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Lombricompostage, deuxième partie : entretien, récolte et utilisation

Charles De Maisonneuve (Agricom)

Dans l’article précédent, la fabrication d’une « vermicaisse » et le démarrage d’un lombricompostage ont été présentés. Pour la deuxième partie, l’entretien, la récolte et l’utilisation du fumier de vers seront expliqués.

L’utilisation des vers et des déchets de table fait du lombricompost un matériel très riche en éléments nutritifs, en vitamines et en microbes bénéfiques.
Photo : Flickr

 

Entretien

Comme il a été mentionné, les déchets de table sont incorporés successivement dans les différentes parties de la litière. Il est important de bien couvrir la nourriture des vers pour éviter la multiplication des « mouches à fruits ». Il est possible d’ajouter du carton et du papier ou de couvrir la surface avec quelques feuilles entières de papier journal humide s’il n’y a pas assez de litière.

Un deuxième facteur à surveiller est le taux d’humidité qui doit être maintenu autour de 85 %. Si la litière s’assèche, on peut l’humidifier en vaporisant la surface ou en ajoutant des déchets humides. Elle peut toutefois devenir trop humide. Il est alors recommandé d’incorporer du carton sec, d’ouvrir le couvert quelques heures et/ou de retarder l’apport de nourriture durant quelques jours.

On devrait maintenir la température entre 15oC et 25oC et idéalement à 20oC. Le pH devrait se situer entre 6,5 et 8,0. Pour éviter l’acidification, il est suggéré d’ajouter aux deux à trois semaines 15 ml d’écailles d’œufs broyées. Un environnement ombragé est recommandé plutôt qu’une exposition au plein soleil. Il faut favoriser un milieu sans vibration et musique forte. Les vers associent ces facteurs à des prédateurs, ce qui les empêchent d’être à l’aise.

Récolte

La récolte peut débuter lorsque toute la litière a été transformée en un matériel qui ressemble à de la terre noire. Il se peut qu’il reste quelques morceaux de litière, mais ceux-ci seront écartés lors de la récolte. D’ailleurs, il est recommandé de priver les vers de nourriture deux à trois semaines avant la récolte afin de s’assurer qu’il n’y a plus de déchets de table.

L’objectif est de séparer les vers du compost en se basant sur leur attirance pour les déchets de table et l’effet répulsif de la lumière. Une technique rapide pour récupérer le compost consiste à faire des petites piles de matière que l’on expose à la lumière vive. Toutes les trois ou quatre heures, on y récupère la partie supérieure qui est exempte de vers.

Une autre façon de procéder est de séparer le « vermicomposteur » en deux parts. On rassemble le compost dans une portion et on met de la nouvelle litière avec des déchets de table dans l’autre. Deux semaines plus tard, les vers auront migré dans la nouvelle litière. En général, 500 grammes de vers sont suffisants pour une production, mais puisque les vers se multiplient, il peut y avoir une surpopulation. L’excédent de vers devrait donc être retiré et être utilisé pour d’autres bacs.

Utilisation

Les caractéristiques d’un compost dépendent des intrants utilisés. En ce qui a trait au lombricompostage, l’utilisation des vers et des déchets de table en fait un matériel très riche en éléments nutritifs, en vitamines et en microbes bénéfiques. Il contient aussi des colles organiques qui ont un effet temporaire sur la formation des agrégats du sol. Grâce à ses qualités, ce type de compost est utilisé comme un engrais naturel contrairement à un compost fabriqué à partir de copeaux de bois. Celui-ci servira par exemple à améliorer la structure des sols à long terme puisqu’il est plutôt pauvre en nutriments.

Pour éviter les brûlures, il ne faut pas dépasser 10 % du volume de lombricompostage dans un mélange de substrat de croissance. Par sécurité dans mon usage personnel, je réduis de moitié le taux d’application en surface d’un compost de vers par rapport aux quantités recommandées de compost vendu en jardinerie. Cela peut cependant varier selon les plantes. L’application peut se faire aux quatre à six semaines selon les espèces, car cette matière se dégrade assez rapidement.

Conclusion

La fabrication de fumier de vers est plus compliquée que le compost extérieur, car il faut introduire des vers et la préparation de la litière demande un peu plus de connaissances. Il y a également plus de restrictions au niveau des déchets de table. Cependant, il a été démontré, par une recherche faite au Canada, que les plantes poussent mieux avec un apport en compost de vers plutôt qu’un compost normal fait avec les mêmes intrants (fumier animal). Néanmoins, le processus de compostage traditionnel permet plus facilement de fabriquer de grandes quantités et différents types de composts alors que c’est plutôt limité lorsqu’on utilise les vers. Bref, le compost traditionnel devrait demeurer le centre de transformation de votre matériel végétal et le lombricompostage devrait être considéré comme un produit d’appoint.

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