Accueil » À la une » Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne

Palmarès Francopresse des personnalités influentes de la francophonie canadienne

Andréanne Joly Francopresse

L’objectif de ce palmarès, mis en place par les journalistes de la presse et de la radio communautaire du Canada, est de souligner la contribution de francophones qui ont eu une influence positive à l’échelle régionale ou nationale et qui démontrent, parfois envers et contre tous, la vitalité du français au Canada.

En 2018, les communautés francophones en situation minoritaire ont dû faire preuve de solidarité, vu la montée de partis politiques s’affichant contre le bilinguisme, les propos contestés de Denise Bombardier et les coupes annoncées par le gouvernement de l’Ontario.

En 2019, le jury salue dix personnalités qui portent fièrement leur identité et leur culture au quotidien et qui contribuent à faire rayonner le français.

Dans les médias ou dans la rue

D’abord, relevons la présence de l’athlète Pascal Siakam devenu champion de la NBA avec les Raptors de Toronto en juin dernier. Pendant les séries éliminatoires, le basketteur a multiplié les entrevues en français. À l’heure où l’insécurité linguistique est sur toutes les lèvres, il s’est imposé comme un modèle positif pour les amateurs de sports. « C’est quand même exceptionnel pour un athlète de revendiquer le droit de parler en français », estime le jury, évoquant le point de presse du 2 juin où le joueur de 6 pieds et 9 pouces a demandé aux médias présents de lui poser des questions en français.

C’est tout autrement que la politologue Stéphanie Chouinard a marqué l’univers médiatique. Particulièrement active dans les médias depuis l’automne 2018, la professeure s’est imposée comme spécialiste de la francophonie en milieu minoritaire et a livré ses analyses sur bien des tribunes, parfois devant un large auditoire, comme à l’émission Tout le monde en parle à Radio-Canada. « Nous entendrons parler d’elle longtemps », conclut le jury.

À Calgary, ce n’est pas tant dans les médias que le français a gagné sa place, mais sur la route. Suzanne de Courville Nicol, présidente du Bureau de la visibilité de Calgary, s’est attaquée au dossier de la signalisation routière en procédant à l’installation de huit panneaux d’arrêt dans le quartier Rouleauville.

Sur les murs ou sur scène

C’est peut-être sans le vouloir que Marc Keelan-Bishop et Ronald Tremblay ont mis leur passion au service de la francophonie. Néanmoins, ils ont une influence sur le quotidien de tout un chacun.

Depuis quelques années, Marc Keelan-Bishop signe des images inspirées de l’Ontario francophone qui circulent abondamment dans les médias sociaux. L’illustrateur franco-ontarien a produit en 2015 une série de douze affiches qui révèlent des rebelles de l’histoire de l’Ontario. Il a aussi créé une kyrielle d’images à colorier, abordant des sujets qui touchent les francophones, petits et grands. Surtout, il a pris position en interpellant politiciens et chroniqueurs. « M. Keelan-Bishop a risqué sa carrière pour assurer la représentativité des francophones en Ontario », retient l’un des membres du jury.

Et que dire de la représentativité des musiciens de l’Ouest? Aux yeux du jury du Palmarès Francopresse, les concours de musique donnent une plateforme à des centaines d’artistes et permettent leur rayonnement au quotidien, ou presque! C’est ainsi que le musicien Ronald Tremblay s’inscrit à ce palmarès. Il y a 30 ans, il fut l’un des instigateurs de manifestations culturelles qui viendraient appuyer et rassembler les musiciens francophones de l’Alberta et de l’Ouest : Polyfonik (autrefois le Gala albertain de la chanson) et Chant’Ouest.

Dans les coulisses de l’éducation

À nouveau, les défenseurs du français en milieu minoritaire se taillent une place dans la liste des francophones influents de l’année.

En 2018, le jury avait souligné le travail acharné d’Yvonne Careen, qui a lutté des années pour obtenir un gymnase dans l’école secondaire de Yellowknife, qu’elle a dirigée.

Dans cette foulée, l’avocat Mark Power et l’administratrice Dyane Adam se retrouvent dans le palmarès 2019, puisqu’ils ont aussi travaillé à assurer l’accès à l’éducation équivalente pour les locuteurs des deux langues officielles.

D’ailleurs, Mark Power s’inscrit pour la troisième fois dans le Palmarès de fin d’année de Francopresse. Cette année, l’expert constitutionnel a plaidé devant la Cour suprême du Canada dans la cause qui oppose le Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et le gouvernement provincial, arguant que les francophones ont droit à l’égalité en matière d’éducation. Le dénouement de cette cause aura des incidences sur l’ensemble de la francophonie en situation minoritaire au Canada.

Au-delà de l’accès aux écoles primaires et secondaires, le concept de complétude institutionnelle (soit l’accès aux services à la petite enfance et aux études postsecondaires dans la langue de la minorité) fait partie des enjeux de la francophonie canadienne.

En ce sens, Dyane Adam a permis au dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF) de franchir un nouveau jalon en 2019. Mme Adam a multiplié les partenariats et a poursuivi le recrutement de professeurs bénévoles, et ce, malgré l’annulation du financement annoncée par le gouvernement provincial en novembre 2018. Puis, la bonne nouvelle est tombée en septembre : Une entente de financement est conclue entre le gouvernement fédéral et provincial pour mener à bien le projet. L’ancienne commissaire aux langues officielles du Canada, devenue présidente du Conseil de gouvernance de l’UOF, « a été une porte-parole enthousiaste, contre vents et marées », peut-on lire dans son dossier de mise en candidature.

Dans les grands rassemblements

Toujours dans l’optique de rassemblement, Claudette Thériault et son équipe ont fait vibrer l’Île-du-Prince-Édouard et le Sud-Est du Nouveau-Brunswick lors du Congrès mondial acadien 2019 tenu en août. Depuis 2014, la présidente du comité organisateur a œuvré activement au recrutement de visiteurs et à la mise en place de cet évènement à grand déploiement. Résultat des quinze jours du Congrès : Plus de 100 activités communautaires, plus de 35 rencontres de famille, deux grands spectacles, des activités artistiques et de réflexion et 100 000 participants, selon Mme Thériault.

Au cœur des institutions

Puisque l’idée des langues officielles est intimement liée aux institutions fédérales, les acteurs du système parlementaire se retrouvent, d’une année à l’autre, dans le palmarès. Députés et commissaires s’y sont inscrits par le passé. C’est maintenant au tour d’un sénateur et d’une représentante du gouvernement du Canada

La commissaire du Yukon, madame Angélique Bernard, pose des actions concrètes pour la francophonie depuis son entrée en fonction en 2018, mais son implication pour la cause date de bien avant. Auparavant engagée auprès d’organismes communautaires francophones du Nord, Mme Bernard représente « une influence admirable pour la francophonie », statue le jury.

Le sénateur René Cormier s’est pour sa part démarqué par son travail à titre de président du Comité sénatorial sur les langues officielles. Il a participé à préparer la modernisation de la Loi sur les langues officielles, espérée par de nombreux groupes de francophones en situation minoritaire. Le rapport déposé en juin est le fruit de deux années de consultations et de labeur. « René Cormier fait un excellent travail de sensibilisation, autant de la Loi sur les langues officielles que des activités d’intérêt pour les communautés acadiennes et francophones du pays, relève le jury. Il est à l’affût de tout ce qui se fait en francophonie et n’hésite pas à appuyer ou dénoncer au besoin. »

Des candidates et des candidats issus de tout le pays

Relevons qu’encore une fois, la courte liste compte autant de femmes que d’hommes. Depuis la première édition, la parité a été atteinte, exception faite de 2017, où sept des dix lauréats étaient des femmes.

Pour en venir à une liste de dix lauréates et lauréats, les membres du jury, composé de sept journalistes issus de l’Association de la presse francophone, de l’Association des radios communautaires du Canada et d’ONFR+ (TFO), sont appelés à s’exprimer individuellement sur l’influence de chacun des quelque quarante finalistes. Les candidatures sont aussi proposées par les journalistes de Francopresse et de ces trois réseaux.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *