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Le taux de chômage au Yukon a doublé en un an

Le taux de chômage au Yukon a doublé en un an

Maryne Dumaine

Selon le dernier rapport de Statistique Canada, le taux de personnes sans emploi au Yukon est passé en un an de 3,9 % à 8,3 %. Le territoire se trouve désormais au-dessus de la moyenne nationale!

Ce n’est pas une bonne nouvelle, mais soyons honnêtes, ce n’est pas totalement surprenant. Les prix du pétrole sont en effet instables, et les prix des minerais n’encourageant pas le marché de l’exploration minière, plusieurs mines ont fermé au Yukon. Épargné par la crise économique qui faisait rage au-delà de ses frontières, le Yukon s’enlise de plus en plus dans la récession.

Une tendance progressive

« La tendance a été progressive, même si cette hausse reste assez spectaculaire », indique Frédéric Nolet, directeur du Service Économie à l’Association franco- yukonnaise.

Les taux sont restés relativement stables de juin à octobre 2014. C’est en novembre que la hausse s’est accentuée, atteignant 4,4 %, puis 5,8 % en février et 6,7 % en mai.

« L’augmentation du taux de chômage entre mai et juin est assez inquiétante en soi », note M. Nolet. « Habituellement, juin est un mois au cours duquel beaucoup d’emplois sont disponibles. »

Moins d’emplois pour plus de monde sur le marché

Pour bien comprendre le chiffre en question, il y a deux facteurs à prendre en compte. D’un côté, le nombre de personnes qui sont sur le marché du travail; de l’autre, le nombre d’emplois offerts sur le marché.

Le marché du travail : imaginons qu’il y ait cinq pommes sur la table. Si seulement cinq personnes veulent une pomme, alors tout va bien. S’il y a toujours cinq pommes, mais qu’une personne de plus en veut une, on est dans une situation de pénurie. C’est ce qui s’est passé au Yukon : en un an, 100 personnes de plus ont intégré le marché de l’emploi. C’est-à-dire 100 personnes de plus qui sont en âge de travailler, qui ont déjà un emploi ou qui en cherchent un.

Le nombre d’emplois disponibles a baissé de 800 au courant de l’année. Il y a cette année beaucoup moins de pommes sur la table!

Huit cents emplois de moins, 100 personnes de plus. C’est une perte de 900 emplois au Yukon en un an.

De quels emplois parle-t-on?

La fermeture des mines n’a pas été sans conséquence. Des postes miniers ont certes été abolis, mais ce sont surtout les emplois indirects qui ont souffert de ces coupes. Pour un emploi minier, on peut facilement observer deux à quatre emplois indirects, selon Fréderic Nolet. Les personnes au chômage consommant aussi probablement moins, les services et les entreprises locales voient dès lors leur chiffre d’affaires diminuer, réduisant ainsi le nombre d’emplois nécessaires pour faire vivre la ville. Et le cycle continue.

S’il n’existe pas de statistiques par secteur, il est quand même possible d’avoir une vision d’ensemble de la situation : tandis que le nombre d’emplois gouvernementaux a augmenté de 600 en un an, les emplois autonomes ont eux chuté de 20 %, et 400 emplois privés ont été supprimés. Depuis 2013, le taux de chômage chez les femmes reste toujours plus bas que celui des hommes (à part au début 2015, où la tendance s’est inversée pendant un mois). Ce sont par ailleurs les jeunes âgés de 15à 25 ans qui sont plus touchés par le chômage.

Quel avenir pour l’économie yukonnaise?

Côté PIB, le secteur minier reste le plus important pour l’économie du Yukon.

« Est-ce que la relance ne passera que par le secteur minier? C’est à voir », s’interroge M. Nolet quand on lui demande ses prédictions sur l’avenir économique du Yukon.

La tendance internationale étant à la baisse, on ne peut donc pas s’attendre à un impact immédiat.

« Ces chiffres nous démontrent que c’est important de diversifier notre économie. Le secteur touristique est porteur, c’est le secteur le plus important en terme d’emplois au Yukon. Mais un si haut taux de chômage en juin démontre qu’on ne peut pas se fier seulement au tourisme pour pallier le manque minier », explique-t-il.

Il est tout de même encourageant de constater qu’en dépit de la récession, les immigrants continuent d’affluer au Yukon, considérant toujours le territoire comme une terre de bonnes occasions. La tendance risque cependant de s’éroder si l’économie ne se replace pas rapidement.

Il faut aussi considérer que cette situation économique n’est pas uniquement propre au contexte yukonnais. Nulle part ailleurs l’économie ne rencontre de croissance extraordinaire. En vue des prochaines élections, ayons ainsi un œil sur les statistiques et restons à l’affût des réponses politiques qui seront données en la matière.


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