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Les trois petites plumes de Noël

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Cécile Girard

Il y a de cela très très longtemps, près de la route de l’Alaska, dans un vieux peuplier torturé par une colonie de fourmis, quelqu’un avait suspendu une mangeoire remplie de graines de tournesol. Dès le début du mois de décembre, un groupe de durbecs des sapins venaient assidûment y manger. Ils se disputaient effrontément cette pitance tombée du ciel, puis soudain s’enfuyaient comme poursuivis par un ennemi invisible.

Jean, un garçon de sept ans, était responsable de remplir la petite crèche. Les oiseaux étaient ses amis. Il pouvait les identifier tous. Leurs couleurs, leurs chants, leurs vols, leurs habitudes n’avaient plus de secrets pour lui.

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Or, la veille Noël, alors qu’il jouait dehors avec son chien, il entendit une mésange bavarder avec un durbec. Ces derniers étaient perchés sur les hautes branches d’une épinette et conversaient comme des humains. « Est-ce que tu t’es fait mal lorsque tu as frappé la vitre? » demanda le petit oiseau au plus gros. « Ouille! Oui, j’ai vu des étoiles. Je suis resté étourdi, certains diraient sonné, quelques minutes. Je ne pouvais plus bouger. Heureusement que le chat n’était pas dehors! Dès que j’ai été capable, j’ai pris les ailes à mon cou et je suis allé me percher sur une branche. Le temps de reprendre mes esprits », répondit le durbec. « Tu as une cervelle d’oiseau! Sois prudent à l’avenir et cesse de partir en peur comme ça », lui recommanda la mésange. Jean se frotta les yeux (bien que ce soit les oreilles qu’il aurait dû se frotter). C’était impossible, les oiseaux ne pouvaient pas parler ainsi. Sauf les perroquets, mais les perroquets ne répètent que ce que les humains veulent bien leur enseigner. Toujours des trucs comme « Coco veut un biscuit » ou encore « Donne-moi un bisou ».

Dans la cour, la gent ailée socialisait allègrement. Ici, un groupe de pic-bois, là une famille de mésanges et dans le sentier enneigé menant au jardin, trois perdrix grasses élaboraient des projets de vacances. Elles voulaient se rendre à Dawson et demandaient à un vieux corbeau quelle était la meilleure route à prendre. Quelques sizerins faisaient des blagues avec une pie bavarde qui portait bien son nom! Celle-ci s’adressa directement à Jean : « Tu es sûrement étonné de nous entendre parler ainsi : c’est un bienfait que tous les oiseaux du Yukon reçoivent la veille de Noël. Pendant 24 heures, nous utilisons tous le même langage pour apprendre à mieux nous connaître. Étrange que nous utilisions le langage des humains… mais c’est comme ça. Un plus grand vocabulaire, faut croire! Qu’à cela ne tienne, bientôt la lumière reviendra et nous serons tous plus allumés! Je veux dire plus réveillés! Je veux dire moins endormis… Enfin, tu vois ce que je veux dire! »

Le matin de ce Noël singulier, trois plumes minuscules avaient poussé sur les oreilles de Jean. Le petit garçon pouvait maintenant comprendre le langage des oiseaux…, et ce, à longueur d’année! Il devint un ornithologue réputé aimé par tous les individus ailés, même par les chauves-souris!

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