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L’essor de la communauté japonaise du Yukon

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Godefroy Lemoigne

Pour diverses raisons, le Yukon a attiré beaucoup d’immigrants japonais ces dernières années.

Rencontre avec Fumi Torigai, président de l’Association nippo-canadienne du Yukon (JCAY), ainsi qu’avec Kei Takayama et Rika Takahashi.

Fumi Torigai. Photo : Godefroy Lemoigne

Fumi Torigai. Photo : Godefroy Lemoigne

Encore marginale il y a une dizaine d’années, la communauté japonaise du Yukon ne cesse de s’étoffer. Si beaucoup de jeunes Japonais sont venus au Yukon, c’était parce qu’il était plus facile d’obtenir un visa de résident que dans les provinces du sud. Plusieurs, une fois leur visa en poche, ont finalement décidé de rester. La qualité de vie, les perspectives d’emploi, mais aussi une communauté japonaise organisée et accueillante sont autant de bonnes raisons de rester.

Fumi Torigai explique : « Entre ceux qui viennent étudier l’anglais au Collège du Yukon, les mariages nippo-canadiens, les détenteurs de visa vacances-travail et les candidats au programme des nominés du Yukon, nous avons vu de plus en plus de Japonais ces dernières années. »

À tel point que sera créée en 2009 l’Association nippo-canadienne du Yukon (JCAY). Si cette dernière regroupait tout au plus une vingtaine d’adhérents au moment de sa création, elle en compte maintenant plus de 80. Chargée de l’accueil des nouveaux venus, de les aider, mais aussi de promouvoir la culture japonaise et d’organiser des rencontres, elle est devenue l’épine dorsale d’une communauté soudée et bien organisée.

Loyauté et « Karoshi »

Si les raisons qui attirent les Japonais au Yukon sont relativement similaires à celle des autres cultures, une est vraiment particulière au Japon et tous les Japonais rencontrés la confirment : il s’agit du travail!

« Les Japonais travaillent trop! Votre travail vous définit au Japon, on est littéralement “marié” à sa compagnie, et la loyauté dans cette relation est estimée au nombre d’heures passées au travail », explique Fumi Torigai. « Les seuls moments libres dans la journée sont les heures passées dans les transports en commun. Les gens partent tôt au travail le matin et ne reviennent pas avant 21 ou 22 h », renchérit Kei Takayama.

Le surmenage est courant et conduit parfois à la mort. C’est ce que l’on appelle littéralement le Karoshi. Si ce mode de vie était incontesté jusqu’à peu, les nouvelles générations semblent avoir plus de mal à l’accepter.

Deux mondes différents

Autant le Japon se caractérise par le conformisme et l’appartenance au groupe, autant le Canada glorifie l’individualité. Cette dichotomie attire beaucoup les esprits aventureux. Ainsi, Rika Takahashi se souvient :

« J’avais beaucoup lu sur le Nord et j’avais toujours rêvé de voir l’Arctique. Lorsque je suis arrivée au Collège du Yukon en 2000, j’ai été extraordinairement choquée par ce monde… C’était l’un de mes premiers voyages, mon anglais était tellement faible et tout était si nouveau et différent que je n’ai pas pu manger pendant une semaine! »

Le choc passé, Rika fera tout ce qu’elle peut pour rester.

Cette fascination semble réciproque, car une bonne partie des membres de la JCAY sont des non-Japonais qui sont là pour découvrir la culture japonaise et pratiquer la langue. L’association organise d’ailleurs souvent des soirées films qui attirent toujours beaucoup de curieux.

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