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Mythes et réalités sur la nouvelle école secondaire francophone

Julien Latraverse

Entrevue avec Marc Champagne, directeur général de la Commission scolaire francophone du Yukon (CSFY) depuis cinq ans, pour démystifier toute question entourant la construction de la nouvelle école secondaire francophone.

Marc Champagne devant la construction de la fameuse école secondaire. Les travaux pour compléter l’établissement finiront au courant de l’été 2020.
Photo : Julien Latraverse

 

 

La construction de l’école sera terminée en 2020 : RÉALITÉ

« La construction comme telle devrait se terminer durant l’été 2020. Mais par la suite, il faudra aménager l’école, puis démarrer tous les systèmes qui sont nécessaires pour faire fonctionner le bâtiment. On n’a toujours pas confirmé une date officielle, mais on espère tôt à l’automne. »

L’école est trop grande pour le nombre d’élèves : MYTHE

« L’école est construite pour 150 élèves avec la possibilité d’agrandir, donc de rajouter une autre aile avec d’autres salles de classe. À son inauguration, on aura autour de 85 élèves. On espère que ce nombre augmentera rapidement avec toute les possibilités qui s’offriront à nous avec cet espace-là.

Il est important de mentionner la situation d’entassement à l’école Émilie-Tremblay. La capacité de l’école en configuration M-12 (maternelle à 12e année) est d’environ 250 élèves. Nous avons près de 290 élèves pour commencer cette année.

Nous avons ajouté trois portatives pour pallier ce surplus. Tous nos locaux spécialisés, comme le laboratoire informatique ou la salle de musique ont été convertis en salle de classe pour atténuer cette problématique. Malgré ça, on a dû tout de même aménager une section du corridor et un entrepôt pour accueillir nos élèves. »

L’école n’a pas encore de nom : MYTHE

« On attend encore l’approbation du gouvernement. Ne vous gênez pas pour leur écrire pour faire avancer les choses [rires]! »

C’était le seul endroit possible pour la construction de l’école : MYTHE

« Quand on a commencé à regarder la logistique du projet, la réalité, c’est qu’il y avait très peu de sites disponibles dans la ville de Whitehorse. Essentiellement, il y avait trois emplacements possibles. Il y avait la possibilité de tenter de construire sur le site de l’école Émilie-Tremblay ou on aurait pu aller à Whistle Bend (qui était à ce moment-là à ses débuts sur le plan du développement) ou ici, à côté de l’école secondaire F.-H.-Collins.

Quand on a sondé les parents, les élèves et le personnel, la préférence qui est ressortie était d’avoir un site plus central, plus proche du centre-ville. Pour le gouvernement, il y avait aussi des avantages à pouvoir partager certaines infrastructures qui existaient déjà sur le site. Par exemple, on peut partager la piste d’athlétisme et le terrain de soccer, en plus de nous offrir un accès aux installations d’atelier technique pour l’enseignement de cours comme la menuiserie ou la sculpture. »

La proximité des deux établissements pourrait créer une rivalité : MYTHE

« Notre désir avec un emplacement comme celui-là est justement de créer des possibilités de partage d’activités avec les communautés qui nous entourent. Donc, on veut créer des liens avec le programme d’immersion. Nous, on voit ça d’un œil positif. On a maintenant les moyens d’avoir toutes sortes d’activités qui enrichiront l’environnement pédagogique de nos élèves. »

L’école francophone « vole » les ressources de l’École secondaire F.-H.-Collins : MYTHE

« Il n’est pas question de voler quoi que ce soit. Nous avons eu plusieurs rencontres avec le ministère et l’administration de l’École secondaire F.-H.-Collins pour discuter du partage des espaces et nous sommes en train de finaliser une entente pour guider ce partage. Par contre, tant que nous n’aurons pas établi la programmation et les horaires pour la nouvelle école, il n’est pas possible de définir exactement ce qui se fera. On veut utiliser les périodes libres, dans l’horaire existant, pour accéder aux installations disponibles sur le site. Ce ne sont pas des espaces qui sont utilisés à temps plein. C’est la même chose pour les ateliers, ils ne sont pas utilisés à 100 %. On s’entend aussi pour dire qu’on ne partage pas le terrain avec une polyvalente de 4 000 élèves. L’École secondaire F.-H.-Collins compte environ 700 élèves, donc, c’est sûr qu’on peut adapter les horaires pour partager les installations. »

Le projet d’une nouvelle école secondaire s’est révélé plus ardu que prévu : RÉALITÉ

« La CSFY a lancé l’idée de construire une autre école en 2007. On voyait déjà la tendance démographique au Yukon et le nombre de francophones augmenter. On savait que nos écoles allaient vite manquer d’espace. Un des défis a été de naviguer sur le terrain politique. Il y a eu des changements de gouvernement et des changements au niveau des ministères à plusieurs reprises. Un des grands défis a donc été de recommencer à établir des liens chaque fois, recréer des relations et justifier encore et encore le projet. »

La communauté francophone n’a pas besoin d’une nouvelle école secondaire : MYTHE

« Actuellement, nous avons un programme d’enseignement secondaire qui n’a pas les espaces nécessaires pour offrir tous les cours au curriculum. Par exemple, nous n’avons pas d’endroit pour enseigner la menuiserie, on n’a pas de salle de musique, on n’a pas de local d’art. Choses que toutes les autres secondaires au Yukon ou à Whitehorse et ailleurs peuvent offrir à leurs élèves.

Pour nous, c’était une question d’avoir des locaux qui nous offrent une équivalence avec les autres écoles du Yukon. »

L’école permettra aux élèves de posséder un diplôme d’études secondaires bilingue : RÉALITÉ

« Oui! Ils vont suivre des cours d’anglais langue première, les mêmes cours qu’on enseignera au programme anglophone. Toutes les portes sont alors ouvertes pour étudier au postsecondaire en français ou en anglais.

Parfois, on a des familles francophones qui craignent que leurs enfants n’apprendront pas l’anglais s’ils les inscrivent à nos écoles. On offre un programme d’anglais langue première avec notre programme de français langue première. On dit toujours qu’on est le meilleur choix pour un excellent bilinguisme. »

L’école secondaire siphonne les fonds des autres établissements scolaires du Yukon : MYTHE

« J’aimerais insister sur le fait que la construction de l’école ne signifie pas qu’on est en train d’enlever quelque chose à d’autres groupes du Yukon ou de Whitehorse. Il y a un financement important qui vient du fédéral, car en tant que Canadiens, nous avons le droit à l’éducation en langue française, et nous avons le droit d’avoir des espaces équivalents pour nos élèves.

C’est un projet qui vient enrichir la communauté de Whitehorse et qui bonifie le système d’éducation yukonnais dans son ensemble. »

Toute la communauté francophone pourra profiter des installations de l’école secondaire : RÉALITÉ

« L’établissement sera un centre scolaire, mais aussi un centre communautaire. Il y aura des espaces incroyables pour nos élèves, mais surtout des espaces pour la musique, du théâtre, des rassemblements et des repas communautaires. Cette partie-là est vraiment excitante pour les Franco-Yukonnais. J’ai vraiment hâte de voir toutes les possibilités de cet espace-là se développer dans les années à venir. »

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