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Le Yukon, au rythme des vers et de la prose

Laurie Trottier

C’est au Yukon que s’est conclue la sixième et dernière édition des soirées Du Nord et de l’Ouest : Dialogue d’écrivain.es, le 25 mars dernier. L’hymne au territoire yukonnais a résonné tout au long de la soirée, à travers la musique, les écrits et les haïkus proposés par les participantes et participants.

« Mon opinion manquera toujours de quelque chose pour quelqu’un qui m’attend certainement avec une brique et un fanal », image Catherine Bolduc-Gagnon dans sa nouvelle Le voyage du fou. Photo Alistair Maitland.

 

Le mois de mars étant le mois de la poésie, le Conseil culturel fransaskois (CCF), l’organisme porte-parole de la francophonie dans les arts et la culture de la Saskatchewan, a décidé de mettre sur pied une série de six soirées littéraires entièrement gratuites pour « rapprocher les écrivains et écrivaines francophones des provinces de l’Ouest et des territoires du Nord ainsi qu’à les faire connaître du public, indique Aurélie Labrière, coordonnatrice pour le CCF. Nous espérons ainsi avoir l’opportunité de réseautage et de découvertes de nouveaux talents locaux. »

La saveur yukonnaise

Chaque soirée y apposait sa touche unique, et celle du Yukon n’y a pas fait exception. Le thème du territoire yukonnais a transcendé la majorité des écrits des cinq participant.es, soit Catherine Bolduc-Gagnon, Marie-France Mallet, Nicolas Hyatt, Régis St-Pierre et Josée Fortin. Cette dernière a lancé le bal en lisant une ode au territoire : « Là pour rencontrer le silencieux majestueux du grand blanc, éternel. Là où l’infini n’est pas juste un rêve inachevé, oui, je danserai », a-t-elle lu, demi-sourire.

Après avoir été bercé par la musique d’Olivier de Colombel et par la prose de ces cinq écrivain.es, le public a été sollicité afin de créer un haïku, proposition de Sandra St-Laurent, animatrice de la soirée. Le haïku représente une forme d’écriture poétique extrêmement brève – l’entièreté du message repose sur trois lignes – qui tire ses racines du Japon. Tous et toutes pouvaient partager leur création. Marie-France Mallet a pour sa part composé le poème suivant : « L’odeur du bois, le silence, je m’entends. »

Cette possibilité de créer après avoir échangé sur leurs écrits a énormément plu à Catherine Bolduc-Gagnon, tout comme l’événement en général : « C’était au-dessus mes attentes. C’était super d’écouter tout le monde et d’avoir un contact avec des gens d’un peu partout au Canada. L’ambiance était sympathique et ça m’a plu d’avoir un moment de création tous ensemble. »

Le voyage du fou comme plongeon

Tout comme Régis St-Pierre, c’était la première fois que l’enseignante en immersion participait à une soirée littéraire comme celle-ci. Pour l’occasion, elle a écrit la nouvelle Le voyage du fou, où elle aborde entre autres la remise en question personnelle : « Je trouve qu’on est dans une époque dans laquelle ça devient difficile de poser la bonne action, puisque tout est en train de se faire remettre en question. Tout est en train de se faire construire et déconstruire, et c’est beau, mais je trouve ça difficile de m’y retrouver et de savoir comment je me sens », estime-t-elle.

C’était aussi la première fois que Catherine Bolduc-Gagnon entendait parler d’une soirée littéraire en français, et elle est plus que ravie d’avoir fait le saut : « Je pense que j’étais vraiment stressée, mais je me suis sentie en sécurité et écoutée. C’était une première expérience vraiment riche et intéressante, ce serait merveilleux qu’il y en ait plus. »

Celle qui est en train de peaufiner un premier roman admet que le Yukon influence ses perspectives et ses idées. « J’ai l’impression de regarder le monde avec une longue, longue vue », a-t-elle confié au public, composé d’une cinquantaine de personnes. Nicolas Hyatt, qui habite au territoire depuis trois ans, estime qu’après avoir vécu à Windsor, à Montréal et à Toronto, qu’« il y a assez de place ici pour qu’[il se] découvre ». Contrairement aux autres écrivain.es de la soirée, ce dernier a livré une composition tout en musique, truffée d’entrevues réalisées sur le thème de la langue francophone, qui abordait plus particulièrement le thème de l’insécurité linguistique.

À tous ceux et celles qui hésitent à participer à ce genre d’activité littéraire, Catherine Bolduc-Gagnon souligne ses bienfaits libérateurs : « C’est une belle occasion d’utiliser la création et de dire ce qu’on a à dire, ailleurs que sur les médias sociaux. » Ainsi, si, pour plusieurs, le temps semble s’arrêter au Yukon, il devient aussi le répit idéal pour créer.

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