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Le temps des Fêtes pour les artistes et artisans

Julien Latraverse

La période des marchés locaux est-elle la plus lucrative de l’année pour les artistes et artisans du Yukon?

Depuis un mois et demi, Karen Éloquin-Arseneau et sa fille Delphine travaillent à confectionner des boucles d’oreilles ornementées de plume de perdrix, de canard ou de coq, fournies localement.
Photo : Julien Latraverse

 

Si le temps des Fêtes peut être synonyme de vacances en famille bien méritées pour la majorité de la population, cette période de l’année peut s’avérer cruciale pour les artistes du Yukon.

Un moment crucial pour les entreprises artistiques

L’ArtisaNord, la Cranberry Fair ou le Spruce Bog Christmas Market sont quelques-unes des foires d’artisanat présentées à Whitehorse à partir du mois de novembre, au grand plaisir des exposants et de la population.

« On est des petites PME, nous les artistes », souligne Marie-Hélène Comeau. L’artiste participera à la Cranberry Fair pour la première fois cette année. Les résultats de cette aventure demeurent un mystère pour la Franco-Yukonnaise qui reconnaît vendre principalement ses peintures et son art à travers des expositions. « C’est un coup de dés! Je vais pouvoir t’en reparler après la foire », admet-elle.

Marie-Hélène Comeau admet avoir investi près de 600 $ pour payer son inscription à la foire et l’achat de matériaux. « J’espère seulement rentrer dans mon argent, mais si tu ne risques rien, tu n’as rien non plus », pense Mme Comeau, qui donne aussi des cours d’art plastique dans les écoles de Whitehorse.

Les histoires d’artistes faisant presque la moitié de leur chiffre d’affaires en décembre ne relèvent pas des contes ou des légendes. « J’en connais personnellement qui le font », soutient Marie-Hélène Comeau.

Cet avis est partagé avec la coordonnatrice de la Cranberry Fair depuis six ans, Elisabeth Weigand. Cependant, « les artistes doivent faire tout ce qu’ils peuvent pour se “publiciser”, en plus de participer à plus d’une foire [pour y arriver] », nuance-t-elle.

Le bassin de consommateurs relativement petit du Yukon peut limiter le retour économique d’un artisan ou artisane. La coordonnatrice du Cranberry Fair pense néanmoins que ce terreau plus petit est l’occasion de construire une proximité entre le consommateur et l’artiste. « Des relations peuvent débuter et devenir viables financièrement sur le long terme pour l’artiste », estime Elisabeth Weigand. De cette façon, un consommateur peut encourager les créateurs ou créatrices tout au long de leur carrière en continuant d’acheter leurs produits, même s’ils ne le font pas nécessairement pendant une foire.

Un retour humain plus que financier

Participer à une foire est « une expérience humaine intéressante », selon Marie-Hélène Comeau. L’artiste à temps plein depuis maintenant dix ans apprécie davantage la reconnaissance de ses œuvres par des collègues du domaine ou par la population en général. « On se fait dire “wow, j’aime ce que tu fais”. C’est beaucoup d’amour que tu reçois en quelques heures », affirme-t-elle avant d’ajouter, le sourire en coin, « Ça fait du bien, surtout à ce temps-ci de l’année quand il commence à faire noir! »

L’importance des foires à plus petite échelle

Ces foires du temps des Fêtes permettent aussi à des artisans et des artisanes à temps partiel de vendre et de propager leur art. Dans le cas de Karen Éloquin-Arseneau, cela devient même une opportunité de passer du temps de qualité avec sa fille Delphine.

Ensemble, elles préparent des boucles d’oreilles faites à la main avec leur entreprise familiale La petite volière. « On allait tout le temps ensemble à des marchés de Noël, mais on s’est dit que cette année, on allait avoir une table [à l’ArtisaNord] », raconte Mme Éloquin-Arseneau.

La plus petite mouture de l’ArtisaNord, organisé par l’Association franco-yukonnaise, facilite ce saut dans l’arène des marchés des Fêtes pour le duo. « C’est moins imposant et il y a moins le stress de la foule et des transactions [qu’on retrouve dans les plus grosses foires] », déclare l’aide-enseignante à l’École Émilie-Tremblay. La mère de Delphine est contente de familiariser sa fille à l’entrepreneuriat. « C’est très “fun”! », ajoute avec enthousiasme la jeune fille âgée de neuf ans.

Tout comme Mme Comeau, La petite volière espère avoir un retour sur investissement sur ses matériaux. L’importance de soutenir le marché local est sans équivoque pour Marie-Hélène Comeau. Dans cet échange, « les artistes et la population sont gagnants », conclut-elle.

L’ArtisaNord et la Cranberry Fair se dérouleront tous deux le 24 novembre prochain au Centre de la francophonie et au Centre Culturel Kwanlin Dün respectivement.

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