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Les prix à la pompe sont en chute libre

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Johan Demarle

Les automobilistes yukonnais qui ont redécouvert depuis plusieurs semaines un prix à la pompe à moins de 1 $ devraient continuer à en bénéficier au cours des prochains mois. Ce rabais sur la facture énergétique des consommateurs pourrait toutefois avoir des conséquences néfastes sur la croissance et la stabilité économique du Canada.

Stabilisé aux alentours des 30 $ US, le baril de brut a atteint ses plus bas niveaux depuis douze ans. L’année 2008 avait même consacré l’or noir à son sommet avec un baril à 147 $ US. Autre comparaison, en février 2014, les prix dans les stations-service de Whitehorse étaient en moyenne de 1,33 $ le litre contre 0,92 $ en ce moment, soit 41 cents de moins.

Pourquoi le prix du pétrole baisse-t-il?

Selon l’Agence internationale de l’énergie, il y a chaque jour un surplus de près d’un million de barils de pétrole. Joint au téléphone, Krishen Rangasamy, économiste à la Banque Nationale affirme que l’effondrement des cours du pétrole résulte en grande partie de cette surproduction mondiale.

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« L’autre raison, ce sont les besoins en matières pétrolières. La croissance n’est plus aussi forte qu’auparavant à cause du ralentissement de l’économie mondiale, et plus particulièrement de la Chine », dit M. Rangasamy qui en poursuivant son analyse indique que paradoxalement, les incertitudes et les conflits au Moyen-Orient n’ont cette fois-ci pas d’influence sur les cours du pétrole.

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui pourrait jouer sur les quotas de production, s’est refusée pour l’instant à toute action. Pour l’économiste, cette inaction démontre que les pétromonarchies de l’OPEP ne disposent plus de la même influence que par le passé, notamment à cause de la concurrence d’autres pays producteurs, comme la Russie ou les États-Unis qui souhaitent conserver leur part de marché.

Quelles sont les conséquences pour le Canada

Le Canada qui est le 5e pays producteur de pétrole brut au monde est particulièrement exposé aux fluctuations du marché pétrolier. « Nous avons eu l’année dernière un taux de croissance de 1,2 % au Canada, avec un baril à 30 $ US, ça ne va pas s’arranger cette année », note l’économiste de la Banque Nationale qui estime qu’une récession n’est pas à écarter. En effet, si les cours se maintiennent à ce niveau, l’Alberta, la Saskatchewan et Terre-Neuve-et-Labrador seront de facto dans le rouge.

« La question est de savoir si les provinces exportatrices comme l’Ontario et le Québec seront capables de compenser la faiblesse des provinces pétrolières. »

Selon l’Association canadienne des producteurs pétroliers (ACPP), l’Alberta a d’ores et déjà perdu 40 000 emplois directs dans le secteur pétrolier et gazier. Le gouvernement albertain anticipe un déficit budgétaire de l’ordre de 6 milliards de $ pour l’exercice 2015-2016.

Autre victime, le huard qui est très sensible à la courbe du prix du pétrole s’est fortement déprécié par rapport à la devise américaine. Le 5 février, le dollar canadien valait 72 ¢ US.

Au Yukon, des pour et des contre

C’est le secteur du tourisme qui pourrait sortir le grand gagnant de la chute du pétrole et du dollar canadien. Le Yukon et plus largement le Canada vont redevenir des destinations attractives pour les touristes. Mais avec un dollar canadien faible, le prix des aliments, comme les fruits et les légumes ou les produits manufacturés dont le Yukon est un grand importateur, risque d’augmenter très rapidement et pourrait se répercuter directement sur la facture des consommateurs.

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