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Nage en eau libre : une source d’avantages pour la santé physique et mentale

Kelly Tabuteau

Pour les non-initié.e.s, nager dans les eaux froides du Yukon peut sembler être un loisir incongru. Pourtant, cette activité connaît un succès grandissant, comme en témoigne la popularité du groupe Facebook Wild Swimmers – Yukon. Que ce soit pour le défi physique et mental ou pour les bénéfices sur la santé, de plus en plus de Yukonnaises et de Yukonnais se jettent à l’eau pour tenter l’expérience, pour se sentir bien ou pour cibler un entraînement particulier.

photo : James Paterson

 

Dans une piscine entretenue par un petit groupe d’enthousiastes, non loin des rives du lac Chadburn, plusieurs se sont initiés l’hiver dernier à une discipline jusque-là pratiquée par peu au territoire : l’immersion en eau glaciale. Alors que la couche de glace des lacs yukonnais a fondu pour laisser place à des eaux d’une limpidité presque surréelle, c’est à présent une tout autre activité qui se développe : la nage en eau libre. Mais quelle est la différence entre la natation en eau libre et celle en piscine, si ce n’est l’écart de température de l’eau ?

Beaucoup d’adeptes de la discipline répondront que l’expérience en elle-même est différente. Valérie Girard est l’une d’entre eux : « Quand je nage dans un lac, je me sens libre, légère et détendue. » Marc Champagne, un autre adepte, renchérit : « J’aime la sensation d’être immergé dans l’eau et celle de profiter de l’environnement ambiant, de connecter avec lui, de voir les montagnes, la forêt et d’entendre les oiseaux quand je nage. »

Outre le sentiment de liberté et d’immersion dans la nature, certains relèvent également la possibilité de conserver leur rythme de nage sur des distances plus grandes, puisque les bords d’une piscine ne sont pas là pour freiner leur élan.

photo fournie

 

Six bénéfices de la nage en eau libre sur la santé

Quand Valérie Girard et Marc Champagne ont commencé à nager, aucun des deux ne se doutait des effets bénéfiques de l’activité sur leur santé. « Enfant, je jouais souvent dans l’eau, c’était comme cela, cela faisait partie de ma vie, raconte Valérie Girard. Quand j’ai déménagé au territoire, je me suis mise à nager plus régulièrement, notamment en préparation de mes premiers triathlons. Le sentiment de bien-être est si intense qu’à la fin d’une séance, je veux y retourner pour ressentir cela à nouveau. »

Pour Marc Champagne, les avantages sur la santé sont un plus à l’activité : « Même si je ne connaissais pas la science accolée à cette pratique, je me suis toujours senti bien lors de mes séances de natation en plein air. Libéré du stress, je me sens toujours mieux après avoir nagé. »

De nombreuses recherches ont déjà été menées sur le sujet. En décembre 2020, une étude intitulée Cold Water Swimming – Benefits and Risks : A Narrative Review a été publiée dans la Revue internationale de recherche environnementale et de santé publique, démontrant qu’un entraînement régulier à la natation en eau froide semblait avoir un effet positif sur le système cardiovasculaire, le système endocrinien, le système immunitaire et le psychisme. En détail, on remarquait :

    • Une augmentation du métabolisme, puisque le corps doit brûler plus de calories pour convertir les graisses en énergie pour rester au chaud ;
    • Une meilleure circulation sanguine, étant donné que le froid force le cœur à pomper plus rapidement pour alimenter les organes et réchauffer les extrémités ;
    • Une réduction du stress grâce à la production d’endorphines ;
    • Une libido accrue, car l’immersion en eau froide augmente la production d’œstrogène et de testostérone, favorisant la libido, elle-même favorisant généralement une meilleure estime de soi et une humeur améliorée ;
    • Un meilleur sommeil, puisque l’eau froide stimule le système nerveux parasympathique, responsable de la réparation du corps, favorisant ainsi une sensation de détente, de calme et de contentement ;
    • Et un système immunitaire renforcé, parce que le choc thermique oblige le corps à réagir à des conditions changeantes. Résultat : le corps produit davantage de globules blancs et d’antioxydants.

 

Selon les adeptes, un des lacs préférés à proximité de Whitehorse est le lac Long. Ni trop grand, ni trop petit, il est facilement accessible et il paraîtrait même que l’eau y est un peu plus chaude. Selon Marc Champagne, si l’on est bien équipé, tous les lacs yukonnais sont praticables. Au cours de l’été 2020, il a nagé dans 27 lacs différents au territoire et ses coups de cœur vont au lac Kokanee dans le parc national de Kluane et au lac Palmer sur la route d’Atlin.


Conseils de sécurité de base avant de se lancer à l’eau

Il ne faut pas perdre de vue que, comme toute activité en extérieur, la nage en eau froide peut présenter certains risques non négligeables comme l’hypothermie, la création d’engelures ou même la noyade. Il est donc important de connaître ses limites. « Tout le monde n’a pas la même tolérance au froid, rappelle Marc Champagne. Je ne sais pas s’il y a une teneur génétique, mais la composition corporelle entre certainement en jeu. Ce n’est de toute façon pas une compétition à rester le plus longtemps dans l’eau ; il faut d’abord et avant tout être à l’écoute de son corps. »

Ne pas nager en solitaire. « Je nage toujours avec quelqu’un, insiste Valérie Girard. Si je ne trouve personne pour se mouiller avec moi, alors un ami m’accompagne. Il reste sur les berges du lac, juste au cas où il m’arriverait quelque chose. »

Être visible. Les adeptes de la natation en eau libre portent souvent un bonnet de bain très voyant et une bouée de flottaison colorée attachée à leur taille. « Sur le lac Schwatka, l’un des premiers à dégeler, on veut être vu des bateaux à moteur, explique Marc Champagne. La bouée est aussi un moyen de repérer les autres membres du groupe si on en vient à se disperser.    »

S’informer. Il est important ensuite d’être bien renseigné avant de s’aventurer dans une eau inconnue, en effectuant des recherches sur la zone, les risques sous-marins, les courants et la qualité de l’eau. Les conditions météorologiques doivent aussi être prises en compte. S’aventurer sur le lac Marsh ou le lac Atlin par grands vents est très risqué, par exemple, puisque les vagues créées y malmèneront les nageurs, même les plus expérimentés.

Rester à l’écoute de son corps. Entrer progressivement dans l’eau permet d’acclimater le corps en douceur et de prévenir un choc thermique. Il est sage d’écourter l’immersion ou de porter un équipement approprié (combinaison en néoprène, gants, bas et bonnet), si nécessaire.

La natation en eau libre est un sport accessible à toutes et à tous qui ne nécessite que peu d’investissement. La communauté yukonnaise d’adeptes de la discipline est aussi très inclusive. Les nageuses et nageurs expérimenté.e.s prennent souvent sous leurs ailes les novices pour assurer une pratique sécuritaire pour tout le monde.

À l’hiver 2021, James Paterson s’est immergé de nombreuses fois dans la piscine du lac Chadburn. Photo fournie.

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