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Le plus âgé des Franco-yukonnais célèbre ses cent printemps

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Émile Brassard

Sous le bruit des applaudissements, le nouveau centenaire, sans canne ni fauteuil roulant, sort de sa chambre et s’avance, le sourire en coin, vers la foule entassée dans la salle à manger de la résidence McDonald de Dawson.

Portant un chapeau de fête et des lunettes fumées pour protéger ses yeux, Lorenzo Grimard célébrait le 23 avril dernier son centième anniversaire entouré de ses proches, de ses amis et de membres de la communauté.

Avec Denis Huot à ses côtés, Lorenzo Grimard célébrait le 23 avril dernier son centième anniversaire entouré de ses proches,  de ses amis et des membres de la communauté. Résidant au Yukon depuis plus de 70 ans, le doyen des Franco-yukonnais a  également reçu les félicitations du maire de Dawson, Wayne Potoroka. Le 23 avril sera désormais la Journée Lorenzo Grimard,  a proclamé le conseil municipal de Dawson. Photo: Émile Brassard

Avec Denis Huot à ses côtés, Lorenzo Grimard célébrait le 23 avril dernier son centième anniversaire entouré de ses proches, de ses amis et des membres de la communauté. Résidant au Yukon depuis plus de 70 ans, le doyen des Franco-yukonnais a également reçu les félicitations du maire de Dawson, Wayne Potoroka. Le 23 avril sera désormais la Journée Lorenzo Grimard, a proclamé le conseil municipal de Dawson. Photo: Émile Brassard


Résidant au Yukon depuis plus de 70 ans, le doyen des Franco- yukonnais a également reçu les félicitations du maire de Dawson, Wayne Potoroka. Le 23 avril sera désormais la journée Lorenzo Grimard, a proclamé le conseil municipal de Dawson.

Le centenaire a également reçu deux mentions de mérite, l’une signée par le gouverneur général du Canada, David Johnston, et l’autre par le premier ministre du Canada, Justin Trudeau.

Histoire d’or

M. Grimard se montre toujours aussi blagueur. « Je ne me suis jamais marié, parce que je ne voulais pas pécher », nous confie le centenaire lors d’un bref entretien.

Interrogé sur son passé, l’aîné cherche dans ses vieux souvenirs. Son histoire demeure intimement liée à celle du Yukon et son témoignage dresse en quelque sorte le portrait du développement du territoire.

« Tabarnouche! Ça fait une secousse… », s’exclame-t-il.

M. Grimard est né en 1916 à Saint-Gabriel-de-Guérin, un petit village du Témiscamingue au Québec. Son père décède alors qu’il a deux ans, forçant sa mère à trouver un emploi dans un presbytère situé dans un autre village. Il est alors élevé par ses deux oncles.

N’ayant pas fait la guerre, il commence à travailler un peu partout au Canada à l’âge de 18 ans. En 1945, alors qu’il est en Colombie-Britannique, il est engagé à Dawson par une compagnie d’extraction d’or, la Yukon Consolidated Gold Company (YCGC). Il y vivra le restant de sa vie.

À son arrivée, il habite à l’hôtel Westminster, plus communément appelé le « pit ». Il a aussi vécu dans une caravane, puis dans plusieurs autres logements avant de s’installer en 2009 à la résidence McDonald.

M. Grimard a été un homme travailleur qui a occupé plusieurs emplois différents, notamment à « stacker les claims » sur le territoire.

Rapidement, il quitte la YCGC pour travailler dans un claim à 60 miles, sur la route Top of the world.

Plus tard, M. Grimard et son partenaire Émile Faucher posséderont leur propre claim à la limite de la frontière alasko- yukonnaise. Pour s’y rendre, les mineurs devaient embarquer à bord de machinerie lourde et partir tôt au printemps afin de pouvoir passer sur les cours d’eau gelés. Il y travaillait tout l’été, puis pour la même raison, revenait à la fin de l’automne.

M. Grimard a travaillé pour d’autres mines, notamment à Flat Creek et à Eldorado Creek. Il a également participé à la construction de la route Dempster.

Assis sur son divan, dans sa chambre, l’aîné est attristé par la situation économique actuelle du secteur minier.

« Les mines étaient censées rouvrir », se désole-t-il.

M. Grimard avoue qu’il aimerait bien retourner voir les installations d’aujourd’hui. Bien plus qu’un travail, ses emplois ont été pour lui une réelle passion.

« Miner, c’est probablement ce que j’ai le plus aimé faire », nous confie-t-il.

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Commentaires (1)

  1. joelle grimard-marchand dit :

    de son frere cadet Mr Jean Marie Grimard du nord de l’Ontario. Felecitations, mon grand, beau travail. C est malheureux que la distance nous separe , mais c’est le fun de pouvoir te voir et te lire ici. bonne conversation hier.

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