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Le Yukon, une destination incontournable du vélo de montagne

Kelly Tabuteau

En avril 2013, le célèbre magazine américain consacré aux activités de plein air Outside classait le Yukon comme le meilleur endroit au monde où pratiquer le vélo de montagne. Depuis, la Ville de Whitehorse, la Corporation de gestion Carcross/Tagish et le club Contagious Mountain Bike Club poursuivent leurs efforts pour développer de nouveaux sentiers et maintenir ceux existants.

Photo : Rob Horne

 

Beaucoup d’adeptes du vélo de montagne qualifient le Yukon d’endroit privilégié pour assouvir leur passion. L’offre de sentiers est immense, ce qui permet de contenter les personnes de tout âge, de toutes conditions physiques et de tous niveaux. Sylvain Turcotte, copropriétaire de l’entreprise Boréale Explorers, guide des sorties de vélo de montagne depuis 2008 et trouve que ce mode de déplacement est idéal pour explorer les alentours, puisqu’il permet de couvrir une grande distance avec une vitesse ni trop rapide, ni trop lente.

Avec près de 800 kilomètres de pistes développées, balisées et entretenues par la Ville de Whitehorse, il y a de nombreuses options pour les vététistes. Si la montagne Montana à Carcross offre un réseau plus succinct (25 pistes représentant un peu moins de 65 kilomètres), elle promet cependant des sentiers techniques qui raviront les plus expérimentés.

Whitehorse et les alentours

Telle une toile d’araignée, les pistes de vélos de montagne s’entremêlent, s’étendant tout autour de Whitehorse, des hauteurs de Riverdale aux quartiers un peu plus excentrés, comme Crestview ou Porter Creek. Les pistes sont si variées que tout le monde y trouve son compte.

Sophie Firmenich a commencé à pratiquer ce sport il y a huit ans, peu après son arrivée au Yukon. Pour elle, le vélo de montagne lui procure une sensation de liberté. Elle apprécie particulièrement se sentir en accord avec les courbes de la montagne et avec le travail mental non négligeable que certains sentiers plus techniques exigent. « Il y a tellement de choix qu’il n’y en a pas vraiment un que je préfère, tout dépend de ce que je veux travailler ce jour-là : pour un trail cardio, je vais plutôt au mont McIntyre ; pour un trail technique, j’appelle des amis et on choisit en groupe. »

Nelly Guidici a, quant à elle, commencé le vélo de montagne il y a une dizaine d’années, après avoir pratiqué le cyclotourisme depuis 2006. Pour elle, le vélo est un mode de vie. Elle aime le sentiment de bien-être qui l’envahit et la connexion avec elle-même qu’elle ne retrouve pas nécessairement dans d’autres sports. Il est difficile pour elle aussi de déterminer ses sentiers préférés : elle confie cependant bien aimer rider sur Upper Valley au mont McIntyre, qui offre une belle vue, ou encore sur Logan’s Run et 24 heures de lumière, des sentiers plus serrés qui lui donnent l’impression d’être immergée dans la nature.

Pour Sylvain Turcotte, les incontournables de Whitehorse se situent sur la montagne Grey et au mont McIntyre : « Le sentier le plus populaire quand on débute, selon moi, c’est Boogaloo, sur le réseau de Grey Mountain. Divisé en cinq sections, il permet d’évoluer de débutant à intermédiaire avancé. Plus techniques, et donc pour des cyclistes expérimenté.e.s, le Yukon River Trail et Blown Away sont de jolis sentiers panoramiques, l’un qui longe le fleuve Yukon, l’autre qui offre de superbes vues sur le lac Fish. »

Carcross et la montagne Montana

Depuis 2006, le réseau de sentiers de montagne à Carcross se développe grâce au projet de la Première Nation Carcross/Tagish, Singletrack to Success. « La montagne Montana était déjà sillonnée d’anciens sentiers de chasse et de piégeage et traversée de routes minières datant du début du XXe siècle, explique Amélie Druillet, gestionnaire des opérations à la Corporation de gestion Carcross/Tagish. Le projet avait pour but de développer un réseau de classe mondiale de sentiers à voie unique sur la montagne Montana, un site sacré de la Première Nation Carcross/Tagish, tout en offrant aux jeunes de la région un emploi d’été. »

Le succès de la mobilisation des jeunes dans ce projet a d’ailleurs donné naissance à un court documentaire de trente minutes en 2016, Shift, qui a fait le tour de plusieurs festivals de films d’aventure, dont celui de Banff. Il retrace leur histoire, alors qu’ils transforment des sentiers traditionnels en pistes de vélo, transformant leur communauté et eux-mêmes en cours de route.

En 2011, le sentier Montana Hero était intronisé par l’appellation EPIC par l’Association internationale de vélo de montagne, une appellation désignant des sentiers relevant d’une véritable expérience de randonnée dans l’arrière-pays. Cette boucle, classifiée difficile, offre des vues alpines magnifiques et permet de découvrir des artefacts miniers historiques.

Une ressource communautaire essentielle

Il y a tellement de sentiers au Yukon qu’il est difficile de savoir par où commencer lorsque l’on débute. Nelly Guidici se rappelle que lorsqu’elle a commencé le vélo de montagne, elle devait consulter une carte en papier des sentiers de la montagne Grey.

Heureusement, aujourd’hui des applications comme Trailforks existent pour s’y retrouver. Recensant les chemins par difficulté, l’application mondiale permet aux usagers d’ajouter des mises à jour sur l’état des sentiers, une ressource indispensable selon Sylvain Turcotte et Sophie Firmenich.

Photo : Rob Horne

 


 

Quelques suggestions pour les novices

Suivre un cours pour s’initier aux techniques de base ;

Ne pas regarder où on ne veut pas aller, sinon c’est la chute assurée ;

Rester concentré sur le terrain ;

Déterminer le niveau du groupe en fonction de l’élément le plus faible ;

En famille, selon Nelly Guidici : choisir des sentiers ni trop difficiles, ni trop longs. Laisser les enfants proposer et diriger le groupe afin de leur donner confiance en leurs capacités physiques et mentales.

En famille, selon Nelly Guidici: choisir des sentiers ni trop difficiles, ni trop longs. Laisser les enfants proposer et diriger le groupe afin de leur donner confiance en leurs capacités physiques et mentales. Photo : Rob Horne

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