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Penser dès aujourd’hui aux semences de l’an prochain

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Maryne Dumaine

La bibliothèque de semences — ou grainothèque — du Yukon offre une série d’ateliers pour informer les Yukonnais sur les techniques de récolte des graines.

Ingrid Wilcox et Anna Pearson posent devant la collection de livres traitant des récoltes de graines. Dans la bibliothèque de l’Énergie, des Mines et des Ressources, les livres traitant de jardinage sont les plus empruntés. Photo : Maryne Dumaine


La bibliothèque du ministère de l’Énergie, des Mines et des Ressources, située dans le bâtiment Elijah Smith, est un incontournable autant pour les jardiniers de longue date que pour les amateurs débutants et les experts. C’est l’endroit où les Yukonnais et Yukonnaises peuvent aller chercher des livres ou des rapports sur les ressources qui se trouvent à travers le territoire. La mine d’or pour jardinier cependant ne se trouve pas parmi les cartes, mais dans un classeur couvert de dessins de légumes : la bibliothèque de semences.

Depuis 2015, environ trois cents jardiniers yukonnais sont devenus membres de cette bibliothèque « verte ». Graines de légumes, fleurs et herbes sont donc « empruntées » au printemps pour être semées dans les jardins personnels. Pas besoin d’avoir le pouce vert, l’idée d’origine était simplement d’amener plus de gens à commencer à jardiner.

Renouveler la collection

Pour ceux qui découvrent le jardinage dans le Nord, chaque enveloppe est accompagnée de conseils sur la marche à suivre pour obtenir la meilleure récolte possible. Cependant, lorsqu’on parle de récolte, on parle des fruits et des légumes. Mais, pour récolter des graines, il y a quelques étapes supplémentaires à connaître.

« Nous offrons chaque année des ateliers de jardinage, au printemps, et quelques conférences sur des sujets plus particuliers pendant l’été », explique Anna Pearson, responsable de la grainothèque. « En fin de saison, nous voulons donner de l’information sur les méthodes pour récolter les graines. Nous en avons besoin pour renouveler la collection. »

Environ la moitié des graines offertes dans la bibliothèque proviennent de dons locaux. L’autre moitié est achetée à distance. L’objectif de la responsable serait d’avoir 100 % des semences produites localement.

Si l’emprunt de graines n’implique pas une obligation d’en rapporter à la fin de la saison, c’est tout de même le principe de toute bibliothèque.

Apprendre à récolter

« Récolter ses propres graines est important, surtout lorsqu’on vit dans un climat rude comme ici », ajoute Ingrid Wilcox, la maître-jardinière qui donnera les ateliers. Elle cultive son potager depuis plusieurs décennies au Yukon. « Quand nous récoltons des graines d’une plante qui a poussé ici, nous ne conservons pas seulement la variété, mais tout son patrimoine génétique. La plante s’est acclimatée à l’endroit particulier où elle a poussé. L’eau qui a été utilisée pour l’arroser, le vent, le climat particulier. La plante qui poussera de cette graine sera plus forte, plus apte à pousser dans notre propre climat, spécifique à votre propre potager. » Il peut y avoir des grandes différences entre jardiner en ville, à Shallow Bay ou au lac Marsh. Conserver ses propres semences présente un avantage pour les cultures de l’an prochain.

Aussi faut-il savoir comment faire, car récolter des graines demande des techniques particulières. « Pour la plupart des fruits, tels les tomates ou les concombres, il faut les laisser mûrir au-delà du point où nous les aurions mangés pour avoir des graines », explique l’experte en la matière. La maturité de la plante est essentielle pour avoir des graines viables.

Une autre information importante : la provenance de la graine. « Lorsque vous prévoyez de récolter des graines, achetez des semences qui ont le temps de maturité le plus court possible, sinon votre plante vous donnera des fruits, mais les graines n’auront pas forcément le temps de devenir viables. » N’oubliez pas non plus de conserver les emballages de vos graines afin de pouvoir les étiqueter correctement à la fin de la saison. Autant de détails qu’il faut prendre en compte dès le printemps! Si vous souhaitez apporter des graines, les informations suivantes vous seront demandées : le type de graine, l’année de la récolte, la source initiale de la graine si vous la connaissez.

Quelle que soit votre motivation (votre prochaine saison, rapporter des graines à la bibliothèque, les échanger avec vos amis ou bien vous sentir plus proche de la nature), ne manquez pas ces ateliers gratuits.

Deux rendez-vous, au choix : le 6 septembre, dans la bibliothèque du bâtiment Elijah Smith, pour un atelier d’une heure, à midi. Et le 9 septembre, à la bibliothèque publique, pour un atelier de deux heures qui permettra, entre autres, d’aborder des sujets plus poussés, tels que récolter des bulbes de fleurs par exemple.

L’inscription est requise au 667-5239. La bibliothèque est ouverte tous les jours de 8 h 30 à 16 h 30. N’hésitez pas à apporter votre repas ou un café et à venir l’explorer sur l’heure de dîner.

Mais aussi…

De son côté, l’Association franco- yukonnaise (AFY) a également commencé à offrir une vague d’ateliers sur les différentes étapes d’entretien d’un jardin. Les deux derniers ateliers de la série se tiendront au Centre de la francophonie le 25 septembre de 18 h à 19 h 30 (Nettoyer et préparer son jardin); et le 9 octobre de 18 h à 19 h 30 (Transformer des fruits et légumes). Les participants pourront y apprendre en français comment nettoyer et préparer leur jardin pour l’an prochain, entreposer du terreau et des bacs, comment conserver les fruits et légumes selon leurs particularités, et assister à une démonstration en cuisine sur les conserves et les surgelés.

Ces ateliers seront animés par Johanna Goossens. Arrivée au Yukon il y a quatre ans, cette diplômée en agronomie originaire de la Suisse a travaillé en Afrique sur un projet de recherche en agroécologie avant de venir vivre au Yukon. Une fois au territoire, elle a été bénévole sur une ferme où elle a pu approfondir ses connaissances en travaillant dans une serre de production. Elle a aussi fait des études sur le jardinage en milieu nordique. Elle est passionnée d’horticulture depuis son enfance et s’intéresse autant aux plantes comestibles qu’ornementales. 

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