyser les informations, de faire du développement de modèles et de la réanalyse de modèles, de dire M. Mariani. Nous commençons véritablement à publier nos résultats et à discuter entre nous [pour cibler] où nous voyons de la science intéressante. »

Les chercheurs évaluent notamment la justesse des modèles de prévision, déterminent s’ils fonctionnent mieux l’hiver ou l’été, etc. Ils cherchent également à détecter des « signatures particulières dans l’atmosphère », qui aideraient ECC à mieux prédire les évènements météorologiques dans l’Arctique.

Des stations opérées à distance

Gabrielle Gascon est directrice de recherche à ECC et dirige, à partir d’Edmonton, les superstations d’Iqualuit et de Whitehorse, qui contiennent une grande variété d’instruments : célomètres, lidars Doppler, radars et autres scintillomètres.

« Les instruments fournissent des données en temps quasi réel depuis décembre 2017, explique la docteure Gascon. Ils opèrent de façon autonome. […] Quand on s’est établis là-bas, un de nos objectifs était d’évaluer notre capacité d’opérer les instruments météorologiques à distance. »

En conséquence, bien que certaines caméras soient pointées vers le ciel, d’autres sont dirigées vers les instruments eux-mêmes.

Les couches de vent

Un des aspects uniques des supersites, explique Gabrielle Gascon, c’est qu’ils contiennent plusieurs instruments du même type, parfois jusqu’à une dizaine. Certains, comme le radar Ka à Iqaluit, n’avaient jamais été déployés dans des latitudes aussi nordiques au Canada. Certains sont rapatriés après les tests, comme cet instrument pour mesurer à très haute résolution le profil vertical et les quantités de vapeurs d’eau.

À Iqaluit, les chercheurs d’ECC ont observé que des couches de vent allant dans des directions opposées peuvent s’élever jusqu’à quatre kilomètres d’altitude.

« Ça n’avait jamais été documenté auparavant, souligne la docteure Gascon. […] Nous poussons l’analyse pour vraiment comprendre comment les couches de vent peuvent affecter l’atmosphère. »

Cette recherche a fait l’objet d’un article dans la revue scientifique Geophysical Research Letters.

« Si nos modèles de prévisions numériques sont améliorés, les prévisionnistes sont en mesure d’émettre des veilles et des alertes avec plus de confiance », dit Mme Gascon.

Le Canadian Arctic Weather Science développe actuellement un partenariat avec le Collège du Yukon et travaille à intégrer les stations d’Iqaluit et de Whitehorse à l’International Arctic System for observing the atmosphere (IASOA), qui comprend des sites en Russie, aux États-Unis et en Scandinavie.

Le PPP est dans une phase de consolidation jusqu’en 2022.

« Ça ne veut pas dire qu’on laisse tout tomber après », précise Zen Mariani. « Il y aura encore du travail ».

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