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L’importation de bonnes idées pour les services en français pour les aînés

Ericka Muzzo – La voix acadienne

Une délégation du Yukon a volé jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard la semaine dernière, afin de visiter quelques foyers de soins de longue durée offrant des services en français. Quelque cinq ans après l’instauration de projets pilotes d’ailes bilingues, le modèle a fait ses preuves et porté ses fruits.

De gauche à droite, Chanhoi Kim (YK), Sandra St-Laurent (YK), Régis St-Pierre (YK), Rachel Milligan (assistante administrative au foyer Summerset), Élise Arsenault (directrice du RSFÎPÉ), Karine Gallant (directrice adjointe du RSFÎPÉ) et Gayle Lamont (directrice du foyer Summerset).
Photo : La voix acadienne

 

Les trois membres du réseau de la santé yukonnais ont eu la chance de se rendre au foyer Beach Grove de Charlottetown, au foyer Summerset de Summerside ainsi qu’au Chez-Nous de Wellington, en plus de profiter d’un souper typiquement prince-édouardien au Lobster Shack à Gilles, à Mont-Carmel.

Sandra St-Laurent est la directrice du Partenariat communauté en santé (PCS), l’équivalent yukonnais du Réseau santé en français de l’Î.-P.-É. (RSFÎPÉ). Elle s’est dite infiniment inspirée et impressionnée par ce qu’elle a vu lors de ces visites.

« Vous avez tellement de beaux modèles! On prendrait tout en photo, on enregistrerait tout. L’engagement de la communauté, l’implication du gouvernement de façon réelle pour mettre des mesures en place et outiller les gestionnaires et les employés à travailler en français, la valorisation de la langue, c’est fantastique », se réjouit-elle.

Les deux autres membres de la délégation étaient Régis St-Pierre, le président du PCS, ainsi que Chanhoi Kim, gestionnaire d’un foyer de longue durée au Yukon et représentant du gouvernement yukonnais.

Si près et si loin à la fois

Le Yukon n’a rien d’une île, et pourtant les défis y sont similaires à ceux de l’Î.-P.-É. sur le plan des services francophones offerts aux aînés. « On est à un point au Yukon où la démographie change. Plutôt que les aînés partent à l’extérieur pour prendre leur retraite, ce sont les jeunes travailleurs qui font venir leurs parents pour qu’ils prennent leur retraite au Yukon. C’est dû, entre autres, à une amélioration des services qui fait qu’au lieu de sortir du Yukon pour chercher des services de santé, ils peuvent y rester », constate Sandra St-Laurent.

Cette bonne nouvelle engrange toutefois des défis supplémentaires pour la population francophone. C’est en vue d’y remédier que les trois délégués du Yukon se sont rendus à l’autre bout du pays.

« Ici, c’est reconnu comme une meilleure pratique par Santé Canada, et on ira aussi au Manitoba à la fin de la semaine pour voir différents modèles et ce qu’on peut rapporter. Notre territoire a beaucoup de similitudes avec le vôtre, même si ce n’est pas une île, en raison de l’isolement. On a des défis similaires et de belles occasions aussi, et une volonté de faire la différence par notre communauté très engagée », explique encore Sandra St-Laurent.

Un modèle exceptionnel

La directrice note qu’il peut être difficile, dans les milieux minoritaires, de justifier la présence de services francophones pour un petit nombre. « Ce n’est toutefois pas une raison pour ne pas les offrir. Les francophones ne sont pas des citoyens de deuxième ordre », prévient-elle.

C’est pourquoi l’Île fait figure de modèle en ayant investi dans des ailes bilingues, dont celle du foyer Summerset, qui compte 26 chambres. Chaque année, des efforts sont mis pour recruter davantage de personnel bilingue et favoriser l’offre active de services en français. Dans l’aile bilingue, tout est traduit, jusqu’au menu du souper!

Sandra St-Laurent a d’ailleurs quelques exemples concrets en tête à rapporter au Yukon. « Les vitrines culturelles pour chaque résident, les petits mots croisés avec des mots qui sont significatifs pour eux, l’inclusion des Cafés de Paris pour aider le personnel et les résidents à maintenir leur français et à être capables de communiquer! Les professionnels de la santé vont dans ce domaine-là parce qu’ils veulent aider les gens, et le faire dans leur langue maternelle, c’est encore offrir un meilleur service », constate-t-elle.

À ses yeux, le secret derrière les réussites de l’Île se trouve dans la collaboration, une mise en commun des efforts et une vision à long terme. « Tout ça n’est pas accidentel, c’est planifié et c’est cette vision-là qu’on veut rapporter chez nous, de travailler ensemble. Il y a des défis, dont le recrutement, mais on peut tout faire quand on est créatif et qu’on pense à long terme », estime-t-elle.

Mise en contexte

Entre 2011 et 2013, la Société Santé en français, en collaboration avec le Réseau Santé en français Î.-P.-É. et Santé en français (Manitoba), a appuyé deux projets pilotes : l’un à Winnipeg dans les quartiers de Saint-Boniface et Saint-Vital, au Manitoba, et l’autre à Summerside, à l’Île-du-Prince-Édouard.

Les deux projets visaient à améliorer l’accès des aînés francophones à des services de santé en français à partir des ressources actuelles du système de santé. Alors que le projet de Winnipeg était d’ordre systémique, s’appliquant à l’ensemble des services de santé dans un territoire donné, le projet de Summerside concernait les soins de longue durée prodigués au Foyer Summerset. (Source : Société Santé en français)

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