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Le gouvernement du Yukon soutiendra les services en français

Le gouvernement du Yukon soutiendra les services en français

Thibaut Rondel

À compter du 1er avril 2013, le gouvernement du Yukon allouera 289 000 $ à la mise en œuvre de trois projets-pilotes visant à améliorer la qualité des services en français dans le secteur de la santé et des services sociaux. Une partie du financement sera en outre réservée à l’élaboration d’un plan stratégique de quatre ans sur les services en français.

« Nous avons choisi de renouer une relation avec la communauté francophone et avec l’Association franco-yukonnaise qui la représente », a déclaré Elaine Taylor, ministre responsable de la Direction des services en français (DSF). « Notre partenariat sera centré sur le développement d’une approche plus stratégique et plus ciblée dans la livraison des services en français au sein du gouvernement du Yukon. »

Une personne sera prochainement embauchée afin de mener à bien la coordination des différents projets-pilotes. Ceux-ci seront testés à différents points de service dépendant du ministère de la Santé et des Services sociaux. Selon l’Association franco-yukonnaise (AFY) et la DSF, ce secteur constitue en effet l’une des priorités à traiter en matière d’offre de services en français.

Des services « identifiés, disponibles et publicisés en français »

La personne embauchée devra tout d’abord établir un panorama de l’offre de services en français et sensibiliser le personnel du ministère concerné au principe d’offre active. Un recensement des employés bilingues est ainsi prévu, ainsi que le développement d’une nouvelle politique sur l’offre active.
« Un programme d’offre active signifie que les services en français seront clairement identifiés, disponibles et publicisés en français », a assuré la ministre Taylor.
Au chapitre de la commu-nication, des séances de formation et de sensibilisation et l’élaboration d’un nouveau matériel promotionnel compléteront les activités de ce premier volet.

Dans le cadre du deuxième projet-pilote, le nouveau coordonnateur devra se pencher sur la problématique de la dotation en personnel bilingue. Un processus de remplacement des effectifs sera mis en place graduellement, afin d’encourager l’embauche de personnel bilingue aux postes de première ligne.

Enfin, un troisième projet-pilote censé valider l’utilité de nouveaux services d’interprétation sera mis en œuvre. Seront passés au banc d’essai les services d’interprétation simultanée, par téléphone, par vidéo sur demande et par des volontaires bilingues.

« Nous étudions plusieurs mécanismes afin de fournir ces services d’interprétation, et ceux-ci seront testés […] afin de déterminer quel est le moyen le plus efficace et le plus rapide pour fournir ces services », a affirmé la ministre Taylor.

Un plan sur quatre ans

Selon le gouvernement, ces trois projets-pilotes permettront d’identifier et d’évaluer les besoins et les priorités de la communauté francophone. Cette vue d’ensemble aidera au développement d’un plan d’action de quatre ans, prérequis à un renouvellement de l’entente bilatérale passée entre le gouvernement territorial et Ottawa pour les services en français au Yukon.

« Ces projets-pilotes représentent une occasion idéale d’améliorer nos services à la communauté francophone par des moyens qui répondent de manière réaliste aux besoins de celle-ci », a déclaré le ministre de la Santé et des Affaires sociales, Doug Graham. « Nous voulons que nos équipes de première ligne soient autant que possible bilingues, ou au moins qu’elles aient des connaissances pratiques en français. » Le ministre Graham a par ailleurs noté que la nouvelle avait été reçue de manière « très positive » par les équipes de son ministère.

Enthousiasme à l’AFY

Du côté de l’Association franco-yukonnaise, on savoure la victoire. L’organisme communautaire se bat en effet depuis plus de 20 ans pour obtenir le respect par le gouvernement territorial de la Loi sur les langues du Yukon. Adoptée en 1988, cette loi place le français à égalité avec l’anglais, mais dans les faits, sa mise en application a toujours été problématique. Le gouvernement a justifié son changement de politique en s’appuyant sur les dernières données de Statistique Canada qui montrent une augmentation significative du nombre de locuteurs francophones au Yukon. Selon l’organisme de statistique, le nombre d’individus pouvant soutenir une conversation en français au Yukon a augmenté de 26 % entre 2006 et 2011. Treize pour cent des Yukonnais seraient ainsi en mesure de parler cette langue, tandis que 4,3 % de la population la considère comme leur langue maternelle.

« L’AFY est heureuse de prendre part au développement d’une approche dynamique et concrète qui favorisera la mise en œuvre de la Loi sur les langues du Yukon », a déclaré la présidente de l’AFY, Angélique Bernard. « Nous sommes convaincus que cette nouvelle collaboration aidera à répondre à plusieurs besoins identifiés par notre communauté au fil des ans, et qu’elle aura des retombées positives sur la qualité de vie des Yukonnais et Yukonnaises de langue française. » Mme Bernard a déclaré regarder le futur des services en français au Yukon avec enthousiasme, ajoutant que l’AFY était prête « à relever le défi. »


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