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Les retraites de méditation de pleine conscience passent au virtuel

Kelly Tabuteau

Une des qualités humaines et sociétales que la pandémie de COVID-19 met en avant, c’est l’adaptation. D’événements en personne, de nombreux artistes et instructeurs de remise en forme regorgent d’imagination pour continuer leur performance. Souvent, la solution envisagée est virtuelle, notamment dans le but de respecter la distanciation sociale. Les retraites de méditation de pleine conscience ne dérogent pas à cette nouvelle tendance.

Christine Klaassen-St Pierre enseignera une retraite virtuelle du 10 au 12 juillet 2020, avec deux de ses collègues.
Photo fournie

 

Cela fait maintenant plus trois mois que les familles se sont retrouvées du jour au lendemain contraintes de passer la majorité de leur temps ensemble. Si pour beaucoup, être sans cesse avec leurs proches est une réelle chance, pour certains, cela peut relever du défi. La méditation de pleine conscience peut alors être une échappatoire, puisqu’elle permet de cultiver des stratégies, entre autres, pour développer de la compassion envers les gens. Christine Klaassen-St Pierre, franco-yukonnaise, enseigne la méditation de pleine conscience depuis près de six ans. Le journal l’Aurore boréale est allé à sa rencontre pour en savoir plus sur cette pratique et les bienfaits des retraites.

Aurore boréale : Pourquoi as-tu commencé à pratiquer la méditation de pleine conscience?

Christine Klaassen-St Pierre : J’ai commencé à pratiquer afin de pouvoir obtenir ma certification d’instructrice de méditation de pleine conscience. Je souhaitais pouvoir enseigner la méthodologie aux jeunes de l’école dans laquelle j’étais la directrice adjointe. Il me semblait que nous leur demandions de se concentrer longtemps sur quelque chose sans leur apprendre comment le faire.

A. B. : En quoi la méditation de pleine conscience améliore-t-elle ta qualité de vie?

C. K. S. : La méditation de pleine conscience a changé ma vie, tant personnelle que professionnelle. Cela me permet d’être réellement présente, de me concentrer sur ce que je fais. Avant, quand je mangeais seule, je me mettais devant la télévision ou je prenais un livre comme si j’avais besoin de m’extraire de cette action. Mais manger est l’un des plus grands plaisirs que l’on peut avoir : sentir, goûter, ressentir la texture des aliments, avec la fourchette ou dans la bouche… Avec la pleine conscience, je savoure enfin chaque bouchée avant de prendre la suivante.

Aussi, dans les moments difficiles de ma journée, cela m’aide à gérer mes émotions. Mettons que je suis dans une situation délicate où je sens la colère, la frustration ou la peur monter, je peux aller chercher le sentiment de calme que j’atteins lorsque je médite, comme pour me créer un refuge. Je ne réagis plus à la situation, mais j’y réponds.

A. B. : En quoi consiste une retraite de méditation de pleine conscience de plusieurs jours?

C. K. S. : Le but est d’approfondir notre pratique et notre conscience du moment présent. Souvent, la retraite se passe en silence, excepté pendant les moments de formation dispensés par les instructeurs. On essaye d’aller visiter notre climat intérieur et de rester à l’intérieur de soi. Généralement, on se lève le matin, on pratique formellement une méditation de 45 minutes, ondéjeune, en pleine conscience, on médite à nouveau 45 minutes, on fait une marche, toujours en méditant, on dîne et on recommence.

A. B. : Et comment cela se passe-t-il virtuellement?

C. K. S. : C’est le même principe qu’une retraite en personne, mais depuis chez soi. Par contre, chaque participant est libre de rester en silence ou de vivre sa vie habituelle entre les quatre séances quotidiennes de méditation de pleine conscience. Peu importe la décision des participants, ils sont encouragés à intégrer le travail de pleine conscience dans leurs tâches journalières.

A. B. : Pourquoi, de premier abord, redoutais-tu ce type de retraite?

C. K. S. : Dans le contexte de la pandémie de COVID-19, on est Zoomé toute la journée, alors j’appréhendais le format que ça allait prendre, car je ne souhaite pas rester devant mon ordinateur toute la journée. Mais ce n’est pas du tout cela! On n’a même pas besoin de regarder l’écran; on a simplement à écouter.

A. B. : Tu as trouvé beaucoup de douceur à être en retraite dans ton propre espace. Peux-tu nous en dire plus?

C. K. S. : J’ai aimé trouver des endroits à l’intérieur, tout comme à l’extérieur, pour pratiquer, le tout en restant dans ma zone de confort. Parfois, c’était un environnement bruyant, mais c’est aussi cela la pratique, être présent sans jugement, ne pas se faire happer par les distractions.

Mais j’ai surtout apprécié de pouvoir revisiter toutes les sensations ressenties grâce à ma conscience élevée, comme l’arôme du café fraîchement moulu le matin, à n’importe quel moment de la journée, puisque je suis déjà là, sur place.

A. B. : Quels sont donc les bénéfices d’une retraite par rapport à une méditation « classique »?

C. K. S. : Quand on se concentre sur quelque chose, peu importe ce qu’elle est, on change notre cerveau, notamment en développant le cortex préfrontal. Donc, plus on médite, plus on approfondit ces changements. C’est cet approfondissement que les pratiquants recherchent en se rendant à des retraites. Aussi, plus on médite, plus il est facile d’aller chercher le sentiment de calme que j’abordais précédemment.

Christine Klaassen-St Pierre, en collaboration avec deux autres collègues, Vinny Ferraro de San Francisco et Nicole Libin de Calgary, a donc décidé de lancer sa première retraite virtuelle du 10 au 12 juillet. Jusqu’à présent, ces trois instructeurs enseignaient chaque année une retraite en personne, cette année sera alors légèrement différente.

Chacun à leur tour, ils guideront légèrement les séances de médiation, en anglais. Elles seront suivies d’une période de questions-réponses qui pourra se faire également en français.

Initiative de journalisme local

APF–Territoires

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