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Les stressés peuvent se détendre

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Thibaut Rondel

Au début du mois de février, une série de conférences sur le thème du stress seront présentées à Whitehorse par la chercheure Marie-France Marin. Au cours des deux premières rencontres, cette experte en neurologie abordera notamment la question du stress chez les enfants et les adolescents, ainsi que la problématique du stress au travail. Une troisième conférence viendra explorer la relation qui peut exister entre stress et mémoire. Marie-France Marin commencera son cycle de conférences en rappelant ce qu’est vraiment le stress, afin que tous les participants puissent dès le départ s’accorder sur une même définition.

« La définition populaire du stress qui circule sur Internet et qui est souvent véhiculée par les gens, c’est que le stress, c’est la pression du temps », explique Marie-France Marin. « Et pourtant, on se rend compte que la pression du temps peut faire partie du stress, mais que le stress va au-delà de la pression du temps. Le meilleur exemple, c’est une personne qui prend sa retraite et qui va vivre un stress parce qu’elle passe à un horaire beaucoup plus flexible. Elle aura donc moins la pression du temps, mais pourra être stressée de prendre sa retraite! »

La chercheure Marie-France Marin abordera la problématique du stress à Whitehorse. Photo: fournie

La chercheure Marie-France Marin abordera la problématique du stress à Whitehorse. Photo: fournie

La conférencière expliquera ainsi comment le stress peut agir sur le corps et l’esprit et quel peut être son impact en milieu professionnel ou scolaire. Des pistes de solutions seront finalement explorées, afin d’aider les participants à négocier leur stress au quotidien. Que celles et ceux qui sont fâchés avec la science se rassurent : l’information qui sera présentée se veut accessible au plus grand nombre.

« Il s’agit de présenter des informations scientifiquement valides que l’on va adapter pour le grand public », explique Marie-France Marin. « On va s’assurer que ce soit accessible à monsieur et à madame Tout-le-Monde, et on donnera des exemples de la vie de tous les jours [afin d’illustrer] comment le stress peut avoir un impact. »

Un monde de stress

Par leur accessibilité, les conférences de Mme Marin connaissent un certain succès auprès du grand public. Cependant, une autre raison peut expliquer cet intérêt nouveau : aujourd’hui, tout le monde, de près ou de loin, occasionnellement ou quotidiennement, est touché par le stress.

« Le stress fait partie de la vie de tous les jours et chacun peut être stressé une fois de temps en temps », soutient Mme Marin. « Par contre, ça ne veut pas dire que tout le monde est en situation de stress chronique. »

Selon la chercheure, les caractéristiques et les traits de personnalité propres à chaque individu vont les amener à réagir différemment face à une situation stressante. D’autres facteurs entrent aussi bien sûr en jeu, et des différences existent même entre les hommes et les femmes. Ainsi, placées devant une même situation, certaines personnes pourront par exemple percevoir un danger, tandis que d’autres resteront tout à fait stoïques. Des recherches scientifiques menées sur plusieurs années ont tenté d’élucider ces caractéristiques susceptibles d’induire une réponse au stress. Quatre d’entre elles ont émergé et ont été regroupées sous le doux acronyme de CINÉ, pour Contrôle, Imprévisibilité, Nouveauté et Ego menacé.

« Toute situation sur laquelle on a l’impression de ne pas avoir le contrôle, toute situation imprévisible, nouvelle ou qui menace notre ego », résume Marie-France Marin. « Et ce que l’on sait, c’est qu’une seule de ces caractéristiques est suffisante pour créer une réponse de stress. Évidemment, plus une situation comprend de caractéristiques, plus elle va être stressante. »

Ainsi, un Yukonnais solitaire croisant par surprise le chemin d’un grizzly pourra connaître un stress dû à l’imprévisibilité de la situation, quand bien même il aurait déjà vécu ce type de rencontre et serait armé et en contrôle. Cela dit, si l’ours venait à surprendre un petit groupe de citadins désarmés, il est alors fort à parier que la nouveauté, l’ego des individus et la perte de contrôle s’ajouteraient sans doute à l’imprévisibilité de la situation. Tous les éléments seraient donc réunis pour générer un stress maximal au sein du groupe… jusqu’à ce que le plantigrade s’éloigne nonchalamment.

Vaincre son stress

Bien que des solutions existent pour atténuer les effets du stress, Marie-France Marin tient toutefois à préciser qu’on ne pourra de toute façon jamais l’éliminer, puisque celui-ci constitue une réponse normale du corps humain. Jusqu’à un certain point, certaines formes de stress peuvent même se révéler utiles, en situation de survie par exemple, où le stress peut parfois aider l’individu à se concentrer sur son seul objectif : préserver sa vie.

« C’est sûr que le stress chronique est rarement un bon stress, mais il y a quand même parfois dans le stress de bons et de mauvais stress », affirme Mme Marin. « Le stress aigu, une fois de temps en temps, n’aura pas les effets d’un stress chronique [qui peut générer] des impacts à long terme sur notre santé physique et mentale. »

Qu’il s’agisse de l’un ou de l’autre, il reste néanmoins important de savoir négocier son stress. Ainsi, Marie-France Marin présentera dans ses conférences des méthodes cognitives qui requièrent un travail sur soi approfondi, mais également plusieurs méthodes rapides permettant d’atténuer presque immédiatement le stress. L’exercice et les étirements, comme le yoga, ont été reconnus par des études comme étant des méthodes probantes. La méditation est également une voie idéale, mais sa bonne maîtrise demandera cependant au néophyte des mois et des années de pratique régulière.

« D’autres études suggèrent par contre que ça peut aussi dépendre de la personnalité de l’individu, donc, si l’on est quelqu’un qui est toujours go go go, la méditation peut être très difficile et stressante au début, et l’on peut même être incapable d’y arriver », relativise Mme Marin. « Alors, souvent ce qu’on dit aux gens, c’est qu’il n’y a pas de pilule ou de méthode magique. Il faut essayer des choses. Certains iront marcher ou courir jusqu’à ce qu’ils soient épuisés, quand d’autres feront du tricot. »

Marie-France Marin aussi se surprend à être stressée. Sa recette à elle pour vaincre le stress? Le rire, les grandes respirations, la natation et à plus long terme, un peu de travail cognitif qui lui permet au fil du temps de décoder plus facilement les situations à même de la stresser.

« Ce n’est pas parce qu’on travaille là-dessus qu’on est immunisé », lance en riant Marie-France Marin. « Je vis souvent du stress, mais je suis bien sûr maintenant capable de mieux le reconnaître. Je connais les trucs, mais ce n’est pas parce que l’on connaît les trucs qu’on est parfait, évidemment ! »

Trois conférences sur le stress. Les 3 et 4 février au Centre de la francophonie. Gratuit. Information et inscriptions (au plus tard le 1er février) au 668-2663, poste 500 ou reception@afy.yk.ca

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