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Poupée de cuir, poupée de son

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On dit fréquemment que chaque personne a son histoire et dans l’univers de Cécile Girard, chaque poupée a aussi son histoire. Les créations de cette artiste racontent à leur façon les gens qui vivent ou ont vécu au Yukon. Nous sommes loin ici de l’univers plastique du produit de consommation rose bonbon vêtu de tulle ou de dentelle. Nous sommes dans la nordicité et le cuir, la froidure et la fourrure. Les poupées de Cécile sont des créatures nordiques qui témoignent d’un style de vie.

L'artiste Cécile Girard rend hommage au Grand Nord à travers la création de poupées fabriquées avec des matériaux recyclés. Photo : fournie.

L’artiste Cécile Girard rend hommage au Grand Nord à travers la création de poupées fabriquées avec des matériaux recyclés. Photo : fournie.

Arrivée au Yukon au début des années 1980, l’artiste a connu le Grand Nord avant qu’il ne soit griffé par North Face, et a tout de suite rêvé de posséder un parka du Yukon alors en vente au magasin Yukon Native Product sur la 4e Avenue (le magasin était géré par la coopérative Yukon Indian Arts and Craft et a fermé ses portes en 1997). Bref, tout l’attirail de vêtements qui protègent les gens du Nord lors des hivers interminables l’a tout de suite fascinée.

Elle fabrique ses premières poupées en molleton de laine et les habille de beaux petits parkas. Vendues dans les boutiques locales et en Alaska, elles trouvent toutes un acheteur ou une acheteuse. Quelque trente ans et une existence plus tard, Mme Girard qui est maintenant à la retraite revient à ses premières amours.

Les matériaux qu’elle utilise sont recyclés ou ont été jalousement conservés au fil des ans. Ici, un manteau de laine rouge et noir acheté au magasin The Bay, jadis situé sur la rue Ogilvie, ou encore une magnifique pièce de tweed tissé à la main dont elle a un jour hérité. Elle privilégie les fibres naturelles et se tient loin du synthétique.

La poupetière crée des poupées qui lui rappellent souvent des personnes ou des événements. Le processus de création est donc assez complexe pour le moins qu’on peut dire. Les petits personnages naissent au fil des jours et des aiguillées. L’artiste est particulièrement heureuse de sa collection coureurs et coureuses des bois. « La passion des francophones pour le Grand Nord ne remonte pas d’hier, explique-t-elle. Les coureurs des bois et les voyageurs étaient en grande partie canadiens-français. Ils sont venus faire la traite des fourrures et participer aux grandes explorations du Nord-Ouest. Mes poupées leur rendent hommage d’une certaine façon. Chacune possède une paire de raquettes à neige fabriquées avec du bois de cornouiller ou de cerisier, un parka traditionnel, une ceinture fléchée, des mocassins de cuir, un bonnet, de belles mitaines ornées de broderie et un sac à feu en cuir. Elles sont entièrement cousues à la main et leur figure est brodée. Il n’y en a pas deux pareilles », explique-t-elle.

Une autre collection présente des poupées noires aux cheveux frisés qui ont adopté le Yukon, et portent des vêtements de laine et de fourrure.

Enfin, d’autres n’ont pas de famille comme telle, mais toutes ont un nom!

Mme Girard échange souvent son aiguille pour un pinceau ou un crayon dépendant de la saison.

On peut voir ses œuvres sur le site borealist.com.


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