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Manifestation contre les coupes à Radio-Canada

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Pierre-Luc Lafrance

Le dimanche 23 novembre, environ 75 personnes se sont réunies au parc Shipyards à Whitehorse dans le cadre d’une manifestation pour la survie de Radio-Canada et de CBC. Plus de la moitié des gens présents étaient francophones (on estime qu’il y en avait autour de 45). Parmi eux, Annie Pellicano, l’instigatrice de l’événement.

Les manifestants sont partis du parc Shipyard pour se rendre à l’édifice Elijah Smith. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Les manifestants sont partis du parc Shipyard pour se rendre à l’édifice Elijah Smith. Photo : Pierre-Luc Lafrance.

Elle-même n’a pris part au débat que tardivement. En fait, tout s’est passé le dimanche précédant lors de la grande manifestation à Montréal. « Ma mère m’a réveillée à 7 h 15. Elle était fébrile et m’a dit qu’elle allait à la marche. Je ne savais même pas que ça avait lieu. Après avoir raccroché, je me suis mise à lire sur le sujet. Sur mon fil Facebook, je voyais des photos, des articles. Alors, l’idée a germé. Le délai était trop court pour marcher en même temps, mais dès le lendemain j’étais dans l’organisation de l’événement. »

Elle a communiqué par Facebook avec les gens de Radio-Canada, j’y tiens/CBC, I care et elle a eu beaucoup d’appui de la part de Jeanne Choquette et du syndicat de Montréal qui lui a envoyé du matériel.

Mme Pellicano a été chroniqueuse pendant un an et demi à Radio-Canada en 2007-2008, mais elle n’a aucun lien d’emploi avec le diffuseur à l’heure actuelle. Elle voit toutefois dans cette histoire une cause pour laquelle elle est prête à se battre. « En une semaine, on a réuni 75 personnes, alors je vois que je ne suis pas la seule à vouloir me battre pour ça. »

Pour elle, Radio-Canada est synonyme de qualité d’information, de rigueur journalistique, d’enquêtes et de grands reportages. « On peut leur faire confiance. Ils n’appartiennent pas à un groupe privé. De plus, ils offrent une place à la culture et à l’information régionale. En ce moment, on a une seule journaliste dans le Nord et on y tient. Si on ne fait rien, ça pourrait être quelque chose qui disparaît. »

Elle conçoit toutefois qu’il y a plusieurs questions à se poser et que le système de financement est à revoir. « J’ai vécu en Écosse et là-bas, ils ont un système de redevances pour la BBC et ça fonctionne. Est-ce qu’on devrait faire la même chose ici? Est-ce qu’on devrait les imiter? Y aller avec un système mixte avec une partie en redevances et une partie venant des taxes? La question mérite d’être posée. À la fin 2015, le financement de notre télévision nationale sera de 29 $ par habitant, ce qui est bien en bas de la moyenne qui est de 84 $. »

Mme Pellicano ne compte pas s’arrêter là. Elle aimerait fonder un chapitre local pour aider à pousser le débat, entre autres, en diffusant des documents comme le Livre blanc sur l’avenir de CBC/Radio-Canada.

De multiples voix

Quand les gens se sont mis en marche vers les bureaux du député Ryan Leef, on entendait autant « CBC, I care » que « Radio-Canada, j’y tiens, j’y crois ». Les manifestants se sont ensuite rendus jusqu’aux bureaux de CBC/Radio-Canada près de la rue Main avant de terminer leur parcours à l’édifice Elijah Smith.

Sur place, plusieurs intervenants ont pris la parole. La députée de Takhini-Kopper King, Kate White, a rappelé aux gens présents l’importance de se manifester, d’écrire des courriels et des lettres pour faire valoir leurs préoccupations. Michael Dougherty, professeur de sciences politiques au Collège du Yukon a souligné que nous vivons dans un monde en plein changement et que ce mouvement entraîne son lot de défis. Par contre, il estime que nous avons besoin d’un endroit pour débattre et parler des sujets qui relèvent du bien commun. Pour lui, cet endroit est CBC.

Philippe LeBlond a témoigné de l’importance de Radio-Canada pour les gens de l’Ouest et du Nord. « J’ai grandi en Colombie-Britannique et ça a toujours été un plaisir d’écouter Radio-Canada. Je suis fier de parler français, et il ne faut pas oublier qu’on ne parle pas cette langue dans une partie de notre pays. »

Des employés et ex-employés de CBC/Radio-Canada ont aussi pris la parole. L’animateur Dave White a rappelé le problème éthique des employés de CBC devant ses coupes. La plupart sont journalistes et ne veulent pas faire du financement une question politique, surtout avec les élections qui s’annoncent sous peu. Cheryl Kawaja a rappelé que la société d’État est appelée à changer, elle invite donc les gens à se questionner. « Qu’est-ce que ça va devenir? À vous de nous le dire. Il y a un seul journaliste dans le Nord en ce moment. Si vous voulez le garder, vous devez le dire. Vous devez écrire des lettres, des emails pour exprimer votre opinion. »

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