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L’humanité vit désormais à crédit

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Thibaut Rondel

Le 2 août, l’humanité aura théoriquement consommé la totalité des ressources naturelles que la Terre peut produire en une année. À compter d’aujourd’hui, pour boire, manger, nous chauffer, nous vêtir ou nous déplacer, nous devrons désormais surexploiter des écosystèmes déjà mis à rude épreuve par les activités humaines.

Ce « jour du dépassement de la Terre » (Earth overshoot day) est calculé chaque année par l’Institut de recherche Global Footprint Network (GFN). Cette organisation indépendante établit un rapport entre l’empreinte écologique de l’homme et la biocapacité de la Terre, c’est-à-dire sa capacité à reconstituer ses ressources naturelles et à absorber les déchets découlant de leur consommation.

Alors que la date fatidique tombait un 24 décembre en 1971 (selon la méthode de calcul de 2017), le point de non-retour était atteint un 5 novembre en 1980 et un 13 octobre en 1990. En 2000, le jour tant redouté était fixé au 25 septembre. Un 14 août dix ans plus tard.

Pour subvenir à nos besoins, nous avons donc aujourd’hui besoin de l’équivalent de 1,7 planète, précise GFN. En tête du classement des mauvais élèves, parmi les grands pays se trouvent, l’Australie, le Canada et les États-Unis. Si l’humanité vivait à leur rythme, il lui faudrait respectivement 5,2, 5,1 et 5 Terres pour subvenir à ses besoins. À l’opposé, il ne faudrait à l’humanité que 0,6 Terre si son mode de vie était calqué sur celui d’un Indien.

L'élevage intensif est en grande partie responsable des dommages infligés à la planète. Photo : Pixabay

L’élevage intensif est en grande partie responsable des dommages infligés à la planète. Photo : Pixabay


Le coût de cette surconsommation est déjà visible, souligne GFN : pénuries en eau (l’élevage consomme à lui seul 45 % de toute l’eau destinée à la production d’aliments), désertification, érosion des sols, chute de la productivité agricole (pour obtenir une calorie de viande de bœuf par élevage intensif, il faut de 8 à 26 calories d’aliments végétaux qui auraient pu êtres consommés directement par l’homme) et des stocks de poissons (un quart de la production mondiale de poisson est transformée en farine de poisson pour l’alimentation des bovins, des porcins et des volailles), déforestation (selon la FAO, l’élevage est responsable de près de 70 % de la déforestation actuelle), ou encore disparition des espèces (selon un rapport du Fonds mondial pour la nature publié en 2016, les populations de vertébrés ont chuté de 58 % entre 1970 et 2012).

Comme l’explique le journal L’Express, la méthode de calcul utilisée montre toutefois des limites. En effet, GFN ne raisonne pas en termes de quantité de produits consommés, mais en termes de surface nécessaire à leur production. Elle compare ainsi les hectares dont l’homme a besoin pour satisfaire son niveau de consommation à la surface terrestre maximale disponible pour produire et recycler ces matériaux.

Quand l’ONG calcule la surface utilisée par l’homme, elle englobe également la surface requise pour recycler les déchets induits par cette production. Parmi eux, le CO2 est lui aussi artificiellement converti en hectares. Enfin, l’étude ne tient pas compte de l’épuisement des sous-sols et ne comptabilise pas directement la consommation d’eau, peut-on lire dans le quotidien Le Monde. Bien que la méthode de calcul soit contestable, elle n’en reste pas moins un excellent indicateur de l’impact scandaleux des activités humaines sur l’écosystème de notre planète.

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