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Lever le voile sur les cas de disparition d’enfants dans les écoles résidentielles canadiennes

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Nelly Guidici

Alex Maass, archéologue de formation, est à la tête du projet des Enfants disparus (Missing Children Project) depuis le mois de juillet 2009. Ce projet qui a été initié par la Commission de vérité et de réconciliation a pour but de faire la lumière sur les disparitions d’enfants autochtones lors de leur passage en école résidentielle. Gérés par différentes Églises, ces établissements ont été mis en place par le gouvernement fédéral canadien dans les années 1870 afin d’immerger les enfants autochtones dans les valeurs de la société blanche canadienne. Dans tout le pays, plus de 150 000 enfants métis, inuits et des Premières nations ont fréquenté ces écoles jusque dans les années 1980.

 Des chiffres réels et confirmés

Mme Maass travaille à partir des documents d’archives fournis par les Églises responsables des établissements, mais aussi ceux fournis par le gouvernement fédéral. Depuis le début du projet, elle a consulté plus d’un million de documents couvrant les écoles dans tout le Canada.

En février 2012, l’Église unie et l’Église anglicane du Canada ont fourni une liste dénombrant respectivement 316 et 118 décès d’élèves. Les noms présentés ont été ajoutés à ceux déjà répertoriés. L’étude de ces documents a permis de mettre en relief 3 000 décès d’enfants à travers tout le pays, dont 300 dans les écoles du Nord du Canada. Mme Maass précise : « Ce sont des chiffres réels et confirmés. »

45 décès au Yukon

Au Yukon, il y avait cinq écoles résidentielles situées à Shingle Point au bord de la mer de Beaufort, Dawson (St Paul Hostel), Carcross (Chooutla School) et Whitehorse (St Agnes Hostel et la Mission baptiste). Quarante-cinq élèves ont perdu la vie lors de leur passage dans les écoles du territoire. La cause principale de décès était la maladie. En effet, à partir de 1910 et pendant plusieurs décennies, la tuberculose faisait des ravages, car les enfants atteints n’étaient pas isolés des autres. Mme Maas explique : « Les écoles étaient un lieu particulièrement propice à la transmission de la tuberculose. Les dortoirs servaient d’incubateurs. »

Les autres causes sont liées aux accidents (noyade), incendies, suicides et fugues. « Des enfants sont morts lors de leur tentative de retour à la maison. Les fugues étaient habituelles », rappelle la chef du projet.

« De nombreux sites d’inhumation doivent encore être localisés »

Lorsqu’un enfant décédait, le corps n’était jamais rendu aux familles qui n’étaient prévenues que plusieurs mois après. Toutes les écoles avaient un cimetière attenant au bâtiment où les corps étaient inhumés, souvent sans identification au sol. L’un des objectifs du projet est d’identifier l’emplacement de cimetières et de sites d’inhumation. En plus des archives, Mme Maass se base sur des photos d’époque et sur les témoignages des survivants afin de déterminer la localisation possible de ces cimetières non visibles. Elle indique : « Il est clair qu’un grand nombre d’enfants ont été enterrés dans des tombes non identifiées partout au Canada, et de nombreux sites d’inhumation doivent encore être localisés. »

Rendre accessible l’information aux familles des enfants

En juin 2014, Mme Maass rendra son rapport final à la Commission de vérité et de réconciliation. Ce rapport, ainsi que l’ensemble des documents récoltés et consultés seront accessibles aux familles, aux chercheurs et étudiants par l’intermédiaire d’un centre virtuel consultable sur Internet. Ainsi, les familles pourront retracer l’histoire de ces enfants qui étaient obligés, conformément à la loi, d’intégrer ces établissements et qui ne sont jamais rentrés chez eux.

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