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Mon ami s’en va!

Mon ami s’en va!

Dernièrement, nous nous sommes réunis pour un repas de gratitude et d’au revoir avec Claude Gosselin. Je pense que tout le monde connaît Claude, notre pasteur pour la communauté francophone catholique de Whitehorse. Il y avait beaucoup de beau monde là!

Je veux partager avec vous mon bout de chemin avec lui.

Comme plusieurs de ma génération, j’ai été élevée dans la foi catholique. Cette foi me soutenait, et m’éclairait, même si je trouvais les principes quelquefois durs à comprendre. Je dois encore remercier la sagesse de mes parents, eux qui avaient cette foi, qui savaient que Dieu était surtout bon! Ce savoir me permettait d’espérer surtout dans les moments difficiles, quand je trouvais l’institution pas si inclusive que je l’aurais souhaité.

Alors j’ai grandi, avec cette foi dans mon cœur. Au cours de maints déménagements, j’ai visité bien des lieux de prière. Bien des questions se posaient toujours dans mon cœur à comprendre les vérités de l’Église.

Et puis, j’ai rencontré Claude, en pleine vente d’artisanat! Jeune homme, intéressé, passionné même, plein de bonheur et d’espoir!

J’étais curieuse, et je suis allée à son service dominical.

J’ai appris qu’il avait travaillé avec les défavorisés dans le passé. Encore plus curieuse. J’ai découvert avec plaisir que Claude engage des conversations avec ses paroissiens, des discussions sur Dieu, sur la justice sociale, les blessures que chacun et chacune d’entre nous essaient de guérir, et enfin, le plus important, le fait d’être bon envers les autres. Des conversations qui répondent aux questions de plusieurs d’entre nous.

Mon cheminement continue. Je découvre que Claude est très impliqué avec les marginalisés, les désavantagés. Il nous raconte avec grande humilité qu’il se sent privilégié d’accompagner les malades à la fin de leur vie, quelle que soit leur croyance. Il partage sa vie sans jugement, les bras ouverts à tous. Autour de lui, on ne sent ni discrimination ni exclusion. Il prête attention aux enfants, et les inclut dans les rituels.

Il a reconnecté notre communauté avec espoir, et spiritualité. Il célèbre l’Évangile là où les gens sont. Il nous apprend que cette lumière éternelle est dans cette nature que nous aimons tant, et à l’intérieur de chacun et chacune de nous.

Claude est créatif, innovateur et un être humain exceptionnel.

Quand je suis près de lui, il me donne le goût de devenir plus ouverte, plus acceptante.

Il nous laisse tellement de rituels qu’il a créés avec nous : chemin de croix autour du lac Long; collecte et bénédiction de l’eau pascale le dimanche de Pâques; bénédiction des bicyclettes au printemps; messe célébrée à Miles Canyon; retraite de silence; montée en montagne pour célébrer le solstice, et j’en passe.

Il m’a guidée vers une vie spirituelle qui m’apaise.

Peut-être que Claude représente pour moi le futur de la religion. Peut-être que c’est la religion que j’espère.

Claude a été emprunté du Diocèse de Québec pour les douze années qu’il a passées avec nous. Il est maintenant rappelé à y retourner. Même s’il a demandé à rester, même si notre communauté l’a aussi demandé.

Entre 2013 et 2014, Whitehorse aura perdu deux gros morceaux; Father Jim, et Père Claude. Drôle de coïncidence.

Alors, en revenant à mon cheminement, comment vais-je continuer ma route sans mon pasteur, mon ami? Je dois continuer à espérer que la religion qui m’a accueillie à la naissance continue à grandir, à devenir plus inclusive, avec plus d’ouverture d’esprit, et de tolérance au changement. Que les leaders aient moins peur du renouveau! Je souhaite que les gens comme Claude soient reconnus à même leurs institutions comme élément positif constructeur qui attirent les humains vers une vraie spiritualité, qui encourage l’amour, tolérance et le pardon. J’espère être capable de continuer à vivre par son exemple.

Un ami m’a sagement dit : « Pense à tous ceux et celles qui n’ont pas encore eu la chance de le rencontrer! » Autant il a raison, autant j’ai encore de la peine de son départ.

Espérons que l’Église catholique reconnaîtra l’impact que Claude a eu sur la communauté yukonaise, et qu’elle finisse par comprendre que nous sommes tous les mêmes enfants de Dieu.

Tu vas me manquer, mon ami, et je te porterai dans mon cœur à jamais. Continue de partager cette joie, ce cœur guérisseur qui est le tien.

Bonne route et surtout, merci!

Hélène Bélanger


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