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Le sens des abeilles

Sophie Coallier

Christina Guillemette vit sur une terre agricole de 50 acres près du village de Haines Junction dans le sud-est du Yukon. Au premier coup d’œil, on pourrait croire qu’elle vit seule, mais elle a près de cent mille colocataires endormies : des abeilles. Car Christina est apicultrice sur sa ferme ; The Bee’s Pantry Farm.

Les ruches de The Bee’s Pantry Farm.
Photo : Christina Guillemette

Une histoire de passion

Originaire de Hemmingford au Québec, Mme Guillemette a reçu l’appel du nord il y a une dizaine d’années. Durant ses premières années au Yukon, elle savait qu’elle voulait se lancer dans l’agriculture, mais elle ne savait pas où exactement ; « J’avais besoin de quelque chose de transportable. » Les abeilles semblaient être la meilleure solution, car il est relativement facile de les déménager. D’autre part, elle avait déjà été en contact avec les abeilles à travers son grand-père apiculteur. La première étape fut d’apprendre tout ce qu’elle pouvait sur les abeilles. Elle suivit une formation d’un an en apiculture en Colombie-Britannique. Plus elle avançait dans ses recherches, plus les abeilles la fascinaient. « C’est le seul insecte qui [produit] quelque chose de comestible qui n’est pas [pour lui-même]! » affirme l’apicultrice.

Les sens impliqués

L’élevage d’abeilles représente quelques défis, en particulier, lorsque l’on vit sans eau courante ni électricité. En plus de pourvoir aux besoins en eau, il faut protéger les ruches du froid et des ours, friands de miel, grâce à une clôture électrique alimentée par l’énergie solaire. Il faut aussi détecter les ruches qui hébergent des colonies malades, entre autres grâce à l’odeur. « Une ruche à une odeur différente selon son état de santé », explique Mme Guillemette. L’apiculture est donc en partie une affaire de nez, mais tous les sens de l’apiculteur doivent également être en éveil pour voir au bien-être des abeilles.

Pour Mme Guillemette, l’apiculture est aussi une forme de relaxation. « Faut être calme, concentré et pas avoir la tête ailleurs. Notre énergie les influence beauwcoup. »

Des produits divers et variés

Aujourd’hui, elle possède 9 ruches et environ 180 000 abeilles avec lesquelles elle produit du miel (le miel d’épilobe, plus spécifiquement), des emballages réutilisables et d’autres produits fabriqués à partir de cire d’abeille et de propolis. Elle souhaiterait éventuellement offrir des soins dans le domaine du bien-être comme l’apithérapie et des soins de détente. Par exemple, des séances de relaxation avec le bourdonnement des abeilles. En dehors de ses acres de floraison, Mme Guillemette souhaite tirer profit des zones de feux de forêts et de coupe forestière qui sont des environnements de choix pour les fleurs aimées des abeilles. C’est d’ailleurs ce que reflète le nom de son entreprise, The Bee’s Pantry Farm. L’objectif est d’offrir aux abeilles tout ce dont elles pourraient avoir dans leur garde-manger, si elles en avaient un. Un garde-manger qui se veut sans antibiotiques et sans produits chimiques.

Un rêve encore jeune

C’est un projet qui est encore jeune et pour le financer, Mme Guillemette travaille à temps plein à l’extérieur de sa ferme dans le domaine de l’environnement. C’est donc dans ses temps libres qu’elle développe sa terre et les produits de ses abeilles. Il reste à lui souhaiter un jour, de pouvoir se dédier entièrement à ses petites colocataires.

Vous pouvez suivre Mme Guillemette sur sa page Facebook : The Bee’s Pantry Farm. Elle sera aussi présente avec ses produits le 14 novembre de 19 h à 21 h au St Elias Convention Center à Haines Junction pour le Christmas Craft Sale.

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