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Nous, aujourd’hui : l’exposition francophone au regard féminin

Marie Mounier

Ce mois de février, l’Association franco-yukonnaise propose sa nouvelle exposition d’artistes francophones, Nous, aujourd’hui.

(À g.) L’œuvre, inspirée de Joséphine Bacon, fait partie de la série Des femmes et des mots présentée par Françoise La Roche lors de l’exposition Nous, aujourd’hui.
(À d.) La robe au corbeau prend son envol de Nicole Bauberger.

 

 

Du 5 au 27 février 2021 aura lieu, à la galerie Arts Underground, l’exposition annuelle de l’Association franco-yukonnaise (AFY). L’événement, entièrement gratuit, sera l’occasion pour les Yukonnais et Yukonnaises de découvrir ou redécouvrir quelques artistes francophones du territoire.

Nicole Bauberger, Sylvie Binette, Marie-Hélène Comeau, Maeva Esteva, Joe La Jolie et Françoise La Roche présenteront leurs créations sous le thème : Nous, aujourd’hui.

Cet éventail d’artistes aux techniques et styles différents offriront aux amateurs d’art la richesse de médiums variés, tels que la peinture corporelle, la sculpture, la broderie ou encore l’installation artistique. « Il était important pour nous de faire une sélection d’artistes de qualité, originale et variée », souligne Virginie Hamel, gestionnaire en Arts et culture à l’AFY et responsable de l’exposition.

L’art francophone à la portée de tous

Depuis maintenant sept ans, l’AFY collabore avec Arts Underground. « C’est une façon pour nous de rendre l’exposition visible pour tous, francophones et anglophones », appuie Mme Hamel.

En effet, en exposant en dehors des murs du centre de la francophonie, l’AFY s’ouvre à un public toujours plus large et permet aux artistes francophones d’être vus par l’ensemble de la population yukonnaise. « Les informations seront en français, mais aussi en anglais », précise l’organisatrice de l’événement. Une possibilité alors pour l’ensemble du public de mieux comprendre le processus artistique des créations exposées et ainsi de mieux en profiter, selon elle.

Un thème ancré dans la modernité

Nous, aujourd’hui n’est pas seulement l’expression de ce que chacun et chacune est devenu en traversant une pandémie, mais surtout l’ouverture à la femme du passé, du présent et du futur, la femme dans sa modernité.

« L’exposition était prévue pour mars prochain, durant le mois de la femme. Cependant, quand elle a été décalée, nous avons décidé de garder le thème ; c’est un sujet qui est bon en tout temps », précise Virginie Hamel.

Selon Mme Hamel, le mouvement #MoiAussi (#MeToo), né en 2007 et popularisé en 2017, a été une des sources d’inspiration de cette exposition. « C’est une révolution en continu qui a aidé les femmes et les filles à s’affirmer, à dénoncer et à prendre leur place. Dans son évolution, le mouvement a donné la parole à tout être qui n’est pas au sommet de l’échelle des privilèges. Cette révolution est loin d’être terminée et elle s’adresse à toutes et à tous : la parole est libérée et la conversation se poursuit », précise-t-elle.

Nous, aujourd’hui est donc un reflet de la représentation de la femme à travers ses multiples  facettes. Depuis plusieurs années, la parole des femmes et des personnes LGBTQ2S+ s’est émancipée. Le thème de l’exposition s’appuie ainsi sur les flots d’une vague montante.

« Il y a beaucoup de femmes qui perdent leur rêve, la possibilité de faire ce qu’elles voulaient faire », se désole Joe La Jolie, qui participera à l’exposition. Nous, aujourd’hui offre donc la possibilité aux artistes de s’exprimer sur un sujet de société à travers la fertilité de la création artistique et d’affirmer l’expression de la femme moderne.

La femme aux différents visages

L’exposition était ouverte à tous les artistes de la communauté. C’est donc par le fruit du hasard qu’elle regroupe seulement des femmes. Cependant, à travers chacune de leur technique, de leur réflexion, c’est un nouveau profil du genre qui se dessine. Pour Françoise La Roche, qui présentera ses broderies lors de l’exposition, « la femme d’aujourd’hui est différente de celle de demain ». Elle crée, à travers des portraits figuratifs d’autrices du début du siècle et des poétesses actuelles, un parallèle entre les femmes d’hier et d’aujourd’hui pour rappeler le chemin que certaines ont ouvert à d’autres.

Quant à Joe la Jolie, le genre féminin a toujours fait partie de ses créations artistiques. « La femme est dans toutes mes peintures, comme une histoire qui se raconte, une émotion », confie-t-elle. Plus qu’un genre, c’est aussi pour elle une notion de classe sociale qui limite et définit chacun et chacune selon des cases sociétales préétablies. À travers divers médiums, dont la peinture corporelle ou l’aquarelle, elle offre au thème la multiplicité des regards.

C’est à travers une tout autre approche que Nicole Bauberger sonde la femme d’aujourd’hui. Figuré par la robe, objet emblématique de son travail depuis une vingtaine d’années, le genre féminin est exploré par l’artiste. « Le motif de la robe a une résonance pour moi, c’est une forme simple que je peux développer avec différents matériaux », livre la créatrice. Un objet qui lui rappelle sa mère, mais aussi une représentation qui se modifie à travers la technique artistique, le temps, l’espace dans laquelle elle est créée et laisse place à l’inconnu, aux surprises autant qu’aux échecs.

Ainsi, c’est tout autant d’expressions différentes de la femme que ces six artistes proposeront lors de l’exposition Nous, aujourd’hui mise en place par l’AFY. Une possibilité pour les amatrices et les amateurs d’art d’ouvrir leur regard sur de nouvelles visions du genre et d’apprécier la créativité francophone du territoire.

 

Initiative de journalisme local APF – Territoires

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