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Les candidats fédéraux répondent aux questions des Premières nations du Yukon

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Thibaut Rondel

Dans le cadre des prochaines élections fédérales, le Conseil des Premières nations du Yukon a soumis le 8 septembre dernier une série de questions aux quatre candidats en lice pour l’obtention du siège de député du Yukon. Le questionnaire, auquel ont répondu Melissa Atkinson (NPD), Larry Bagnell (libéral) et Frank de Jong (vert), visait à connaître les positions des candidats fédéraux sur plusieurs dossiers d’importance.

« Nous, chefs des Premières nations du Yukon, avons une responsabilité envers nos citoyens quand il s’agit des élections fédérales », a fait savoir par voie de communiqué le Conseil des Premières nations du Yukon. « Nous croyons qu’il est extrêmement important que nos citoyens obtiennent des réponses aux questions qui nous sont pertinentes, en tant que Premières nations, pour prendre une décision en toute connaissance de cause. »

Le député conservateur Ryan Leef, qui tentera cette année de briguer un second mandat consécutif, est le seul candidat à ne pas avoir répondu dans les temps aux Premières nations. M. Leef a cependant fait parvenir ses réponses fin septembre, précisant que le questionnaire n’avait pas été signé et que son équipe avait dû prendre du temps pour authentifier le document.

La loi S-6

Par l’entremise de son questionnaire, le Conseil des Premières nations du Yukon souhaitait notamment connaître les positions des candidats quant à la loi S-6 sur l’amélioration de la réglementation au Yukon et au Nunavut. Visant à encourager les industries à s’implanter dans le Nord, cette loi vient modifier le processus d’évaluation environnementale et socioéconomique au Yukon. Convaincues que certains amendements apportés constituent une offense à l’accord-cadre définitif sur leurs revendications territoriales, trois Premières nations du Yukon ont annoncé début septembre qu’elles allaient intenter un procès au gouvernement fédéral.

Alors que Larry Bagnell et Frank de Jong ont annoncé que leurs partis respectifs souhaitaient annuler les quatre amendements visés par les Premières nations, Melissa Atkinson a indiqué qu’un gouvernement néo-démocrate élu abrogerait l’intégralité de la loi S-6.

« Un gouvernement NPD, mené par Thomas Mulcair, abrogera la loi S-6 lors de la prochaine session du Parlement », a répondu la candidate. « Cette loi, votée au sénat avec l’aval des conservateurs et des libéraux, porte atteinte à l’esprit et à l’intention des accords-cadres définitifs au Yukon. »

Quant à lui, Ryan Leef pense que le respect des ententes territoriales est « primordial », rappelant une nouvelle fois que celles-ci prévaudraient en cas de conflit avec la loi S-6.

Les ententes territoriales

Au chapitre du respect des ententes territoriales, les trois candidats de l’opposition se sont par ailleurs entendus sur la nécessité de rétablir de bonnes relations avec les Premières nations. Celles-ci reprochent en effet au gouvernement du Canada de ne pas toujours respecter les accords signés avec les gouvernements autochtones.

Dans sa réponse, Frank de Jong promet ainsi d’établir « un partenariat de nation à nation, basé sur une compréhension et un respect mutuel », tandis que Melissa Atkinson affirme vouloir « travailler avec les Premières nations du Yukon pour s’assurer d’un financement à long terme durable, prévisible et fiable. »

Larry Bagnell a pour sa part rappelé que l’une de ses priorités consistait à faire respecter les revendications territoriales. Le candidat libéral a notamment affirmé vouloir réaliser les objectifs fixés dans le cadre de l’Accord de Kelowna signé en 2005 par l’ancien premier ministre libéral Paul Martin. Cette série d’ententes était dotée de plus de 5 milliards de dollars de budget, avant d’être abandonnée par Stephen Harper, peu après son élection.

« L’une de mes principales priorités, quand j’étais à la Chambre des communes et depuis, est la mise en œuvre juste des revendications territoriales », a répondu M. Bagnell. « La revendication territoriale ne constitue pas la fin d’une négociation, mais le début d’une relation, une relation qui est actuellement brisée. »

Femmes autochtones et réconciliation

Le Conseil des Premières nations du Yukon souhaitait également sonder les candidats sur le dossier des femmes autochtones disparues ou assassinées. Les quatre candidats se sont entendus sur la nécessité de lancer une enquête d’envergure nationale. Melissa Atkinson a ainsi promis qu’une enquête serait lancée par un gouvernement néo-démocrate dans un délai de 100 jours après l’élection. Mme Atkinson et M. De Jong ont par ailleurs promis que des mesures seraient mises en œuvre en parallèle pour contrer la violence au sein des communautés autochtones.

« La crise actuelle touchant les femmes autochtones disparues et assassinées doit être abordée immédiatement », a affirmé M. De Jong. « Nous lancerons une enquête nationale et nous nous battrons pour nous assurer que cette violence structurelle envers les communautés autochtones soit abordée. »

M. Leef a également affirmé son soutien à la mise en œuvre d’une enquête, précisant lui aussi qu’une enquête seule ne pourrait régler le problème et que cette décision devrait être accompagnée de mesures visant à améliorer la qualité de vie des femmes et des jeunes filles autochtones. Le Parti conservateur auquel il est affilié n’a pourtant jamais considéré ce dossier comme étant une priorité pour le pays.

Également interrogés sur la mise en œuvre des recommandations de la Commission de vérité et réconciliation, les trois candidats se sont engagés à réaliser au fur et à mesure les 94 recommandations formulées par le groupe de travail.

Tenue d’un forum électoral

Un forum électoral réunissant les quatre candidats a par ailleurs eu lieu hier soir à Whitehorse. Une occasion pour chaque candidat de développer leur point de vue sur ces différents sujets et de répondre aux questions du public.

« Il s’agit d’une occasion pour les Premières nations du Yukon et les Yukonnais d’entendre ce que les candidats ont à dire sur les sujets qui sont importants à leurs yeux », a déclaré la chef des Premières nations du Yukon, Ruth Massie. « Il est vital que les électeurs prennent une décision informée quand viendra le moment de choisir le prochain gouvernement du Canada. »

Le forum s’est tenu à l’hôtel High Country Inn de 19 h à 21 h. Les élections fédérales se tiendront le 19 octobre prochain.

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