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Les jeunes n’ont pas peur de se mouiller

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Gaël Marchand

Quand on est jeune, savoir nager, c’est toujours bien. Mais que faire quand on aime nager vite et que les sirènes de la compétition nous appellent? On s’inscrit au club de natation Whitehorse Glacier Bears, bien sûr.

Sous la direction technique de Malwina Bukszowana depuis deux ans, la natation compétitive est en pleine renaissance. Malwina est Polonaise, de Szczecin, et a atteint le sommet de sa carrière d’athlète en 2007 lorsqu’elle a terminé 9e aux Championnats du monde. Elle est ensuite devenue entraîneuse professionnelle et s’est installée à Dublin. Elle y a rencontré de manière tout à fait fortuite une famille de Yukonnais partie vivre une année en Irlande, et dont les enfants faisaient de la natation. De fil en aiguille, Malwina a accepté un poste d’entraîneuse à Whitehorse proposé par les parents une fois de retour au Yukon.

Les jeunes nageurs du club de Whitehorse s’entraînent régulièrement à la piscine du Centre des Jeux du Canada. Photo : Thibaut Rondel

Les jeunes nageurs du club de Whitehorse s’entraînent régulièrement à la piscine du Centre des Jeux du Canada. Photo : Thibaut Rondel

« Whitehorse a un bon niveau en natation », déclare sans détour Mme Bukszowana. « Les jeunes sont particulièrement motivés et s’entraînent très dur, beaucoup plus que dans le club irlandais d’où je viens et qui était pourtant un club au passé compétitif réputé. »

Un club tourné vers la performance

Le club de Whitehorse est une machine bien huilée qui est aussi connue pour son programme draconien de volontariat des parents.

« Ce n’est pas une structure idéale » indique l’entraîneuse, « mais celle-ci est nécessaire, car il faut rémunérer tout le monde (NDLR une instructrice en chef et six instructeurs à temps partiel), organiser les compétitions locales, les voyages mensuels pour les compétitions hors territoire et faire fonctionner tous les rouages d’une association sportive. »

Tous les cours sont mixtes et divisés en niveaux de performance qui correspondent à peu près à des plages de 2 à 3 ans d’âge. Il y a toutefois une carence de garçons qui pratiquent majoritairement le hockey sur glace, « ce qui leur fournit, hélas, une activité physique bien moins exigeante », regrette Mme Bukszowana.

« Pour ne pas avoir de creux de cohortes dans les années à venir, nous nous concentrons particulièrement sur les 6 et 7 ans », dit-elle. « Souvent, les parents veulent inscrire leurs enfants vers 8 ou 9 ans, mais c’est déjà un peu tard. Ils n’ont alors pas la technique ni les performances de ceux qui ont commencé plus tôt. Ils peuvent toutefois se joindre aux programmes récréatifs du club ou prendre des leçons particulières pour rattraper leur retard. »

Les nageurs dorment bien

Le club est actuellement en excellente santé et le meilleur indicateur de succès est l’engagement des jeunes, qui maintenant veulent rester et ne quittent plus la natation. Ceux qui ne veulent pas continuer la compétition peuvent s’orienter vers les formations de maître-nageur, ou bien être formés comme entraîneurs pour les plus jeunes. Il en résulte que le club est actuellement presque au maximum de sa capacité, même s’il peut accueillir encore quelques élèves, peut-être 10 % de plus.

Les raisons de ce succès au Yukon semblent multiples. D’abord, c’est un des rares sports qui se pratique toute l’année, contrairement aux sports de glace ou d’extérieur. Ensuite, les parents apprécient l’intense dépense d’énergie que cela représente. Épuisés, les enfants dorment bien; les parents sont contents. Aussi, les résultats actuels des nageurs du club qui se qualifient de plus en plus pour les nationaux encouragent les nouvelles vocations.

Cependant, la performance a bien entendu un coût. Entraînements matinaux à 6 h trois fois par semaine, plus les samedis, entraîneurs stricts, physiothérapie hebdomadaire recommandée et blessures occasionnelles du corps poussé à ses limites sont la routine de la vie d’un nageur et de sa famille.

Un sport haut de gamme

Il faut aussi de la concurrence pour aiguiser la compétitivité des nageurs et le Yukon n’a, hélas, qu’un seul club de natation sur tout le territoire.

« On invite bien l’Alaska et les T. N.-O. qui viennent de plus en plus aux compétitions à Whitehorse, mais ce n’est pas suffisant, car ils ne sont pas très rapides », avoue Mme Bukszowana.

Le club yukonnais fait donc partie du circuit compétitif de la Colombie-Britannique, et par conséquent, la natation est un sport très cher au Yukon. Il faut compter en moyenne quatre compétions par année hors du territoire pour un jeune nageur, ce qui implique des coûts très élevés pour les familles.

La démographie de la natation est donc un peu surprenante. À la question de savoir s’il y a des francophones dans les programmes, la réponse surprend.

« Oui, quasiment tous le sont », lance l’entraîneuse. « Les nageurs sont en très grande majorité dans les programmes d’immersion en français. »

Le club Whitehorse Glacier Bears est donc un club compétitif haut de gamme aux moyens modernes et aux programmes performants. Il est efficacement structuré pour atteindre les performances si chères à nos sports contemporains. Toutefois, les coûts en sont très élevés et il faut se mouiller sérieusement pour aller chasser médailles et chronos en natation, ici au Yukon.

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