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Mille porte-traits pour se souvenir

Julien Latraverse

Le photographe Alistair Maitland souhaite immortaliser les différentes réalités chamboulées grâce à une série de porte-traits.

Christopher Madden et Maude Craig-Duchesne, photographiés par Alistair Maitland dans le cadre de sa série de Porte-traits.

 

Prendre en photo mille visages, mille porte-traits et mille réalités différentes de Whitehorse jusqu’au lac Laberge est une mission titanesque, mais pour Alistair Maitland, c’est un devoir. Le photographe professionnel désire immortaliser les impacts de la COVID-19 au Yukon, un cliché à la fois.

Les porte-traits, désigné comme un mot-valise de porte et portrait est une tendance photographique née des mesures de distanciation sociale et de confinement. Des portraits individuels ou de groupe sont capturés au pas de la porte ou à travers les vitres des maisons par le photographe. Une façon simple, mais efficace de « donner le sourire » en toute sécurité, souligne Alistair Maitland, un nouvel adepte de cette pratique qui gagne en popularité à travers le monde.

Un devoir d’histoire

Le photographe professionnel depuis 2011 souhaite cependant développer cette initiative un peu plus loin pour combiner sa passion pour les portraits à sa passion de documentation de l’Histoire. « C’est important d’être présent selon moi pour l’héritage de Whitehorse », expose d’entrée de jeu Alistair Maitland. Que ce soit à travers des portraits, des photos de mariage ou d’un concert, l’ancien photojournaliste indépendant se fait un devoir d’être là pour immortaliser ce brin de souvenir, « comme la signature [du plan d’aménagement final] de la rivière Peel », ajoute-t-il. Les bouleversements reliés à la COVID-19 sont des raison de plus pour lui de « tout documenter ».

L’idée de capturer 1 000 porte-traits a tranquillement fait son chemin chez Alistair Maitland. « J’ai perdu tous mes contrats, et c’était une façon de me faire un peu d’argent et de sortir les gens de l’isolement », soutient-il. À force de se rapprocher de ses sujets, et par le fait même de leur réalité, Alistair Maitland a saisi l’ampleur sociale de cette crise. « J’ai vu des aînés qui craignaient de ne pas avoir assez d’argent pour acheter de la nourriture ou payer leur loyer », témoigne-t-il. « Ça m’a vraiment ouvert les yeux sur les différentes réalités des gens », révèle-t-il humblement. De ce fait, ce projet a pris un nouveau sens chez le photographe. Il s’agit de « tout documenter pour l’histoire du Yukon et de Whitehorse », mais aussi pour démontrer « à tous les niveaux » les changements produits par la pandémie.

Une tâche colossale, mais nécessaire

L’effort nécessaire à la production de ces 1 000 porte-traits n’est pas négligeable. « Je doute même honnêtement que ça soit réalisable », reconnaît Alistair Maitland. C’est pourtant un moyen pour lui de se trouver un sens pendant cette crise. « J’ai un besoin de connecter avec les gens», affirme M. Maitland.

Le photographe commence déjà à élaborer un moyen d’exposer ses porte-traits. Dans un premier temps en ligne, mais après, avec d’autres photographes d’ici ou ailleurs afin de tisser une fresque contemporaine de la vie à l’ère de la COVID-19, car « tout le monde conjugue avec cette pandémie ».

Alistair Maitland invite quiconque voulant participer à son projet à visiter son site Internet pour réserver un rendez-vous avec lui.

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