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Missive : Du pays des hommes intègres à la cité du cheval blanc

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Antoine de Padou POODA

Cette chronique est présentée par le Comité francophone catholique Saint-Eugène-de-Mazenod.

Pour plus d’information sur toutes nos activités : 393-4791 ou cfcyukon@klondiker.com

Partir de chez soi, prendre le risque de s’ouvrir,

Sortir de soi pour découvrir d’autres cieux, c’est (s’) enrichir.

Emprunter le chemin de la (re)connaissance d’autrui,

Est sans nul doute une belle aventure qui construit.

Donner de son être et de son avoir sans perdre son identité,

S’initier à l’art de recevoir de l’altérité et de la diversité.

Antoine de Padou Pooda. Photo : fourmie

Antoine de Padou Pooda. Photo : fournie

 

Ce sont, entre autres, les motivations qui m’ont fait partir de Rome où je venais de boucler mon troisième cycle en missiologie avec une thèse de doctorat sur le concept du don. La première étape de mon périple m’a amené à Acton University à Grand Rapids, Michigan, où j’ai pu suivre des conférences sur la liberté religieuse et économique. Là s’est consolidée ma conviction que le véritable don a une valeur systémique et holistique, et qu’il est inconcevable sans la liberté dans l’obligation, la charité agapique et la gratuité dans la réciprocité.

L’encyclique du pape François Laudato si’, rendue publique pendant que nous étions en pleine conférence, arrivait bien à propos comme pour corroborer mon hypothèse que le don est avant tout une relation. D’où la nécessité de comprendre l’homme et la femme de nos sociétés globalisées dans la multidimensionnalité de leurs rapports horizontaux, verticaux, transversaux et environnementaux. C’est la condition sine qua non de la vie et la survie du monde et de l’espèce humaine.

Je finissais de dévorer les belles pages du document pontifical quand j’atterrissais à Whitehorse. Au propre comme au figuré, je perdais aussi le nord! L’environnement naturel aux allures sauvages avec ses imposantes montagnes, ses lacs splendides, l’aperçu des glaciers n’ont pas manqué de déboussoler l’aventurier venu du Burkina Faso, pays sahélien qui contraste fortement avec le Yukon. Je me surpris en train de fredonner le refrain de ce chant bien connu : « Que tes œuvres sont belles … ». Que l’on soit croyant ou pas, n’est-ce pas que la nature parle du surnaturel? Que l’on soit de tendance créationniste ou évolutionniste, n’est-ce pas que le monde avec sa population végétale et animale constitue un mystère qui transcende l’intelligence humaine?

Les personnes rencontrées, charmantes, accueillantes et sympathiques m’ont confirmé que nous partageons tous la même humanité, socialité et dignité, tant et si bien que mon séjour yukonnais fut chaleureux. En tout état de cause, je suis reparti du Yukon plus convaincu que :

La convivialité consiste à faire de nos diversités des sources d’enrichissement.

En évitant que nos différences se transforment en différends.

Il n’y a aucun progrès authentique qui ne s’enracine dans une culture.

Tout développement durable se base sur la préservation de la nature.

Amitiés  et gratitude à vous, chers et fiers Yukonnais!

Je vous porte dans mon cœur depuis que je vous connais.

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