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L’expérience nécessaire, suivant Gorellaume

Maryne Dumaine

Il a fait des expositions, des murales, des décors de scène, des tatouages et des sculptures sur toutes sortes de matières. Il a peint sur des véhicules, sur les murs de Paris, de Marseille et de nombreuses autres villes et a même sculpté des crânes humains. Gorellaume est un artiste visuel multidisciplinaire, venu de France et installé au Yukon depuis quelques années.

Gorellaume a participé à plusieurs événements multidisciplinaires. On le voit sur cette photo lors du festival (S)hiver à Dawson
Photo : fournie

 

Son site Web necessaryexperience.net présente admirablement l’étendue de son œuvre : illustrations pour des étiquettes de bières, foulards, affiches de concerts rock, électroniques ou métal, murales, couvertures d’albums de musique aux styles tout aussi variés… Gorellaume est un artiste touche-à-tout et plein de talent.

Parcours d’immigrant

Guillaume Riocreux (de son identité civile) est arrivé au Yukon en 2017. « Nous avions visité le Canada avec ma copine il y a 12 ans, et le Yukon nous avait beaucoup plu ». Sa conjointe, c’est la calligraphe Naomi Collins, qui œuvre sous le nom de FMR. L’attitude « différente » des gens et la beauté des paysages semblent avoir compté parmi les éléments qui ont inspiré le couple d’artistes à s’installer au Yukon.

« Il y a un truc au Yukon qui est un peu magnétique… quelque chose d’un peu particulier », dit-il, songeur.

Pour le moment, Guillaume Riocreux n’est pas encore citoyen canadien, mais il y pense. « C’est parfois frustrant de ne pas avoir son mot à dire… Et je pense que devenir citoyen me faciliterait la vie au quotidien », explique-t-il rapidement. « Oui, je me vois bien avec une double nationalité. »

L’art dans ses valises

Toute personne qui arrive au Yukon a des compétences spécifiques qu’elle pourra offrir à la communauté. Pour lui, dans son bagage, il y avait Gorellaume. Ce nom d’artiste qu’il porte depuis l’âge de 17 ans, et qu’il a su faire connaître ici.

De fil en aiguille, il rencontre d’autres artistes, se fait connaître dans la communauté, s’inscrit au programme Artistes dans les écoles et obtient des contrats. Certains sont « vraiment l’fun », affirme l’artiste, en citant notamment celui dont il est probablement le plus fier (au Yukon) : la collaboration avec Michel Gignac dans le centre Northlight Innovation. À travers le parcours d’animaux yukonnais, leurs comportements, émotions et attitudes, les deux artistes ont illustré à leur manière le processus entre le déclenchement d’une idée et sa concrétisation.

Pour Gorellaume, ce projet était intéressant par le fait même qu’il s’agissait d’une collaboration. « Quand je vivais à Paris, mon loisir c’était d’aller faire des murales dans la rue », explique-t-il. « Ça se fait souvent avec d’autres personnes. Tu passes un bon moment à plusieurs, mais en plus, il y a le “challenge” que ça tienne la route, que ce soit pas juste une “merdouille” sur un mur ».

Travailler, créer, toucher à tous les médiums, collaborer avec des personnes qui l’inspirent, apprendre et partager. Il semble que ce soit cela, « l’expérience nécessaire » de Gorellaume, que l’on peut découvrir sur son site : necesssaryexperience.net.

Une griffe ancrée dans le paysage yukonnais

Gorellaume a déjà laissé sa griffe dans le patrimoine yukonnais, notamment en tant qu’illustrateur de l’affiche de la Yukon Quest, en 2018.

Plus récemment encore, il a accepté une commande assez remarquable de la part de la Première Nation Kwanlin Dün. « J’ai été honoré d’avoir été contacté », dit-il avant tout. « La personne avait vu les animaux au NorthLight Innovation. Elle a ressenti qu’il y avait une attitude, une émotion derrière le dessin de l’animal ». Cette personne lui a donc demandé de représenter les deux clans principaux du Yukon à travers deux dessins « Elle m’a renseigné sur les responsabilités et les attributs qui sont associés à chaque clan, le loup et la corneille, et j’ai essayé de faire ressortir ce qu’elle m’a expliqué ». Les dessins ont ensuite été imprimés sur des T-shirts offerts aux enfants desdits clans. C’est ainsi qu’il a participé à un projet de renforcement de la fierté identitaire chez les jeunes des Premières Nations du Yukon.

Le statut d’artiste au Yukon

Gorellaume peut difficilement répondre à la question « est-il plus facile de vivre de l’art au Yukon qu’en France? », car c’est encore un milieu qu’il découvre. Il affirme cependant que selon lui, « il y a nettement plus d’opportunités pour les artistes au Yukon ».

Tout en se sachant de nature très critique, il déplore « une certaine autocensure » au Canada, que beaucoup d’artistes semblent adopter pour éviter de choquer le public. Grandement inspiré par des courants aux tendances anarchiques, décalées, voire punk, en France, Gorellaume partage sur son site quelques œuvres non censurées qui n’ont pas peur du regard du public.

Pour le moment, le Yukon n’est pas remis en question dans son discours. Cependant, difficile de savoir à quoi s’attendre pour la suite. Il mentionne une envie de reprendre l’apprentissage du tatouage, s’il trouve un mentor. Pour ce qui est des projets artistiques, il est disponible, que ce soit pour des commandes ou pour des ateliers. En ce moment, il travaille sur un projet pour l’École secondaire de Porter Creek.

Illustration réalisée pour la bière Superbia (Brasserie la Débauche) en 2018
Photo : fournie

Pour plus de renseignements, visitez le site Web ou la page Facebook de Gorellaume.

Ce publireportage a été réalisé grâce à la contribution financière d’Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.

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