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Le Yukon à l’heure du grand déballage de printemps

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Thibaut Rondel

La quantité de déjections canines abandonnées cet hiver sur les sentiers de la capitale scandalise à juste titre riverains et promeneurs. Bien que les petits cadeaux de nos amis les chiens puissent tomber dans la catégorie des matières biodégradables, les coureurs de printemps et autres marcheurs en quête d’air frais n’éprouvent certainement pas l’envie de témoigner du dégel et de la décomposition de ces produits organiques.

Ce désolant spectacle rappelle une fois de plus les Yukonnais aux incivilités de leurs concitoyens. Mais en cette période de fonte des neiges se découvre un phénomène du même ordre toutefois bien plus dramatique. Au bord des routes et jusque dans les bois émergent de l’hiver quantité d’autres détritus divers et colorés.

Du vieux pneu au paquet de cigarettes usagé, en passant par le sac plastique de l’épicerie du coin et le gobelet en carton du restaurant-minute d’à côté, la collection en donne à voir.

La pollution de nos routes est devenue telle qu’en échange d’un petit pécule, le ministère de la Voirie et des Travaux publics du Yukon fait même chaque année appel au soutien des organismes à but non lucratif pour mener à moindres frais une campagne de nettoyage printanier. Ainsi, les gilets jaunes fleuriront bientôt dans nos fossés. Attention à ralentir.

Il est désormais prouvé que les conducteurs ont l’insulte facile une fois derrière leur volant. Du moins bien plus qu’ils ne l’auraient lors d’un rapport social plus direct. À bien considérer l’état des routes du territoire, il semblerait toutefois que le respect de l’environnement et le sentiment de culpabilité se soient également dilués dans l’anonymat du trafic routier.

La responsabilité de l’industrie

Les conducteurs malappris et les propriétaires de chiens ne sont bien sûr pas les seuls à blâmer. En moins d’un an, trois camions- citernes affrétés par le transporteur Pacesetter Petroleum se sont en effet renversés sur la route de l’Alaska où ils y ont répandu un total de près de 40 000 litres d’essence. Bien que l’entreprise ait reconnu sa responsabilité dans les deux accidents de l’été dernier, l’embardée du 11 avril serait seulement due à la présence de glace noire sur la route.

Tous ces accidents et incivilités se révèlent ironiquement à nous alors que se tenait la semaine dernière à Whitehorse la deuxième conférence Zero Waste. Un événement qui s’inscrit dans la volonté du territoire de réduire considérablement la quantité de déchets envoyés au dépotoir.

Parmi les projets privilégiés figurent l’éducation et la sensibilisation du public yukonnais aux gestes verts et aux achats raisonnés. Ces propositions, bien qu’honorables, ne peuvent cependant résonner qu’amèrement dans un territoire où la totalité des biens de consommation arrive du Sud dans leurs beaux emballages outranciers. Le citoyen lambda a bien entendu sa part à jouer, mais l’industrie et la grande distribution du territoire doivent également s’engager en amont. En commençant par exemple à éradiquer ces sacs plastiques honteux que l’on dénonce depuis des lustres.

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