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Le hockey s’invite au café-rencontre

Julien Latraverse

Le hockey sera de retour aux cafés-rencontres de l’Association franco-yukonnaise (AFY) les 15 novembre et 9 décembre prochains.

Maurice Richard écrivait aussi des articles dans les journaux pour inciter les dirigeants de la Ligue nationale de hockey à cesser toute discrimination envers les francophones, dont il était lui-même victime.
Photo : Wikipédia

Des ailes de poulet, du maïs soufflé et de la « broue » pour les adultes. Voilà ce qui est au menu pour souligner le retour du hockey au café-rencontre du 15 novembre.

Regard sur le passé

Le hockey est intrinsèquement relié à l’identité canadienne. La messe télévisuelle des Soirées du hockey au Canada [Hockey Nights in Canada] a cimenté la culture du hockey dans l’identité canadienne. L’émission a tenu des milliers de téléspectateurs canadiens rivés à l’écran tous les samedis soirs sur les ondes de Radio-Canada, entre 1952 et 2004, et encore à ce jour sur la chaîne CBC.

Ce rendez-vous télévisuel a contribué à la culture canadienne et le sport demeure un symbole identitaire pour les francophones. L’émeute du Forum en est un excellent exemple.

Le hockey dans la lutte identitaire des francophones

Le 13 mars 1955, Maurice Richard, joueur étoile francophone des Canadiens de Montréal, surnommé « Le Rocket », écope d’un coup de bâton vicieux asséné par un joueur « anglais » lors d’un match opposant la « Sainte-Flanelle » aux Bruins de Boston. La bagarre générale éclate sur la glace, et Richard, retenu par un arbitre, se fait frapper à plusieurs reprises par son adversaire.

Trois jours plus tard, le président de la Ligue nationale de hockey (LNH), Clarence Campbell, décide de suspendre Maurice Richard jusqu’à la fin des séries éliminatoires. Cette décision provoque la colère des francophones qui voient dans cet acte une énième oppression anglophone. C’est la goutte qui fait déborder le vase et qui mènera à une émeute sans précédent le 17 mars 1955 à l’aréna du Forum de Montréal. Ce moment de l’histoire est aussi l’un des facteurs clés de la naissance de la Révolution tranquille au Québec.

… Et au Yukon aussi

À plus petite échelle, le hockey a aussi eu son importance au Yukon. Roch Nadon, directeur général adjoint de l’Association franco-yukonnaise (AFY), explique l’impact de ce sport à travers l’un des premiers mandats de l’AFY : Trouver le moyen d’écouter une partie de hockey en français. « C’était un groupe de quatre ou cinq francophones qui voulaient écouter les matchs des Canadiens à la radio ou à la télévision dans leur langue », souligne-t-il.

La motivation d’écouter un match de hockey en français peut sembler incongrue aujourd’hui, mais elle souligne l’importance de recevoir des services dans la langue de son choix. « C’est, en quelque sorte, un désir de dire : “moi aussi j’ai ce droit, c’est un droit que j’ai au Canada” », affirme M. Nadon.

À cette époque, raconte Roch Nadon, Jeanne Beaudoin s’occupait du dossier. « Elle avait été assez créative pour trouver des sous », se rappelle-t-il. Grâce à la débrouillardise de Mme Beaudoin, l’AFY a obtenu les fonds nécessaires pour acquérir une antenne de transmission. Cette antenne a ensuite permis la diffusion de l’émission Rencontres et est encore utilisée à ce jour. « On est propriétaire d’une antenne! », se réjouit le directeur général. « [Nous sommes les premiers] au Canada à avoir eu ça », ajoute-t-il avec un brin de fierté dans la voix.

Roch Nadon reconnaît que les écoutes des matchs de hockey étaient plutôt rares à l’AFY. « Dans le temps, les équipes jouaient une quarantaine de matchs par saison et ne jouaient pas [à presque tous les jours comme c’est le cas maintenant]. » Mais ces démarches ont fait naître le besoin « d’un rassemblement de francophones qui veulent vivre ensemble leur langue et leur culture », soutient-il.

Un rendez-vous à ne pas manquer

Les Canadiens de Montréal affronteront les Capitals de Washington le 15 novembre prochain. Un match qui s’annonce excitant ; nos « Glorieux » ont une fiche de 7 victoires et 4 défaites et pour les « Caps », une fiche de 9 victoires et 2 défaites.

Le « trio étoile » du Canadien, formé de Jonathan Drouin, Max Domi et Joel Armia, parviendra-t-il à contrecarrer Alex Ovechkin et John Carlson qui règnent actuellement au sommet du classement des joueurs de la LNH?

Que le hockey soit votre sport de prédilection ou pas, le 15 novembre sera une occasion de voir le match, mais aussi d’assister à une véritable expérience sociologique. Sans parler de l’expérience culinaire reliée à l’événement! Que demander de plus?

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