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Mettons les bouchées doubles

Julie Gillet

Voilà des mois, des semaines que nous pensons toutes et tous à la même chose. Que le même sujet revient inlassablement sur toutes les lèvres, que ce soit à la maison, en réunion sur Zoom ou lors de nos promenades de fin de semaine. Des mois que nous sommes obnubilés par une même idée fixe. Une même pensée, une même question qui nous fait oublier toutes les autres : qu’allons-nous bien manger ce soir? Car s’il y a bien une chose que la distanciation physique et le confinement nous ont appris, c’est qu’en matière de gourmandise et de plaisirs gustatifs, l’être humain débordera toujours de ressources et de créativité.

Photo : pixabay

 

La fermeture des restaurants et des bars a poussé nombre d’entre nous à retrouver le chemin de la cuisine, bon gré mal gré. Durant ces longues semaines, qui n’a pas tenté de réaliser un nouveau plat, un peu pour échapper à l’ennui, beaucoup pour calmer l’angoisse à coups de calories? Qui n’a pas caressé l’idée de fabriquer son propre pain? De commencer un potager? De se mettre à la pâtisserie? Les recettes se sont échangées, les liens se sont tissés, les goûts retrouvés.

Cerise sur le gâteau de notre gourmandise : la saison de la cueillette des morilles a débuté. À nous les délicieux champignons pour agrémenter nos expériences culinaires plus ou moins réussies! Et puis, les centres sportifs et récréatifs ont amorcé leur réouverture. Pourquoi se priver? Ce serait dangereux de ne pas reprendre des forces avant de nous remettre à transpirer, à courir partout et à danser. Bien s’alimenter, c’est la base d’une bonne santé : ce sont les experts et expertes du rapport La population d’abord qui l’ont dit!

Mais si beaucoup d’entre nous ont fait rimer confinement et gourmand, d’autres n’ont pas eu cette chance. Certaines et certains ont tout simplement perdu l’appétit, sous le poids du stress ou de la maladie. Plusieurs, voyant leur emploi s’envoler, leurs revenus diminuer, n’ont eu d’autres recours que de faire appel aux banques alimentaires. Si notre communauté a su se montrer soudée pour leur venir en aide, n’oublions pas cette réalité amère et poursuivons nos efforts pour construire une société plus juste, plus solidaire. Profitons de cette période mouvementée pour poser les bases d’un monde meilleur, pour repenser nos habitudes et tirer les leçons de nos échecs. Les événements tragiques qui se sont déroulés aux États-Unis et à Toronto dernièrement nous rappellent l’importance de nous insurger contre les injustices, contre le racisme et la violence.

Aujourd’hui, alors que le monde entier tente de retrouver un semblant de normalité, n’oublions pas de garder nos esprits ouverts. Ne nous replions pas sur nous-mêmes. La curiosité est la gourmandise de l’esprit, dit le proverbe. Cultivons cette belle qualité. Nourrissons-nous de nos découvertes et gardons intacte notre soif d’apprendre. Continuons d’agir, d’informer et de nous éduquer constamment face aux inégalités de notre société. Bâtissons ensemble une francophonie plurielle, riche de sa diversité.

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