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Nouvelle stratégie évolutive en santé mentale

Émile Brassard

Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Mike Nixon, a annoncé le 5 mai dernier une nouvelle stratégie sur dix ans qui vise à améliorer l’offre de service en santé mentale.

Le document serait le fruit de la plus importante collaboration en santé mentale entre les gouvernements des Premières nations et celui du Yukon.

« Aujourd’hui, les gouvernements de Premières nations et notre équipe ont le sentiment de franchir une nouvelle étape pour l’élaboration de services homogènes en santé mentale », a affirmé le ministre Nixon.

Le ministre de la Santé et des services sociaux, Mike Nixon, a annoncé le lancement d’une stratégie en matière de santé mentale. Photo: Émile Brassard

Le ministre de la Santé et des services sociaux, Mike Nixon, a annoncé le lancement d’une stratégie en matière de santé mentale. Photo: Émile Brassard


À l’occasion de cette annonce faite au Centre culturel des Kwanlin Dün, M. Nixon était accompagné de la grande chef du Conseil des Premières nations, Ruth Massie, de la chef de la Première nation Kwanlin Dün, Doris Bill, ainsi que de la vice-présidente de l’Association en santé mentale du Yukon, Kim Solonick.

« Avec cette stratégie, nous nous assurons pour l’avenir qu’il y aura des discussions pour trouver des solutions [aux problèmes de santé mentale] et que personne ne soit laissé derrière », a commenté Mme Bill.

« Malgré tous nos efforts, nous sommes conscients qu’il y aura toujours un écart de service entre certaines régions. Néanmoins, nous pensons que nous pouvons faire une différence en travaillant en collaboration et en partageant nos ressources avec le gouvernement du Yukon et les autres Premières nations », a pour sa part déclaré Mme Massie.

Un document évolutif

Durant la conférence, le ministre de la Santé a souvent souligné que la stratégie en santé mentale allait être évolutive, c’est-à-dire « qu’elle allait changer au cours des dix ans à venir en fonction des recherches, des nouvelles pratiques et de l’expérience développée ».

Le document cible quatre priorités, soit la prévention, l’offre de service, la recherche et l’accès et la performance du système.

La stratégie, qui se veut inclusive, porte à réfléchir sur les façons de pallier le manque de ressources en matière de santé mentale.

Dans sa stratégie, le gouvernement prévoit notamment du matériel de promotion pour les Premières nations et un plan d’action sur le bien-être au Yukon.

Un système de prévention contre le suicide devrait également être implanté. Un plan de crise et une ligne d’appel d’urgence seront développés pour les Premières nations, en plus d’augmenter l’accès à des conseillers.

Le gouvernement annonce aussi la formation d’un comité ministériel afin de faire la lumière sur l’approche à adopter à travers le territoire.

M. Nixon n’a pas confirmé si la stratégie prévoyait l’embauche de nouveau personnel pour améliorer l’accès aux services dans les milieux plus éloignés.

« Le plan est de continuer de travailler avec les communautés et d’effacer les lacunes. Comme nous l’avons dit, c’est un document évolutif. Nous avons fait, dans le budget de cette année, des investissements de 1 million $ pour l’implantation de cette stratégie. Cela devrait nous aider à mieux cibler les personnes qui ont besoin d’aide. »

Toutefois, les attachés de presse ont par la suite affirmé que le ministère de la Santé et des Services sociaux ne comptait pas renforcer ses ressources humaines, mais n’excluent pas de le faire dans quelques années.

Plus que nécessaire

L’an passé, le rapport annuel du Conseil en services sociaux signalait que la santé mentale au Yukon constituait « un tableau éclaté de programmes et services », dont l’offre est superficielle dans certaines régions.

Le rapport soulignait également que plusieurs personnes qui souffrent de maladie mentale ne savaient pas où demander de l’aide.

Selon Statistique Canada, en 2013 et 2014, 65 % de la population yukonnaise âgée de plus de 12 ans se sont déclarés en bonne ou en excellente santé mentale, ce qui correspond à 6 % de moins que la moyenne nationale.

Statistique Canada a aussi révélé en 2015 que 32 % des Yukonnais ont consommé de manière abusive de l’alcool, alors que la moyenne nationale est de 19,5 %.


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