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Le théâtre yukonnais en quête d’innovation artistique

Maryne Dumaine

Véronique Lachance participe à un projet de recherche, en collaboration avec Nakaï Theatre. L’objectif du projet intitulé Théâtre à l’échelle du paysage : un processus de recherche artistique innovant pour développer une nouvelle approche du théâtre, spécifique au Yukon.

Les participants à la résidence de recherche qui a eu lieu en août dernier au camping de Conrad à Carcross.
Photo : Erik Pinkerton Photography

 

« Nous cherchons à développer une nouvelle forme de théâtre qui peut s’appliquer à la grandeur des paysages du Yukon », explique Mme Lachance.

Pendant dix jours, dix artistes venant de différents endroits du Canada ont participé à une résidence de deux jours afin d’identifier et de tester des performances qui peuvent être intégrées aux paysages yukonnais. La résidence s’est déroulée au terrain de camping de Conrad, à Carcross. L’équipe du Nakaï Theatre s’est jointe à Brian Fiddler, Nicole Bauberger, Suzanne de la Barre, Aimée Dawn Robinson, Heather Von Steinhagen et Véronique Lachance, tous artistes yukonnais ainsi qu’à Helen Yung (Toronto), Brandy Leary (Toronto), Cole Lewis (Vancouver) et Bruce Barton (Calgary).

Les réflexions des artistes portaient sur des situations concrètes. « Par exemple, nous avons réfléchi à comment nous pourrions faire du théâtre en intégrant des artistes sur une montagne de l’autre côté de la rivière. Est-ce que ça fonctionnerait? » Les artistes ont donc procédé à des tests pour combiner deux faits marquants du Yukon : la grandeur époustouflante des paysages et la scène culturelle yukonnaise extrêmement dynamique. « Nous cherchons à développer une forme de théâtre qui ne serait faisable qu’au Yukon », explique la jeune femme qui mentionne également l’attrait touristique de la recherche.

« Nous cherchons à sortir le théâtre de la salle statique, à l’italienne », ajoute Mme Lachance.

Climat et peuples autochtones

L’artiste mentionne que les défis de l’environnement climatique ont été pris en compte. « Nous avons réfléchi à comment intégrer la nature dans ce projet. Pour que le théâtre ne se fasse pas sur une scène statique, mais aussi pour qu’il puisse utiliser les ressources qui sont sur place. »

Elle mentionne également un camp qui a été fait en lien avec cette recherche, organisé par la nation des Kwanlin Dün, pour lequel la jeune femme travaille depuis quelques années. Le camp a eu lieu pendant l’été au camp de pêche de Dianne Smith, personne aînée de ladite Nation, dans la région du lac Fish. « Nous avons essayé de travailler avec les paysages, avec la terre, avec des matériaux présents sur place, comme du Land art. » Pour ces camps, les jeunes ont appris à fabriquer des marionnettes à partir de matériaux naturels trouvés sur place. « Nous avons aussi étudié les différences entre les différentes options de paysages, allant des grands espaces à des “minithéâtres” sous des épinettes », ajoute-t-elle.

L’idée est de chercher à faire du théâtre écologique, qui demande peu de moyens « et qui met en valeur [le fait] que nous sommes privilégiés de pouvoir évoluer dans un endroit où les paysages dominent dans la majorité du territoire ».

Ouverture au public

Le projet se veut collaboratif et se base sur des résidences qui auront lieu sur plusieurs années. Le public est appelé à donner son opinion et ses idées sur le sujet à travers plusieurs discussions publiques à venir. De plus, Mme Lachance veut encourager les artistes à participer aux résidences et à se tenir à l’affût des occasions de recherche qui seront proposées. Le meilleur moyen de se tenir informé est la page Facebook de Nakaï Theatre.

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