Accueil » À la une » Lynda Dickson est élue cheffe de la Première Nation de Carcross-Tagish

Lynda Dickson est élue cheffe de la Première Nation de Carcross-Tagish

Nelly Guidici

Des élections anticipées ont eu lieu au mois de juillet dernier afin de désigner un nouveau dirigeant à la suite de la suspension d’Andy Carvill qui fait face à des allégations de harcèlement sexuel.

Lynda Dickson a été élue cheffe de la Première Nation de Carcross-Tagish le 15 juillet 2019 avec 39,67 % des voix.
Photo : Christle Moulton

 

Le 15 juillet 2019, les citoyens de la Première Nation de Carcross-Tagish se sont rendus aux urnes afin de désigner leur nouveau chef. Avec 39,67 % des voix, Mme Lynda Dickson devance de 34 voix Mme Maria Benoit. Les trois autres candidats ont quant à eux obtenu moins de 18 % des suffrages. Membre du clan Ishkahittan (clan de la grenouille), Mme Dickson est employée au département des finances de la Première Nation depuis 2007 et a été membre du conseil exécutif de 2009 à 2014. Très impliquée dans la vie communautaire, elle a également participé à de nombreux ateliers de couture traditionnelle. Élue pour un mandat de dix mois, elle ne sait cependant pas si elle se représentera à la prochaine élection. « Il est encore trop tôt pour le dire, mais il y a beaucoup de changements à faire et dix mois, ce n’est pas suffisant », indique-t-elle lors d’une entrevue.

L’objectif de la guérison

L’école résidentielle Chootla de Carcross a causé de nombreux traumatismes à ses résidents. Construite en 1901 et géré par la mission anglicane, 161 élèves étaient pris en charge par l’établissement pendant l’année 1962. Fermé le 30 juin 1969, le gouvernement du Yukon a pris possession du bâtiment qui aujourd’hui a été détruit. Mme Dickson estime que le nettoyage du site par les membres de la communauté n’est que le début d’un long processus de guérison. En effet, même si ce projet n’en est qu’à une étape préliminaire et que des consultations avec le conseil des aînés doivent être organisées, la cheffe souhaite qu’un centre de guérison soit construit sur le site du pensionnat. « Nous avons besoin de nous réapproprier notre culture à l’endroit même où nous l’avons perdue », croit-elle. Ce projet lié à la guérison à la suite du traumatisme, transmis de génération en génération, est l’une de ses priorités. Le choc de la perte d’identité autochtone et ses conséquences sont encore très perceptibles parmi les membres de la communauté, y compris chez les jeunes. En guise d’exemple, elle cite la cérémonie de mise à l’eau d’un canoë traditionnel Dugout sculpté de façon traditionnelle par le maître-sculpteur Wayne Price originaire de Haines en Alaska et de jeunes sculpteurs de la communauté. « Nous avons fait une cérémonie de mise à l’eau du canoë sur le lac Nares le 7 août 2019. Beaucoup de jeunes impliqués dans le projet ont ressenti une grande émotion, ceci montre bien que nous sommes sur la voie de la guérison, mais ce n’est que le début. »

Un canoë traditionnel Dugout, sculpté de façon traditionnelle par le maître-sculpteur Wayne Price, a été mis à l’eau le 7 août dernier. On voit ici le travail fait à l’aide
de vapeur.
Photo : Page Facebook de Care about Carcross

 

Des logements pour tous

Le problème du logement est aussi l’une des priorités de Mme Dickson. « Construire des maisons n’est pas nécessairement la solution, car nous souhaitons avoir des citoyens qui sont capables de répondre à leurs propres besoins. » Même si ce projet est également au stade préliminaire, la cheffe souhaite développer un programme de formation et d’aide à l’emploi qui sera « bénéfique, car ils [les participants] auront des objectifs et seront indépendants. »
Fière représentante de son peuple, Mme Dickson qui plaide pour davantage de communication et de transparence se fait la porte-parole des siens, car « ma voix est votre voix », conclut-elle à l’attention des siens.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *