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Le faible débit du fleuve Yukon inquiète

Cyril Contente

Le niveau d’eau du fleuve Yukon est à son plus bas depuis plusieurs décennies.

Le fleuve Yukon au mois d’avril à Dawson.
Photo : Magali Chazel

 

La question climatique au cœur des réflexions

Les dérèglements climatiques modifient nos habitudes et notre connaissance du territoire. Les températures hivernales ou la date du break-up du fleuve Yukon sont de plus en plus difficiles à prévoir. Le dernier exemple en date est le niveau d’eau exceptionnellement bas du fleuve Yukon. Pour Benoît Turcotte, hydrologue au gouvernement du Yukon, il y a un lien entre le réchauffement climatique et le faible débit du fleuve Yukon. Il déclare : « Il y a toujours un lien avec les changements climatiques lorsqu’il y a des extrêmes hydrologiques. Le lien est de plus en plus direct avec le temps. » Cependant, la crise climatique n’explique pas tout. En effet, certaines années, les hivers et les étés sont très secs au Yukon. L’année dernière, ce fut particulièrement le cas. Benoît Turcotte avait prédit que le débit du fleuve serait bas cette année. « Les niveaux du lac Marsh n’étaient déjà pas élevés à l’automne et il s’agit de la tête du bassin versant. C’est un bon indicateur des conditions hydrologiques du fleuve dans les mois à venir », affirme-t-il.

Pour répondre à cet imprévu, Énergie Yukon a dû modifier sa stratégie de production d’énergie. En effet, l’énergie hydraulique représente 94 % du « mix » énergétique du Yukon. Avec une faible quantité d’eau disponible, Énergie Yukon a dû privilégier le gaz naturel liquéfié pour répondre à la demande énergétique des Yukonnais.

Benoît Turcotte admet l’impuissance des pouvoirs publics face aux aléas climatiques : « Il n’y a pas grand-chose à faire pour créer de l’eau. On pourrait possiblement faire l’inverse, pour limiter les inondations. Mais pour les sécheresses, les options sont très limitées. »

Des répercussions dans les communautés du Yukon

Durant tout le mois de mai, le fleuve a préoccupé certaines communautés du Yukon. En effet, les villes de Dawson et de Ross River ont besoin d’un débit d’eau élevé pour permettre aux traversiers de fonctionner. À Dawson, le traversier n’a repris qu’à la mi-mai. Cette reprise tardive a inquiété certains habitants et surtout des commerçants. En effet, si le fleuve ne peut être traversé, il peut y avoir une incidence sur le secteur touristique. À la fin du mois d’avril, Joe Cooke, propriétaire de Joe’s Wood-Fired Pizza, était préoccupé par cette situation. « Si le niveau d’eau du fleuve continue d’être aussi bas, les touristes qui souhaitent passer par la route Top of the World ne pourront plus passer à Dawson. Il risque d’y avoir de fortes conséquences sur le tourisme. Or en été, Dawson vit du tourisme », confiait-il.

Le niveau d’eau du fleuve a remonté progressivement durant le mois de mai. En effet, la fonte des glaces a permis au fleuve Yukon de reprendre progressivement son lit. Si les inquiétudes se sont dissipées, les aléas climatiques continuent de susciter des questionnements. Autre exemple en date : le jour du break-up du fleuve à Dawson. Le 23 avril, c’est tout simplement un record de précocité.

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