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Nouvelle année chargée pour la Commission scolaire francophone du Yukon

Nouvelle année chargée pour la Commission scolaire francophone du Yukon

Pierre Chauvin

L’année 2014 s’annonce déjà comme une année chargée pour la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY), et Edmond Ruest, qui est de retour à la tête de la CSFY, aura beaucoup à faire. Le Franco-yukonnais qui a passé sept ans comme directeur général, mais a aussi été président et commissaire de la CSFY, a été choisi pour assurer l’intérim de la direction générale jusqu’au 1er juillet 2014, date à laquelle Lorraine Taillefer sera de retour. D’abord psychopédagogue au Manitoba, puis professeur de français, consultant spécialisé en éducation en Australie, Edmond Ruest possède une longue expérience dans le domaine de l’éducation.

Poursuite contre le gouvernement

En 2009, la CSFY a intenté une poursuite contre le gouvernement du Yukon, arguant que celui-ci ne respectait pas ses obligations comme prescrit par la Loi sur l’éducation et la Charte canadienne des droits et libertés. Au terme du procès, le juge Ouellette avait donné raison à la commission scolaire et ordonné au gouvernement, entre autres, de donner à la CSFY la pleine gestion scolaire, ainsi que le droit de construire une nouvelle école.

Le gouvernement a fait appel et la décision de la cour se fait toujours attendre : la Commission scolaire s’attendait à un verdict à l’automne 2013, quand la cour siégeait au Yukon. Elle a par ailleurs envoyé aux juges une lettre demandant pourquoi la décision n’était toujours pas connue, presque deux ans après que l’appel a été entendu.

Cependant, en attendant les résultats de l’appel, une partie de l’ordonnance du juge Ouellette est en sursis, notamment la construction de l’école. « Cela ne nous empêche pas de considérer des options qui se présentent pour une nouvelle construction », dit Edmond Ruest, en attendant la décision de la cour d’appel.

La commission scolaire est en train de faire l’analyse des différentes options, après une consultation communautaire étendue, explique-t-il.

PELEC

Nouvelle initiative à la CSFY : la Politique d’encadrement linguistique et culturelle (PELEC).

« C’est un outil pour articuler les besoins à combler et soutenir la vitalité linguistique culturelle », explique Edmond Ruest.

La PELEC, déjà adoptée en Ontario en 2004 (appelée aménagement linguistique), et prochainement au Manitoba et en Saskatchewan, est un accord entre le gouvernement territorial et la commission scolaire, qui harmonise les obligations du gouvernement. En Ontario, l’implémentation de ce programme a été un succès.

« Il y a une valeur ajoutée à étudier en français en milieu minoritaire et une partie du succès dans les résultats académiques de nos élèves, on l’attribue à cet environnement que l’aménagement linguistique donne », explique Denis Vaillancourt, président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario.

Edmond Ruest dit que la commission scolaire est en train d’étudier ce projet, dont le concept a déjà été présenté au gouvernement de manière informelle.

« On se rallie pour consolider ce qui nous rassemble, pour faire en sorte que dans un futur proche, les ministères de l’Éducation se consolident eux-mêmes, en sachant que leurs obligations seraient semblables d’une province à une autre », explique Edmond Ruest.

La PELEC est axée sur quatre thèmes : recrutement et récupération des ayants droit, apprentissage et réussite scolaire, développement et vitalité communautaire, capacité et pérennité institutionnelle.

Nouvelle formule budgétaire

La CSFY a présenté son budget au gouvernement avec une nouvelle formule de financement.

Cette formule utilise un montant de base qui est ensuite adapté chaque année en fonction des besoins. Le montant de base est déterminé par le fait que pour offrir les mêmes services, la CSFY doit débourser plus d’argent que des commissions scolaires plus importantes.

« Parce que nous, on a des petits nombres, il y a une disproportion des coûts qui sont associés à l’éducation en français langue première dans une communauté en minorité linguistique », explique Edmond Ruest.

« On est très optimiste », dit Edmond Ruest qui se dit confiant de la bonne volonté du gouvernement de coopérer dans ce dossier. « Une telle approche permettrait d’éviter des négociations à chaque dépôt de budget sur ce montant de base, » explique-t-il.

Le gouvernement devrait rendre sa décision sur ce budget d’ici deux mois.

Gouvernance

La CSFY va bientôt se doter d’un nouveau modèle de gouvernance. Objectif : revenir à l’essentiel, améliorer l’efficacité, réduire les déficiences.

Ces changements sont basés sur des modèles de gouvernance d’autres commissions scolaires au Canada. Ce nouveau modèle de gouvernance sera en place dans deux mois, indique le directeur général. « On clarifie les responsabilités de chacun. La commission scolaire s’approprie le rôle de gouvernant, mais pas de gestionnaire », explique Edmond Ruest.

Défis

L’année 2014 sera aussi une année de défis pour la CSFY.

« Les défis, bien sûr, c’est le problème de rétention au niveau secondaire. On a de la difficulté à garder nos élèves », reconnaît Edmond Ruest.

Les étudiants quittent le système éducatif francophone pour aller en programme d’immersion dans le système anglophone, qui est destiné à des étudiants dont le français n’est pas la langue maternelle, et y sont donc avantagés.

« Il faut trouver une formule pour faire en sorte que nos élèves pourront se valoriser, mais dans un contexte de programme français langue première », explique-t-il. Il dit espérer que le projet de construction d’une nouvelle école viendra assurer la pérennité du programme français langue première au secondaire.


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